vendredi 20 mai 2005

Le mal français des débats à côté de la plaque



Je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi les débats en France ne restent jamais centrés sur l’essentiel.



Avec le débat sur la Constitution européenne, on atteint vraiment les sommets du ridicule. Le texte est tout simplement un cadre. Il définit en gros la largeur et la longueur du terrain, les possibilités d’agrandissement ou de rétrécissement, le nombre de joueurs, les règles de hors jeu… Les partisans du non ont réussi ce tour de force de déplacer le débat parce qu’ils voudraient que ce texte définisse la couleur des maillots, le style de jeu, la position des joueurs sur le terrain. Bref, un ramassis de vieux relents nationalistes d’un côté (reconstruisons la ligne Maginot, c’était tellement mieux avant…), de l’autre côté toute cette idéologie de règles du jeu figées qui ont fait la réussite économique de tous les anciens pays de l’Est et de Cuba. Il semble pour ces derniers que la Constitution soit trop libérale ; terme devenu impropre par je ne sais quel miracle. C’est tout de même le système libéral qui permet de laisser place aux initiatives, qu’elles soient intellectuelles, sociales, économiques...



On trouve également des arguments délirants où l’on reproche à la Constitution européenne de ne pas contenir des règles qui n’existent même pas dans la Constitution française. Ce n’est certainement pas au niveau d’une constitution que l’on définit des règles de mariage, d’avortements, de programme économique.



Le plus inquiétant dans tout cela, c’est également la proportion des jeunes et cadres qui se crispent sur le non, alors que les anciens n’ont pas oublié l’objectif de cette construction européenne et son origine, issue de ruines et de cendres. Je ne peux pas croire que les ambitions françaises se limitent à l’immobilisme, savoir à 20 ans quel sera le montant de sa retraite, ambitionner de travailler dans la fonction publique tout en souhaitant vivre le rêve américain… Depuis que Napoléon a pris une pâtée à Waterloo, la France ne cesse de se rétracter. L’Europe est une ambition qui permet de retrouver de l’espace.







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