mercredi 26 mars 2008

Dynamique participative : le jeu de l'ego

L'ego reste un levier incontournable si l'on veut asseoir une dynamique participative à un site communautaire.



Le premier niveau de valorisation de l'ego c'est de laisser une liberté totale. Pas de freins, pas de contrôles. Ce qu'a fait CNN avec son site Ireport.com dont la baseline est claire : "unedited. Unfiltered. News". Du reste Ireport.com est né d'un premier échec du mode participatif chez CNN. Dans un premier temps, CNN avait proposé au quidam de proposer ses news. La rédaction de CNN se gardait le droit de diffuser ou non l'information proposée. Résultat : seulement 10% des propositions soumises étaient relayées sur le site. Résultat : 90% de "frustrés" et échec patent de la dynamique participative. Avec le format Ireport.com, les 90% qui n'ont pas leur place sur CNN existent tout de même.



Le deuxième niveau c'est donc de valoriser toute proposition "libre" en lui permettant de se trouver relayée sur un site d'audience plus importante, ou plus qualitative. C'est donc ce que fait CNN à partir des sources dont il dispose au travers d'Ireport. C'est en quelque sorte ce que fait Le Monde en mettant en valeur certains articles tirés de sa base de blogs lorsqu'il les présente en Homepage. Mais tout le monde sait (enfin si vous ne le saviez pas, je vous l'annonce) que la Homepage est un concept en perte de vitesse (regardez l'origine de votre trafic en provenance de Google et les accès directs aux pages de contenus que cela génère et vous devriez comprendre). Surtout, dans l'exemple du Monde, cela reste malgré tout en circuit fermé.



Le troisième niveau de valorisation, c'est de permettre aux contributeurs  de s'élever dans la hiérarchie des décideurs (la spirale de l'ego). C'est typiquement l'organisation de Wikipedia qui crée des statuts particuliers d'utilisateurs. On peut très bien imaginer qu'une première proposition de publication ou un premier commentaire nécessite de s'identifier complètement et soit soumise à modération. Au bout de X publications ne posant aucun problème, on peut imaginer que le sas de la modération disparaisse. Au bout d'un temps participatif plus important, on peut imaginer pouvoir confier à un contributeur des compétences de modération sur certaines parties du site. Ou encore, on peut imaginer une mise en avant de contenus de contributeurs qui sont régulièrement appréciés par les autres lecteurs (niveau de notation, nombre de commentaires...etc.).



2 commentaires:

  1. Je me demande si le plus souvent ce n'est pas le premier pas qui coûte à savoir accepter de perdre le contrôle au bénéfice de l'utilisateur. Les deux étapes suivantes me paraissent psychologiquement moins bloquantes pour un admin.
    Le troisième niveau dont tu parles fait penser au principe du forum parano.be dont on m'a expliqué le fonctionnement il y a peu. Ce n'est peut-être pas le site le plus conventionnel qui soit mais s'il y a des idées à noter...

    RépondreSupprimer
  2. @amaury : c'est juste. La peur de la perte de contrôle est ce qui perturbe le plus les organisations actuelles. C'est lié à l'histoire des sociétés. Cela se comprend.
    Quant aux forums, les fonctionnalités d'administration permettent ce genre de mécaniques. Mais le Forum a toujours une image restreinte en terme d'usage. La difficulté est de parvenir à recréer ces mécaniques dans un environnement plus média-rédactionnel.

    RépondreSupprimer