vendredi 8 février 2008

De l'utilité de développer une communauté pour un e-marchand

N'ayant absolument le temps de rien en ce moment, je piétine concernant la rédaction de mes réflexions (sera-ce un livre un jour ?) sur le client militant. Cela me permet toutefois de laisser mûrir le sujet et d'y réfléchir par bribes.



Il m'apparaît que le souci de tout commerçant est de pouvoir se positionner sur une allée passante. C'est bien la raison pour laquelle il est beaucoup moins coûteux de s'installer dans une rue peu fréquentée que dans un centre commercial. En matière de e-commerce, on ne paye (pas trop) quel que soit l'endroit où l'on installe sa boutique. En revanche, la valeur du pas de porte est un investissement qui peut se réaliser de différentes manières : référencement, publicité, partenariats... Un des investissements les plus rentables me semble être le développement d'une communauté de passants avec qui il va falloir ne pas hésiter à discuter, pour s'en faire des amis de premier plan, des soutiens actifs. Des militants.



Je remarque de ci, de là sur le web nombre de projets qui ne sont au départ que des blogs spécialisés sur une thématique précise : mode, cuisine, jouets, gagdets, photos...etc. Se posent pour nombre d'entre eux à un moment donné la question fatidique : mais que faire de ces milliers de visiteurs qui passent me voir tous les jours et qui m'écoutent lorsque je les conseille sur tel ou tel produit ou service ?



La solution la plus simple peut-être d'intégrer des partenariats d'affiliation. L'auteur du site se concentre sur une démarche éditoriale. Ses espaces partenaires captent certains d'entre eux pour des actes d'achats, dans la continuité de la discussion.



Mais pour certains, se développe la volonté de vouloir construire quelque chose et de pouvoir proposer en matière de suivi client ce qu'ils ont amorcé en matière d'échanges de discussions. Ils mettent alors les mains dans le mix produit, le sourcing, la logistique, le service après-vente.



A mon avis, il n'y a pas photo entre un porteur de projet ayant une bonne idée de boutique mais se lançant quasi d'une feuille blanche et un porteur de projet qui ne fait que capitaliser sur une communauté déjà en place.



Pour ceux qui ont déjà une boutique en place, il n'est pas encore trop tard. Le coin café peut très bien se mettre en place, mais il ne faut pas tarder. Personnellement, lecteur régulier de Daniel Broche, je sais que mon prochain achat de produits électroménager se fera dans sa boutique Discounteo plutôt que chez les traditionnels marchands de ce type de produits.



D'une manière générale, au travers de son blog, je connais le patron de la boutique. Je sais que je pourrai m'adresser à lui si j'ai un souci avec mon achat. Je sais que je suis en phase avec l'homme quand il se permet de se livrer un peu plus. Même si on n'est pas physiquement à proximité, le blog permet de recréer cette dimension affective du commerçant de quartier.



2 commentaires:

  1. Intéressant point de vue, Jean Baptiste.
    Comme toi, je suis surpris que les E-Commerçants passent leur temps à chercher à recruter, mais peu à fidéliser.
    Je crois que les VADistes traditionnels pourraient donner des leçons à beaucoup, et les pure players ont du soucis à ce faire s'il ne s'intéressent pas plus au sujet.
    Passionnante évolution que celle que devront engager les E-Commerçants dans les prochains mois pour se différentier au sein d'une offre devenue pléthorique.

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  2. @Stephane : Merci de cette réflexion. Venant d'un spécialiste de l'animation communautaire ;-) cela me ravi.

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