lundi 30 mai 2005

La France d'ici Vs. la France de là-bas



Ainsi en ont décidé les Français d’ici. Ce sera Non à la constitution européenne, à 54,68% selon les chiffres affichés sur le site du ministère de l’Intérieur.



Ainsi le souhaitaient les Français de là-bas : Oui à 80,99% pour les Français de l’étranger. http://www.interieur.gouv.fr/avotreservice/elections/rf2005/099/index.html



Le débat aura eu le mérite de mettre à jour la fracture entre une France du « dedans » contre une France du « dehors » ; entre une France nombriliste, cédant aux sirènes nauséabondes de l’étranger fauteur de troubles qui va voler le travail et le pain, une mondialisation refusée, un radicalisme utopiste et nationaliste (à ne pas confondre avec patriotique)… et une France qui est à l’aise dans la mondialisation, qui gagne à l’extérieur et qui, une fois franchit le pas de se confronter aux étrangers, comprend que la dynamique et l’enrichissement sont dans l’échange et le développement.









vendredi 27 mai 2005

". publicité pouvant induire en erreur le client . "



J’ai entendu ce matin à la radio qu’une action en justice était intentée pour « publicité pouvant induire en erreur le client » … Je n’avais jamais imaginé qu’une telle cause pouvait être invoquée. Déjà il y a quelques temps, le BVP avait diffusé une campagne d’informations, via spots publicitaires TV, pour préciser que leur travail était de s’assurer que les publicités étaient correctes. Le simple fait de mener cette campagne sème le doute.





On peut effectivement s’interroger sur les limites de la publicité, dont l’objectif est quelque part de faire rêver. Mais qui n’a jamais été déçu d’un décalage entre l’annonce et la réalité ? Il en est ainsi des vendeurs de voyages qui vous présentent des prix d’appels alléchants, mais qui correspondent à un nombre de produits souvent très limité, des dates impossibles à caler dans son agenda, sans compter la non présentation de tous les frais annexes (les taxes aéroports et autres…). Il en est de même pour les loueurs de voitures, les vendeurs d’assurances, de crédits… Pour se protéger, nombre de publicités présentent une astérisque qui renvoie sur un texte précisant toutes les conditions réelles qu’il faudra prendre en compte une fois que l’on a bien rêvé. Sur des affiches 4x3, autant dire que ces précisions sont absolument illisibles, rient n’obligeant les annonceurs à utiliser une police de caractère lisible. 





Ce qui risque de mettre un peu d’animation ? Si le projet de « class action » (action en justice regroupant plusieurs plaignants, qui peuvent ainsi se payer des frais de justice permettant de rivaliser avec de grands groupes) se met concrètement en place en France. S’il est effectivement difficile, à l’heure actuelle, de s’attaquer à un Groupe ou grande marque dès lors que l’on a le sentiment de s’être fait floué, à l’avenir, s’il suffit de s’enregistrer sur un site pour expliquer son problème, et que l’on se retrouve ainsi en compagnie de centaines de personnes faisant de même, alors cela risque de se compliquer pour les annonceurs.











mardi 24 mai 2005

Ce qu’il va vraiment se passer si le non au référendum sur la Constitution passe.



C’est vraiment le sujet qui préoccupe tout le monde en ce moment, cette Constitution. Toutefois, c’est la dernière fois que j’écris là-dessus.



Il faut malheureusement s’interroger sérieusement sur les suites si le non est majoritaire le 29 au soir. On nous parle de plan B, de plan C…



Il faut tout de même se remettre en mémoire qu’à ce jour 9 pays ont d’ores et déjà validé l’adoption de cette constitution, que ce soit par voie référendaire ou parlementaire. La position française consistant à expliquer que le non français va permettre de relancer un processus pour renégocier le texte pourrait prêter à sourire, si l’on considère que c’est une nouvelle preuve du nombrilisme de ce cher vieux pays. Toutefois, je suppose que cela doit commencer à agacer sérieusement nos partenaires européens qui ont déjà accepté ce texte. La position française signifie donc que le non français a plus de poids que le oui d’ailleurs ?



Je pense que les suites qui vont concrètement se mettre en place dans le cas où le non français est majoritaire sont les suivantes :



1 – L’Union Européenne aura une réalité politique entre les pays qui ont dit oui au texte ;
2 – Si la France doit se re-prononcer sur un texte, ce sera sur le même texte. Ou plutôt, on aura un référendum qui ne portera pas sur le texte de la constitution européenne, mais sur la volonté de la France d’adhérer à l’Union Européenne (et son organisation juridique existante au travers de la Constitution) ;
3 – Le temps que nous réglions cette situation, les députés français au parlement européen n’auront plus qu’un avis consultatif ; les ministres et le Président n’auront plus qu’un avis consultatif aux différents conseils.
4 - Si la situation traîne, les mécanos industriels se mettront en place sans la participation de la France...



Bref, la France se retrouvera dans la même position qu’un pays demandant à intégrer le noyau dur de l’Union Européenne, nouvelle mouture, régie par la Constitution européenne.



Les syndicats pourront continuer à faire pression sur les politiques pour conserver nos fameux services publics. Mais ces mêmes entreprises (RATP, EDF…) devront plier bagage des positions internationales qu’elles ont commencé à prendre (RATP à Londres, Barcelone… ; EDF en Italie, Espagne…). Cela n’augure rien de bon sur le plan économique.







vendredi 20 mai 2005

Le mal français des débats à côté de la plaque



Je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi les débats en France ne restent jamais centrés sur l’essentiel.



Avec le débat sur la Constitution européenne, on atteint vraiment les sommets du ridicule. Le texte est tout simplement un cadre. Il définit en gros la largeur et la longueur du terrain, les possibilités d’agrandissement ou de rétrécissement, le nombre de joueurs, les règles de hors jeu… Les partisans du non ont réussi ce tour de force de déplacer le débat parce qu’ils voudraient que ce texte définisse la couleur des maillots, le style de jeu, la position des joueurs sur le terrain. Bref, un ramassis de vieux relents nationalistes d’un côté (reconstruisons la ligne Maginot, c’était tellement mieux avant…), de l’autre côté toute cette idéologie de règles du jeu figées qui ont fait la réussite économique de tous les anciens pays de l’Est et de Cuba. Il semble pour ces derniers que la Constitution soit trop libérale ; terme devenu impropre par je ne sais quel miracle. C’est tout de même le système libéral qui permet de laisser place aux initiatives, qu’elles soient intellectuelles, sociales, économiques...



On trouve également des arguments délirants où l’on reproche à la Constitution européenne de ne pas contenir des règles qui n’existent même pas dans la Constitution française. Ce n’est certainement pas au niveau d’une constitution que l’on définit des règles de mariage, d’avortements, de programme économique.



Le plus inquiétant dans tout cela, c’est également la proportion des jeunes et cadres qui se crispent sur le non, alors que les anciens n’ont pas oublié l’objectif de cette construction européenne et son origine, issue de ruines et de cendres. Je ne peux pas croire que les ambitions françaises se limitent à l’immobilisme, savoir à 20 ans quel sera le montant de sa retraite, ambitionner de travailler dans la fonction publique tout en souhaitant vivre le rêve américain… Depuis que Napoléon a pris une pâtée à Waterloo, la France ne cesse de se rétracter. L’Europe est une ambition qui permet de retrouver de l’espace.