mardi 20 septembre 2005

La société de la peur

Le livre de Christophe Lambert, la société de la peur, est une bonne analyse des blocages français, qui s'accumulent depuis quasiment 30 ans maintenant.



Les quatre premières parties analysent les différentes peurs qui aliment le pays : une société devenue intolérante au risque, la peur de l'autre, l'intolérance, la solitude, le libéralisme...
La cinquième partie propose des axes de réponses à apporter, les peurs générant de nouvelles demandes. Je regrette que sur cette partie, C. Lambert soit resté Français et se limite à des prospections du type "il n'y a qu'à", "il faudrait que"... Etant donné l'exactitude du constat préalable, on pouvait s'attendre à des propositions concrètes.
La sixième partie est intéressante puisque M. Lambert se demande, et pointe du doigt certains évènements qui semblent corroborer sa grille de lecture, si la France n'a pas déjà amorcé sa mutation depuis peu. Même si cela peut ressortir positif, ce qu'il nous livre n'est pas forcément très motivant. Selon son analyse, la société française serait en train de se "nordiser", de se comporter comme le font les pays du nord de l'Europe (la société des morales). C'est une analyse que je pressens depuis quelques années, même si cela ne m'enchante guère - on ne va vraiment plus avoir beaucoup d'occasions de se marrer.



Pour ce qui concerne le secteur de la communication / publicité, 3 points que j'ai retenus :


1 - Dans une société médiatique qui a perdu ses repères (Laurence Ferrari présente le journal d'informations aussi bien que "Vis ma vie", Ardisson ou Fogiel reçoivent à la chaîne des personnes de tous horizons, passant ainsi du rôle d'animateur, de commentateur, de présentateur, de journaliste politique..., mais on pourrait aller plus loins avec les docu-fictions, les docu-dramas, les fictions-réalités...), la publicité reste le seul genre télévisuel qui ne trompe personne : personne n'est dupe.


2 - Pronostic d'un retour en puissance des marques auprès des consommateurs qui sont en perte de repères devant les messages diffusés par les discounters ou les suiveurs, ou les innovations qui n'en sont pas. Mais les vrais marques. Celles qui sauront se construire sur des règles précises et qui sauront proposer un monde, une idéologie, un langage, du plaisir, de l'émotion.


3 - Une participation active des marques (et des agences) dans le rétablissement de la confiance, en proposant des imaginaires positifs, l'humanité de la société, la capacité des hommes à vivre ensemble.



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