jeudi 29 mars 2007

Garder le sens de la mesure

En marketing, en communication les mots pèsent. Ils ont un sens. Ce sont souvent des heures, et des heures, de réflexions pour arriver à pondre un nom de marque, une signature surtout. On essaie par là d'englober l'ensemble des significations conscientes ou inconscientes que cela va provoquer chez les futurs clients.

Quand je ne suis pas convaincu par une publicité ou une opération, je l'ignore, éventuellement j'envoie un email ou je blogue pour dire que je ne suis pas d'accord. En aucun cas, il ne me viendrait à l'idée de menacer les promoteurs de l'opération ou de saccager les produits...

Cette courte introduction pour justifier le fil conducteur de ce blog (le marketing, ça permet de raconter des histoires), mais surtout pour pouvoir aborder un sujet qui me tient à coeur depuis quelques jours à la lecture de ce qui me semble être des dérives nauséabondes. La période d'élection présidentielle est difficile, certes. Dans une conjoncture (avenir de l'Europe, intensification des échanges mondiaux vs. crispations nationales liées à des problèmes de futur énergétique ou environnemental) tout aussi compliquée...

Mais pourrait-on éviter de voir surgir des mots comme "rafle" pour parler de l'arrestation d'un sans-papier ? Pourrait-on éviter de qualifier les gens, pas n'importe lesquels d'ailleurs puisqu'il s'agit de candidats, de nazis ou fascho ? Pire, pourrait-on éviter  d'appeler à la révolte ou à l'insurrection si le résultat des élections ne correspond pas à ses attentes. La démocratie permet à chacun de s'exprimer et d'avoir des opinions. Le fragile équilibre de ce système repose sur l'admission du résultat majoritaire. Dès lors que l'on commence à user de violence verbale dans un premier temps, d'appel à la violence physique dans un second temps, on bascule dans une autre logique. L'action démocratique se réalise dans l'isoloir, voire dans le militantisme politique, et non dans des logiques de futurs miliciens.

J'aurais aimé avoir la réactivité, mais surtout le talent de Vinvin (sa note est à lire absolument !), pour vous raconter tout cela, mais j'avoue que je commence à trouver tout cela de moins en moins drôle.



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire