dimanche 4 novembre 2007

L'absence de frottements

Le frottement est nécessaire à la valeur de toute chose. C’est un
principe physique majeur que l’on semble oublier (consciemment ou non)
de plus en plus. Je pense qu’on pourrait analyser les évolutions de ces
dernières années sous cet angle de la disparition des frottements dans
les moyens de communication. Si j’étais courageux, je pense qu’il y a
là matière à ouvrage... Cela me semble expliquer l'effet d'emballement
général que nous avons tous l'impression de vivre.




Avec l’invention de l’imprimerie (vous voyez, ça remonte à un bout de
temps quand même), on a réduit les frottements qui étaient liés à la
copie d’une oeuvre. Dès lors, il a été plus facile de dupliquer et
diffuser. Avec le développement de la société de consommation, on a
ainsi cherché à exploiter ces facilités pour démultiplier les points de
contacts (Mass Media).




Quelques années plus tard, avec l’informatique et notamment l’email, on
a réduit les frottements liés à la production, et toujours à la
duplication et à la diffusion. On a ainsi vu fleurir dans les
entreprises des correspondances sur-diffusées à des personnes qui
n’auraient jamais été destinataires auparavant. On a également vu
fleurir les fameux “spams” qui engorgent toujours plus de boîtes aux
lettres. Dès lors qu’une entreprise n’a plus à payer de papier ni de
timbres pour correspondre avec des contacts, elle perd le recul
nécessaire à la valorisation de ce qu’elle a à dire et à qui. On
commence à mesurer les effets de la chute des coûts de communication
(téléphone) avce le nombre exponentiel d'appels commerciaux que l'on
reçoit désormais chez soi.




Quelques secondes plus tard, avec le développement du Web, et il y a
quelques centièmes de secondes avec le Web2.0 et le développement des
réseaux sociaux, c’est la perte des frottements liés à la découverte et
aux étapes de consolidation de la notion de contact, et enfin de celle
d’ami qui a est venue accélérer le cours des choses. On a ainsi vu
fleurir ce concept de buzz, qu’il se pourrait bien être le “spam” de
demain. 




Contrairement à ce que l’on pense, le développement des infrastructures
informatiques et des moyens de communications ne tend pas à améliorer
et affiner la connaissance des cibles ou des clients. Par la perte des
effets de frottements, cela développe en fait des mécaniques qui
deviennent de plus en plus difficiles à contrôler. Sauf à s’interroger
sur les frottements nécessaires à mettre en oeuvre, ou sur l'organisation permettant de supporter les facteurs d'accélération nouvellement créés.



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