jeudi 22 mai 2008

Parlons-en, du nucléaire

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Areva lance une plate-forme de discussions et d'échanges : Parlons-en !



En première approche, le site est "sympathique", aéré, les couleurs sont dans l'ère du temps.



Sur le principe, Areva initie des sujets de discussions et tout internaute (en créant un compte) peut commenter, réagir, noter... La question que je ne m'explique pas c'est pourquoi l'opération se limite à 3 mois (jusqu'au 18 août) sans plus d'explications que cela. L'autre point qui me chagrine c'est la manière de "cadrer" le débat. En ce moment, vous ne pouvez discuter que de la thématique "Nouveaux défis énergétiques : "la place du nucléaire, parlons-en". A partir du 16 juin, on pourra discuter du sujet suivant qui concernera les déchets nucléaires... Du reste, le modérateur du site est là pour freiner les ardeurs de discussions qui pourrait sortir du cadre de débat imposé proposé : "Merci pour votre participation sur le site.

La discussion initiée est très intéressante mais les problématiques
liées aux déchets nucléaires seront traitées sur ce site à partir du 16
juin, avec des données et une grande variété de points de vue d’experts
sur le sujet.

Vous aurez alors deux mois pour approfondir le thème des déchets et de leur traitement et recyclage.

Merci donc de participer pour l'instant au premier thème proposé: «
Nouveaux défis énergétiques: la place du nucléaire, parlons-en
".
Très cadré comme espace de débats, vous ne trouvez pas ? Vous pouvez initier des sujets ou réagir, mais si c'est dans la ligne du parti (si je peux me permettre).



Bref, si la réalisation est plutôt bien faite, si l'espace de discussions sur ce sujet est plutôt d'actualités, si Areva elle-même est légitime pour supporter ces échanges, il y a un "je ne sais quoi" (ndlr, en français dans le texte) qui ne donne pas envie de participer, sauf si l'on a des convictions complètement arrêtées.



Le sujet étant sensible et émotif s'il en est, peut-être cela provient-il de la crainte d'Areva de se faire déborder par des polémistes et de ne pouvoir réagir suffisamment vite et objectivement pour exploiter positivement les bénéfices d'une telle opération ?



2 commentaires:

  1. Quelques éléments de réponse suite à tes interrogations.
    L'objet du site n'est pas de créer, pour l'instant en tout cas, une sorte de forum permanent sur le nucléaire. Il en existe des tonnes, et areva n'a pas vocation à proposer un lieu de discussion. L'objectif du site est un objectif d'échange, d'écoute, autant que d'information. Un débat, en quelque sorte, qui puisse permettre une information partagée, et une remontée à Areva.
    Comme tout débat, il suppose un ordre du jour et un calendrier, et quelques règles. Le calendrier me parait clair : on parle d'abord des enjeux associés au nucléaire dans le mix énergétique, et ensuite du sujet des déchets. Les deux thèmes sont suffisamment larges pour que chacun puisse s'exprimer, du moment qu'il nourrit l'échange sur le thème en question (et la modération n'est pas très restrictive).
    l'idée est que, sur ces sujets, on parle sans cesse. L'expérimentation d'un échange organisé, structuré dans le temps, mêlant des informations, des points de vue d'experts et une libre parole suppose un temps limité, des cadres. Sinon, c'est juste "parler pour parler", et ce n'est pas l'objectif. Si je prends une analogie, si désirs d'avenir avait dit : du X au X on parle de vie chère, cela aurait permis aux énergies de se concentrer sur le sujet et de produire quelque chose d'utile. l'absence de focalisation produit un émiettement, qui n'apporte rien.
    Areva regarde ce qui se dit sur le web, et n'a pas vocation à remplacer le flux permanent d'expressions, mais à proposer une démarche différente.
    Après, il est évident que tout ça est perfectible, à améliorer, et que la démarche reste expérimentale. Et que les procès faits sur le "contrôle" (là où il n'a jamais été aussi limité dans l'histoire de cette maison) et le "cadrage" sont naturels. Je les trouve pour ma part assez réduits (la place du nucléaire comme solution aux enjeux énergétiques, c'est assez vaste, non ?).

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  2. @NV : Merci Nicolas pour ces précisions. Assez marrant que tu fasses une référence à Désirs d'avenirs car cela m'est venu à l'esprit. Je comprends bien l'organisation du débat pour concentrer les énergies, mais il me semble alors qu'il manque tout de même une précision permettant de comprendre comment seront exploitées les temps de discussions (il se passe quoi après le 16 juin concernant la première thématique ?), notamment après le 18 août. C'est peut-être ce point qui risque de créer de la déperdition de participation.
    Mais globalement, je trouve l'initiative intéressante, notamment de la part d'un tel acteur économique. Je chipote peut-être un peu, mais c'est toujours pour la bonne cause.

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