vendredi 31 octobre 2008

Arborescence Vs. Cinématique

Je constate souvent une confusion entre la manière de formaliser une arborescence et la manière de formaliser les circuits de navigation pour permettre à l'internaute de passer d'une page à une autre.



L'arborescence ne peut plus tout à fait se représenter comme il y a quelques années, lorsque les sites étaient constitués de pages "statiques", comme étant le plan du site. L'arborescence doit être pensée et formalisée comme la représentation des structures type de pages dont l'organisation est spécifique pour recevoir et présenter un contenu provenant de bases de données.



Si vous prenez l'exemple d'un blog (pour essayer de faire simple), vous avez (au moins) 3 structures de pages : Accueil, Catégorie, Note. Si à la création de votre site, et donc la représentation de l'arborescence, vous avez une idée du nombre de catégories que vous allez mettre en place, ce n'est toutefois pas la liste exhaustive de toutes les catégories que vous pourrez créer par la suite. Pas besoin dans ce cas de représenter 10 cases car vous pensez lancer votre site avec 10 catégories. 1 case symbolisant le gabarit "page type catégorie" suffit.



Pour essayer de mieux comprendre le principe, pensez meuble, étagère, rayon, objet (livre, disque...).



En revanche, en matière de spécifications, le grand absent est souvent la cinématique propre à certains comportements de l'utilisateur sur le site. La création de compte, la possibilité de laisser un commentaire uniquement si l'utilisateur est identifié...etc. La cinématique a pour but de représenter le chemin qui sera utilisé par l'utilisateur parmi les types de page, en fonction de ses actions (message d'erreur, personnalisation du contenu, création nouveau compte...etc.). Il existe dans les cursus informatiques une partie du sujet spécifications qui concerne l'organisation des traitements ou processus.



Trop souvent oublié des producteurs de Powerpoint se contentant de coller les DA produites par les Webdesigner... Dommage, car c'est souvent ce qui engendre des problèmes d'incompréhension entre techniciens et fonctionnels, et par la suite dérapage de planning et budgétaire.




mercredi 29 octobre 2008

Le verre à moitié plein

Tous les professionnels du marketing se démènent comme de beaux diables pour expliquer aux entreprises qu'elles doivent être à l'écoute de ce qui se passe sur le Web, de sorte à pouvoir interagir et mieux comprendre leurs publics.



J'ai conscience qu'il est toujours délicat qu'un Etat, un gouvernement, vise à écouter lui aussi ce qui se passe au sein de la société et comment son action est perçue. On peut évidemment voir le verre à moitié vide et qualifier ce genre de démarche de surveillance policière... On peut aussi (peut-être) voir le verre à moitié plein. Si un gouvernement a compris que la veille d'opinions ne pouvait se limiter à la lecture de la presse traditionnelle et aux études d'opinions sur des échantillons de 1.000 clampins censés être représentatifs, cela confirme que nous sommes dans le vrai lorsque nous conseillons aux entreprises de comprendre et de s'organiser pour être en mesure de comprendre leur éco-système. Les entreprises devraient réagir positivement à ce genre d'initiatives dès lors qu'on en parle en haut lieu.



Update du 30/10. En complément, je vous conseille d'aller lire :



- Le gouvernement veut surveiller Internet. Et alors ?



- Ce n'est pas de la surveillance, c'est de la veille...



Blog militant

Le monde du blog met en lumière un site d'expressions de salariés de la société Tyco, fournisseur de Renault, qui exprime ainsi en place publique les difficultés actuelles.



Au-delà de ce site, ce qui a attiré mon attention est le fait que cet espace est accessible au travers d'une adresse sous-domaine. En remontant d'un cran l'URL on découvre le site plate-forme de Blogs blogmilitant.



Quelques remarques "à la volée" :
- idée intéressante de proposer une plate-forme d'expressions militantes ;
- la notion de militantisme semble toutefois ici limitée à de la revendication ;
- on a beau chercher sur le site blogmilitant.com aucune information sur le ou les acteurs qui sont derrière ce service, ce que je trouve assez gênant ;
- l'entreprise est définitivement poreuse et tous ses sujets d'activités sont désormais en place publique .



Les blogs prennent doucement leur place

J'entends de plus en plus de gens autour de moi exprimer des doutes sur la pérennité des blogs en tant qu'outil d'expression individuelle des masses.



Il est vrai que la pression sur certains à été forte et a certainement dû contribuer à modifier leur rapport à l'écriture, de libre et insouciante au départ (naïve ?) à structurée, et réfléchie en fonction des publics supposés lire et réagir sur le site. Certains ont cru que les blogs allaient faire disparaître les voies officielles et le corporatisme journalistique s'est empressé de crier haro à l'amateurisme incapable d'expertise. Finalement, on s'aperçoit qu'un blog tout seul ne remplacera pas à lui tout seul une organisation établie de production d'informations. Pour les marques traditionnelles des medias, le problème est autre. Comme pour l'industrie de la musique, il est plus facile de trouver un bouc émissaire (l'internaute qui télécharge gratuitement) que de se remettre en cause. Finalement, on s'aperçoit en revanche que les usages évoluent et qu'une information recherchée s'accède directement au travers de moteur de recherche, de liens, de portail d'agrégations d'informations... pas au travers d'une page d'accueil d'une marque qui est légitime sur un support papier, mais uniquement sur ce support. Finalement, on s'aperçoit que l'ensemble des blogs particuliers contribuent (efficacement) à replacer le media à sa juste place. On s'aperçoit que la hiérarchie voulue par une catégorie de professionnels correspond rarement aux préoccupations courantes des masses. Croyez-vous que dans les discussions de café, tous les interlocuteurs participent au débat après avoir lu en détail le journal qui traîne sur le comptoir ?

Observateur
Et pendant que les journalistes et organisations professionnelles de ce secteur cherchent à endiguer les brèches creusées dans leur ligne Maginot, le Web continue d'évoluer, avec notamment le micro-blogging qui raccourcit la profondeur des réflexions mais accélère les échanges. Et cette nouvelle forme de publication est en train de doucement remettre à leur juste place les éditorialistes du Web. Dans toutes discussions, il est rare que tous les participants discourent de longues minutes selon des plans bien construits leurs réflexions et argumentaires. Les discussions sont souvent un jeu de ping-pong, à deux, à plusieurs. Il n'empêche que de temps en temps un interlocuteur (doué de synthèse et de vivacité d'esprit) est capable de rappeler les termes du débat, les arguments avancés par les uns et les autres, les perspectives de discussions à suivre. Mais ce n'est pas la principale forme de débat. Le rôle de cet interlocuteur peut tout aussi bien être celui d'un observateur. Placé dans un contexte de discussions sur des préoccupations d'ordre professionnelles (entreprise, marque, produit, service client...), cet observateur dispose alors d'une formidable vision de son marché.



mardi 28 octobre 2008

Trendrr - Track Compare Share

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Trendrr est un nouveau service de veille qui vous permet de "suivre" les sujets qui vous intéressent (métier, marque...) sur divers services Internet : nombre de posts sur les blogs, nombre de résultats trouvés sur Google, nombre d'utilisateurs actifs d'une application Facebook, nombre de photos Flickr...etc.



Chacune de vos recherches peut être tagguée pour être classée par ensemble. Les résultats sont fournis sous forme de graphe.



Point intéressant, vous pouvez assembler plusieurs graphes au sein d'un même espace en vue d'obtenir des comparaisons.



Point communautaire, vous n'êtes sûrement pas tout seul à vous intéresser à un sujet de recherches. Aussi, vous pouvez entrer en contact avec les autres utilisateurs et mutualiser vos préoccupations de veille.



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Questions d'influence

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Questions d'influence est un nouveau blog collaboratif animé par l'équipe d'Ogilvy PR, sous l'impulsion d'Eric Maillard (qui a dû au passage ronger son frein ces dernières semaines, son blog personnel ayant servi à faire prendre la mayonnaise le temps que tout le monde s'organise...).



L'exercice est sain pour une entreprise dont c'est le métier d'évangéliser et d'aider ses clients à s'organiser sur ce genre de sujets - oser la discussion en place publique.



Les premiers articles fournis par 3 collaborateurs (sur 25 potentiels) sont prometteurs et je leur souhaite bon courage pour la suite.



lundi 27 octobre 2008

Back to the roots

En temps de crise, 2 types d'opportunités s'offrent aux entreprises.



La première est de pouvoir se développer en s'emparant des concurrents trop légers pour traverser la tempête, mais dont les fondamentaux sont bons, sources de revenus complémentaires, de nouvelles parts de marchés... Cela permet également de pouvoir disposer de profils de collaborateurs qui ne seraient pas montés dans le paquebot autrement et qui vont apporter leurs nouveaux modes de fonctionnements. 



Lorsque les valeurs Internet  se sont effondrées il y a un peu moins d'une dizaine d'années, nombre de salariés qui travaillaient dans les start-up de l'époque sont partis rejoindre les bataillons des grosses entreprises solidement implantées. C'est à cette époque que la digitalisation des organisations a réellement commencé.



La deuxième est de se re-concentrer sur son coeur d'activités. D'éliminer le superflu. De travailler la rentabilité puisque la croissance devient limitée, sinon nulle. Travailler la rentabilité, c'est faire plus avec moins. Et pour le coup, la deuxième vague de webisation des organisations va se développer au cours des semaines, mois à venir. Je prends le pari que tous les sujets liés aux systèmes d'informations, au e-CRM, à la vente en ligne, à la communication on-line... ne vont pas connaître la crise. Les entreprises devront toutefois se méfier des objectifs mal définis, des projets mal cadrés, des spécifications réalisées par dessus la jambe, des réalisations qui ne s'inscrivent pas dans la durée, qui n'apportent aucune valeur ajoutée en terme de sens.



Il existe des gisements très importants d'amélioration de la rentabilité des entreprises au travers d'une bonne mise en oeuvre de projets digitaux.



Floricienta

Petite présentation réalisée par Laurent Laforge (Agence Mode d'Emploi) à l'occasion de la conférence Buzz the Brands. Cas d'étude : l'opération réalisée pour Floricienta, nouvelle série TV pour les 8-12 ans.



J'aime beaucoup l'approche multi-supports, interconnectés entre-eux, avec notamment l'usage d'un Skyblog pour se plonger au coeur de la mêlée des 8-12 ans...





vendredi 24 octobre 2008

Vendre sur Internet ?

J'avoue que je suis super jaloux de cette super présentation de ce super héros qu'est Capitaine Commerce...  Une synthèse et les bases du problème comme je les aime.




jeudi 23 octobre 2008

Interconnectez vos communautés !

Web Ecosysteme
View SlideShare presentation or Upload your own. (tags: tribes socialmedia)

- Toutes les plates-formes ne sont pas citées (la schématisation perd en clarté).



- Il me semble que Twitter devient un véritable centre névralgique de dispositif.



mardi 21 octobre 2008

Netvibes comme système d'informations ?

Netvibes dispose d'une interface privée (depuis l'origine) qui vous permet de vous construire votre tabloïd personnel en agrégeant des sources d'informations à partir des flux RSS proposés par les différentes sources, et en les organisant par onglets.



Netvibes vous permet également d'organiser une interface publique (un univers qu'on appelle ça, comme écrirait Céline) qui vous permet de donner accès à tout le monde aux sources sélectionnées qu'il vous semble bon de partager.



Image_3Cette organisation rappelle à peu de choses près Intranet Vs. Internet.



En créant un compte Netvibes générique à l'entreprise, vous pouvez ainsi organiser et donner accès (version privative) aux autres collègues à différentes sources que les uns et les autres peuvent organiser et améliorer en proposant des sources complémentaires.
Vous avez un Intranet d'informations.



Pour ce qui concerne la partie Internet, il vous suffit de sélectionner parmi ces sources ou services ceux que vous souhaitez faire apparaître, rendre disponibles aux internautes : le flux RSS de votre fil d'actualités, des blogs que vous jugez pertinents de vos collaborateurs, d'autres sources d'informations qui vous semblent intéressantes pour ceux de votre secteur ou vos clients...etc.



En vous rendant sur www.netvibes.com/jbplantin, vous pourrez avoir un aperçu d'une organisation publique d'informations. Il ne reste plus qu'à paramétrer une redirection d'URL (à défaut de pouvoir faire un pointage DNS directement sur cet espace Netvibes).



Je concède que le dispositif peut sembler lèger pour une entreprise de taille raisonnable (plus de 20 personnes ?), mais la logique devrait être une bonne source d'inspirations pour spécifier des besoins d'organisation et de réalisations...





Le client militant : à télécharger

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lundi 20 octobre 2008

Fred, la nouvelle star

Pendant que les industries du spectacle s'échinent à dresser des barrières Maginot, Internet continue de permettre aux talents d'éclore et d'exploser les compteurs de chiffres (abonnements, pages vues...Etc.) qui nécessiteraient de n'importe quelle agence de conseils des honoraires se chiffrant en millions d'euros pour (éventuellement) essayer d'obtenir de tels résultats...



Ainsi en est-il de Fred, ce gamin (découvert via Vinvin) qui doit à peine avoir 16 ans, a son compte ouvert sur Youtube depuis 3 ans (01 octobre 2005), a depuis lors visionné à lui tout seul 15.066 vidéos (cela fait une moyenne de 13 / jours), a mis en ligne 32 vidéos (là, j'ai pas creusé, mais il a sûrement commencé par observer avant de se lancer lui-même), fédère (accrochez-vous) 598.201 personnes qui sont abonnées à ses vidéos qui ont été consultées près de 17 millions de fois (16.800.978)...Résultat, un palmarès à tomber par terre en se tapant le cul pour se dire qu'on n'est pas en train de rêver :





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Rien ne vaut une petite démo :





Bien entendu, comme toute "vedette", Fred a ses admirateurs, détracteurs et autres suiveurs qui prouvent dès lors l'influence du Kid de Youtube.








GM Blogs

C'est à la lecture d'un article d'OpinionWatch que je suis allé faire un tour sur la galaxie des blogs de General Motors. Et je dois bien avouer que le dispositif est plutôt intéressant. Et encore, il n'est que partiellement présenté sur ce site GMBlogs, puisque les espaces développés sur Facebook ou le compte Twitter GM  ne sont pas présentés ici. Mais peut-être que cette page évoluera dans une configuration proche d'un écran Netvibes ? Cela ferait sens...



Différents sites, pour différents sujets, pour adresser diférents publics : de la stratégie au véhicule. A noter le blog FYI qui est alimenté à partir d'une veille des photos de Flickr se rapportant à GM. Une idée trop peu souvent mise en oeuvre malheureusement, alors que cela permet d'avoir des contenus simples et beaux (photos) tout en valorisant ceux qui en sont à l'origine...



Je ne sais pas si cela aidera GM à passer le cap difficile des restructurations profondes de ce secteur de l'automobile, mais au moins la stratégie on-line est plutôt bonne.





Bic phone

Bic entre sur le terrain du téléphone mobile avec son Bic Phone.



J'ai mis un peu de temps à trouver le site Bic Phone, du fait sûrement de l'utilisation de la petite protection de marque (le R entouré d'un cercle) qui est attaché au mot Bic et que Google ne doit pas très bien apprécier tandis que les internautes, qui ne respectent décidément rien, ne pensent même pas à saisir cette précision juridique lorsqu'ils font une recherche sur Google...  C'est toutefois un problème que l'agence en charge de la réalisation du site devrait régler rapidement (je crois savoir que c'est une agence spécialisée en buzz et autres tactiques de marketing viral, qui doit vraisemblablement connaître ces problèmes de meta tags).



Plus largement, je me dis que cela ne doit pas être simple pour Bic d'entrer sur ce territoire, sachant que le premier réflexe qui vient à l'esprit de tout consommateur exposé à cette marque est de penser "produit jetable" (et jetable ne veut pas dire "durable" ce qui complique sûrement l'exercice en ce moment...). Le concept de "télephone jetable" est un peu compliqué à matérialiser... Sauf qu'évidemment, le Bic phone n'est en rien jetable. En fait, c'est un téléphone comme les autres, de chez Orange, mais disponible en orange ou en vert.



vendredi 17 octobre 2008

Yahoo analyse la pub

Alerté par une nouvelle version de Yahoo France (ici ou là) mon attention a surtout été attirée par une petit lien sous un cadre publicitaire "Votre avis".



En fait, il s'agit d'un questionnaire très complet, trop complet, car il ne comporte pas moins de 8 écrans avec certains écrans qui vous poussent à réfléchir avant de répondre (ce qui n'est jamais très bon).



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..etc.



Autant je trouve l'idée intéressante, autant la mise en oeuvre me semble complètement à côté de la plaque par rapport aux usages que l'on a sur Internet. Je pense en particulier aux systèmes de votes simples que l'on peut trouver ou en 1 (max 2) clics, on donne une position. C'est sûr que les résultats ne permettent pas de faire des reporting et analyses de plus de 100 pages, mais je pense que le volume de participants doit certainement compenser et au bout du compte fournir une information plus efficace du "j'aime / j'aime pas".



Voir si ce système se développera...





jeudi 16 octobre 2008

Twinfluence : mesure d'influence de Twitter

Twinfluence.com est un service très intéressant (merci @damdam) qui permet d'identifier des chiffres clés sur la "force" de relais (le potentiel d'influence) d'un compte twitter (pas uniquement le vôtre...), en s'appuyant sur une analyse du nombre de posts rédigés, le nombre de followers, mais aussi le nombre de followers de vos followers. Toutes les explications sont ici.



Tout cela permet bien entendu d'établir un classement, ce qui est toujours amusant. Mais surtout, coupler search.twitter.com avec twinfluence permet d'identifier et composer un réseau de relais plus que pertinents.



lundi 13 octobre 2008

Les DRH sont-elles à l'écoute ?

On verra comment évoluera l'étude dans quelques semaines après la grande lessive financière. Toujours est-il que TNS Sofres publie une étude intitulée "Les nouveaux leviers de l'engagement des cadres".
Fait intéressant : 12,5% des cadres ont déjà donné leur avis sur leur entreprise sur Internet (Blogs, Forums..Etc.); 42% des cadres ont déjà effectué une recherche sur leur entreprise pour savoir ce qu'on en disait... ; contrairement à la légende qui veut que les avis exprimés sur Internet sont majoritairement négatifs (tendance naturelle à s'exprimer lorsque cela ne va pas), il semble que les cadres soient plus raisonnables lorsqu'ils parlent de leur entreprise : 50% restent factuels, 36% en disent du bien, 14% en disent du mal. En même temps, factuel peut facilement faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre.



Encore une bonne raison pour maîtriser la topographie du terrain.



Veille stratégique

En ces temps à venir d'hyper-compression budgétaire, il me semble que la veille stratégique de marque sur Internet a de l'avenir pour plusieurs raisons : les transferts de budgets vers le Web vont s'accélérer, mais avec un besoin de plus en plus affirmé d'y voir clair et de savoir où l'on va (contrôle et maîtrise des budgets investis).



Dans le cadre de notre expertise des problématiques liées au Web, nous développons actuellement au sein de Performance Projets des discussions avec des partenaires permettant de maîtriser les masses d’informations disponibles sur Internet, leurs interconnexions, leurs prises de positions : Sites Webs, Blogs, Forums, Réseaux sociaux (Facebook, Skyblog...), Micro-blogging (Twitter...), etc.



L’objectif de ce service est :



  • de permettre d’identifier des sources de relais d’opinions,


  • de les positionner par rapport à l’adhésion positive ou négative qu’elles expriment,


  • de pouvoir ainsi disposer d’une vision claire des relais à “surveiller” ou à stimuler dans le cadre de campagnes d’informations (buzz, influences...etc.).


Fonctionnant par analyse sémantique des contenus, ce service permet de professionnaliser les résultats que l’on pourrait espérer obtenir manuellement au travers d’outils classiques et libres d’Internet.



Afin de montrer quelques résultats, nous vous proposons ci-après une courte photographie de la situation relative à l’élection américaine.



Obama vs. McCain



L’élection américaine ne se joue plus (du tout ?) au travers des media classiques (presse, TV) mais principalement au travers de l’usage d’Internet et de l’organisation mise en oeuvre par chacun des camps pour organiser des réseaux de relais (des prescripteurs) et déclencher des stimuli permettant de transmettre, réagir, contrer…Etc.



Versac, lorsqu’il écrivait encore sur son blog, avait raconté sa rencontre avec l’un des responsables de campagne de l’équipe d’Obama qui expliquait cette stratégie de maillage et cette permanence de l’action (24/24).



Pour mieux se rendre compte de l’état des forces en presence, nous avons fait tourner les serveurs d’un de nos partenaires spécialisés en analyse de veille online. Cette solution permet d’identifier les acteurs d’un réseau par rapport à une thématique, la densité des liens entre eux – permettant au passage de cibler très clairement les noeuds d’influences de réseaux, le positionnement (Pros vs. Cons) de chacun de ces relais.



En ce qui concerne le camp Obama,  nous avons un réseau de discussions très dense et concentré.



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En ce qui concerne le camp McCain, on identifie immédiatement une zone de déséquilibre qui prefigure soit un soutien très fort mais autarcique, soit une surveillance et un relais très actif des moindres faits et gestes.



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En projetant ces résultats selon un autre algorithme d’analyse, on peut positionner les relais sur une roue par rapport au point initial d’intérêts. Plus le point est éloigné du centre, moins le relais d’informations est important.



On se rend compte ainsi que Barack Obama a une repartition homogène lui garantissant des relais à tous les niveaux…



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… tandis que John McCain a une répartition très excentrée de ses relais



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D’autres analyses sont envisageables pour distinguer les relais positifs Vs. négatifs, les thèmatiques de discussions qui ressortent...etc. Ces résultats sont possibles après analyses des différentes sources identifiées afin de dégager et agréger les thématiques dominantes.



vendredi 10 octobre 2008

Allumer un contre-feu...

Au départ, je me suis dit que cette réflexion relevait du blog Perso dans ma catégorie Société (depuis que des petits malins comme lui et lui m'ont dit qu'il fallait que je sépare les sujets Pros et Persos, je sens que je vais être confronté à ce genre de dilemne - mais où écrire, tant ce que je trouve intéressant c'est de s'inspirer de ce qui se passe dans un secteur pour l'appliquer à un autre - intelligence, inter ligere, créer des liens...).



Quand j'ai entendu Bernard Accoyer proposer ce matin d'amnistier les rapatriements fiscaux illégalement stockés à l'étranger, je n'ai pu m'empêcher de penser au "contre feu", où comment étouffer le sujet de préoccupation principal par l'activation d'une polémique sans intérêt mais alimentant facilement la bêtise des journalistes et des gens qui les écoutent et en parlent. Je ne parle pas du côté nauséabond interprétable de ce genre de propos : à l'extérieur, c'est la catastrophe; ici, on est bien... cela m'emmènerait sur d'autres sujets.



Finalement, quand une marque ou une entreprise connaît quelques déboires au travers de ce qui peut se dire sur elle sur Internet, la bonne stratégie n'est peut-être pas d'aller directement tenter d'asperger de quelques gouttelettes  d'eau les zones enflammées... La bonne stratégie (tant les gens sont versatiles et polémistes) est peut-être simplement de dévier le débat pour qu'il se porte sur un sujet sans intérêt mais permettant aux gueulards de faire étalage de leur culture crasse.



mercredi 8 octobre 2008

Stratégie UGC - User Generated Content

Si l'on vous demande de réfléchir à une stratégie UGC : attention ! Plus un sujet d'évangélisation qu'opérationnel. 



Quel est le problème pour les directions marketing ou communication qui souhaiteraient développer de telles stratégies ? La peur du vide principalement. L'absence de pouvoir maîtriser un plan de bataille se rapprochant d'un plan éditorial.



Par essence même, une stratégie UGC repose sur l'adhésion et la collaboration des Users. Pour ce faire, il faut leur proposer des cadres d'expressions et de relais qui leur évoquent quelque chose, qui leur inspirent confiance, qui leur donnent envie de donner, d'offrir et de partager.



Par essence même, une plate-forme UGC ne va pas supporter de se voir imposer des contenus qui tombent d'en haut (de la marque), encore moins des contenus qui seraient plus valorisés que les contenus des autres utilisateurs.



Tout ce que l'on peut proposer, c'est une organisation technique, décisionnelle et éditoriale. Le pré-requis à la mise en oeuvre d'une stratégie d'UGC est toutefois de définir une stratégie avant de lister/décliner des tactiques.



L'organisation technique couvre simplement les ressources à utiliser pour créer un réceptacle à UGC, ou pour développer une présence sur des plates-formes existantes.



L'organisation décisionnelle couvre la veille et l'analyse de la manière dont les gens adhèrent et exploitent le cadre ou les applications qu'on leur propose. C'est également à ce niveau que l'on identifie justement les préoccupations ou les sujets qui suscitent de l'intérêt, qui génère de l'interaction.



L'organisation éditoriale vise à pouvoir réagir et rebondir à partir des analyses et décisions précédentes. Il ne s'agit en aucun cas de dérouler un plan de contenus fabriqué en amont avec forces marronniers.



C'est malheureusement là que se situe le problème pour les organisations en entreprise. Elles ont besoin de visibilité, de repères connus qui vont être directement compris de la hiérarchie,  qui n'a pas de temps à perdre à s'interroger sur l'évolution du marché. Si l'on y regarde de plus près, les rares initiatives de plates-formes existantes (en France) se limitent principalement à des entreprises qui n'ont finalement que peu d'enjeux de concurrences (Areva, RATP...etc.).



Si le sujet de l'UGC suscite de l'intérêt (et probablement de l'envie) lorsqu'on en discute avec des distributeurs, des constructeurs, des producteurs...etc., c'est une autre histoire quand il s'agit de passer à l'acte. Reviennent les vieux réflexes et s'envolent les ambitions.



Il y a 10 ans, vous pouviez faire des supers démos de site web. Quand il s'agissait de passer à l'acte et de créer le site de l'entreprise, on vous demandait de reprendre le contenu de la plaquette Corporate.



Qu'est-ce que le micro-blogging...

Quand un certain Benoît est venu signaler en commentaire de la note précédente qu'il avait réalisé une modeste contribution sur ce qu'était le microblogging, je me suis dit que c'était un petit malin qui profitait de mon intelligente contribution présentant un usage de Twitter comme outil de veille...



Hum, en suivant le lien qu'il fournissait, je serais tombé sur le cul si je n'étais déjà assis. C'est une analyse plus que complète de ce qu'est le micro-blogging, de son intérêt, de ses outils et services..., le tout agrémenté de présentations slideshare ou de vidéos Youtube.



Autant, vous prévenir, il va vous falloir une bonne demi-heure avant de lire sa note complète. En tout cas, un grand merci à Benoît pour ce travail. Si seulement les reponssables marketing étaient au niveau des efforts que nous fournissons tous (ça, c'est une private joke acide à l'issue d'une journée très désapointante...).



mardi 7 octobre 2008

Twitter comme agence de presse

Comment exploiter Twitter comme un fil de dépêches d'agences par rapport à un thème particulier.



Premier outil : Search.Twitter qui vous permet de faire une recherche sur l'ensemble des Twitts publiés par les membres... Exemple ici avec le résultat sur la recherche "crise financière". Bien entendu, le résultat de cette page dispose de son propre flux RSS. D'ores et déjà, vous pouvez utiliser ce flux pour le suivre dans votre agrégateur de flux préféré (Netvibes, Google Reader...Etc.).



Deuxième outil : c'est en option, et c'est juste pour faire joli, vous pouvez exploiter le flux RSS via Widgetbox qui vous permet de construire votre propre Widget.




Greenwashing, quand on nous bassine

La chaîne Big Ben Pub (enfin, je suppose que c'est une chaîne, mais tout du moins celui de Neuilly) utilise pour ses système d'édition de factures et facturettes de carte bleue du papier labellisée FSC. On vous explique donc au dos des ces documents que le papier provient de forêts bien gérées et d'autres sources contrôlées, avec le n° de certification qui va bien...etc.



Comme nous sommes en train en ce moment de développer chez Performance Projets un pôle conseil développement durable, immanquablement je commence à tout regarder au travers de ce prisme. Et là, pour le coup je me suis dit : c'est bien d'en parler de la sorte, mais est-ce que l'encre nécessaire pour afficher ce type de messages ne remet pas les compteurs à zéro s'agissant du bilan carbone ? C'est un dilemme que de faire les choses bien et de pouvoir les valoriser sans que cela ne remette en cause les bénéfices réalisés...



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Leclerc, dans sa continuité de grand pourfendeur des portes ouvertes, lance le branle-bas de combat en axant la communication de son site autour de ses actions en faveur de l'environnement. Jusque-là, rien de grave. Là où cela devient plus surprenant, c'est quand le dispositif associe un jeu permettant de gagner des voyages au Sri Lanka. Etonnant de tenir un discours axé sur l'écologie, le respect de l'environnement, le changement des comportements... et proposer un voyage en avion à l'autre bout de la planète. y a-t-il eu une réflexion sur le coût carbone de cette dotation de jeu ? On dépasse allègrement la tonne de CO2 par passager !!
Il faut juste savoir qu'en ce moment le Sri Lanka développe une campagne de communication tous azimuts pour redorer son blason touristique en berne depuis quelques mois. De là à imaginer que Leclerc a cédé à la facilité d'une dotation offerte, on n'oserait y croire tant ce distributeur nous a habitué à prendre des positions pleine de convictions fortes.



Dernier sujet d'actualité, le Mondial de l'automobile. Martial en parle sur le blog de Carré de Ciel. Je le rejoins sur le constat et en rajoute même tant je me dis que les constructeurs automobiles ne savent plus faire que du design. Aucune réflexion sur le sujet de la remise en cause du moteur à explosion. N'ont-ils pas perdu de vue que leur métier est un métier d'ingénieurs, d'innovations technologiques, pas seulement de designer de mode ?



lundi 6 octobre 2008

De la gestion des commentaires

Le sujet est épineux pour certains tant certains contenus font (sur)réagir de gens. J'avais déjà relevé que la mécanique des commentaires pouvait être utile et permettre à la discussion de se faire, de rebondir, de s'enrichir... sous réserve que les commentateurs soient du niveau de celui qui fait l'effort de livrer à la critique ses réflexions.



Cela n'est pas toujours le cas. Pour tout dire, c'est même rarement le cas. Cela fait peut-être partie de l'apprentissage général et l'on peut se prendre à rêver d'un monde policé où tous les avis pourraient s'exprimer dans le respect des autres... mais bon, on n'est pas chez Mickey.



Marianne pose en tout cas la question : Faut-il en finir avec les commentaires ?



Un conseil pour les blogueurs corporate, produits, marques..Etc. et autres acteurs d'entreprises qui se lancent sur le sujet de l'espace d'expression commentable : ne pas sous-estimer la charge et l'organisation à mettre en oeuvre pour gérer ce sujet.



Je pense qu'il faut également s'interroger sur la possibilité de remettre au goût du jour le fameux Trackback qui permet simplement d'avoir sur son site des renvois vers des gens qui prolongent la discussion sur leur propre espace et font l'effort de le signaler. J'ai bien conscience que le Trackback n'est pas en odeur de sainteté auprès des responsables de sites - outre les problèmes techniques de "spam", qui réagissent toujours selon un principe d'entonnoir et de cul-de-sac (je veux garder mon lectorat avec moi, chez moi, pour moi...). C'est une erreur, il me semble. Il ne faudrait pas hésiter à renverser l'entonnoir. Si l'on applique une logique orthodoxe, le Trackback est la meilleure solution au développement de la discussion en réseau...



Changement de paradigme

C'est marrant d'aller lire cette orientation de développement de la part de Partice Cassard (ex. La Fraise) concernant l'implication d'une société dans la Société, ceci afin de faciliter l'adhésion de sa base de clients, qui deviennent de véritables militants pour le coup (assez en phase avec mes réflexions récentes sur le client militant, non ?).



Si je devais prolonger sa réflexion, je dirais qu'il faudra faire attention à ce que les Associations n'aient pas trop d'argent incontrôlées et qu'il faudra que l'entreprise exerce une réelle activité de contrôle et suivi des actions réalisées grâce à son soutien. Pour le coup, il ne s'agit pas d'une simple position de caution de bonne conscience, mais de réelle implication de l'enreprise dans la vie de la cité (politis).



Dans le même temps, l'impression de craquement général où l'on nous parle de bonne gouvernance plaide pour que l'on trouve d'autres idées...



3. Le client devient militant / 3.2 Nouveaux modèles économiques

Bien entendu, on ne peut terminer (oui, c’est bientôt fini, promis) de telles réflexions sans aborder la question “mais combien ça coûte ?”. Il est clair que nous vivons une époque de transition, plus profonde qu’on ne le pense comme l’affirment les auteurs du livre “Les Netocrates” qui émettent l’hypothèse que nous vivons actuellement le même changement de modèle économique que celui qui a existé lors de la transition du Moyen Âge à l’ère industrielle...



La jurisprudence Radio Head (http://jbp.typepad.com/jb/2007/10/radio-head---le.html) est à cet effet intéressante puisque concernant un secteur où les acteurs économiques sont particulièrement concernés par ces évolutions.



Pour ceux qui n'auraient pas suivi, Radio Head, groupe de musique, a décidé de mettre à disposition son dernier album en téléchargement payant à la discrétion du client (le client décide lui-même du prix qu'il met). Le retour de la quête après le spectacle en quelque sorte. A ce sujet, il faut rappeler que Gustave Parking pratiquait ainsi  lors de ses spectacles : prix d'entrée très bas (de sorte à couvrir les frais de locations de salle) et quête à la fin du spectacle (vous complétez à hauteur de votre humeur).



L'expérience Radio Head permet toutefois de disposer d'une étude de marché grandeur nature et de terrain. Ce ne sont pas ici des intentions qui sont recueillies et analaysées. C'est une réalité concrète, qui est celle-ci après une semaine : 1,2 millions d'albums vendus, au prix moyen de... 8 dollars pièce. Près de 10 millions de dollars en une semaine, c'est pas mal, d'autant que c'est directement pour le groupe. En circuit de distribution traditionnelle, le groupe aurait dû attendre la vente de près de 6 millions d'albums (en considérant un prix de vente de 17 dollars - prix habituellement constaté, et une part de 10% pour les artistes - ce qui est généreux).



Il ne faut pas rêver, une telle opération n'est pas à la portée de tous les artistes. Radio Head n'est pas né d'hier et dispose d'une base de fans suffisamment importante pour pouvoir s'affranchir d'une maison de disque et d'intermédiaires de distribution. Ceci étant, cela donne matière à réflexions pour les "majors" de l'industrie musicale d'une part en ce qui concerne le prix moyen d'un album (un "sondage" réalisé auprès de 1,2 millions de personne qui sont passées à l'acte devrait être considéré avec sérieux), pour les artistes en herbe d'autre part qui ont tout intérêt à exploiter les réseaux sociaux pour se développer leur propre amorce de communautés de fans.



Il serait toutefois intéressant de disposer de la décomposition type du chiffre d'affaires d'un groupe musical entre vente de musique, concerts, accessoires (T-shirt et autres gadgets...). Cela permettrait d'éclaircir et positionner correctement le débat sur la vente de musique. On s'apercevrait peut-être que la vente de musique est la part la moins importante (mais je parle des artistes qui sont capables de se produire en concert, pas des compilateurs et autres samplers...). En ce cas, il serait logique de se dire que la diffusion de musique peut être considérée comme une action de promotion visant à faire connaître un artiste pour inciter les auditeurs à venir aux concerts et acheter des accessoires. Si j'osais pousser le bouchon, je dirais que les radios devraient revoir leur modèle économique arguant du fait que diffuser un artiste revient à lui offrir un espace publicitaire...



Pour autant , il est vrai qu’il est difficile actuellement de pouvoir prouver par “a+b” que le transfert des montants publicitaires d’un media de masse comme la télévision par exemple vers le Web garantira à l’entreprise le même impact sur ses ventes. Les études montrent pourtant régulièrement une désaffection des gens pour les médias traditionnels au profit des sites Web où l’on discute, on échange, on consulte, on entre en contact. On pourra toujours arguer qu’à la différence des medias off-line qui sont mesurées par des études, les medias on-line sont mesurées par des chiffres réels... cela ne convaincra personne (sauf les plus lucides) tant les habitudes sont ancrées et satisfont autant les acheteurs que les vendeurs.



Il ne faut simplement pas oublier que l’impact du Web existe alors que justement, les investissements  consentis par les entreprises sont encore en queue de budget. Comme le disait le patron d’Intel lors de la première vague Internet, il n’avait pas pris le temps de mesurer le ROI de ses investissements dans les nouvelles technologies, il constatait simplement que les entreprises qui investissaient et y allaient s’en sortaient, tandis que les autres disparaissaient.



Si l’on veut établir une prospective plus poussée dans le temps, on peut se demander si la prochaine étape ne fera pas du client militant un véritable mécène. L’entreprise proposera, les gens disposeront.



dimanche 5 octobre 2008

3. Le client devient militant / 3.1 Nouveaus défis pour les entreprises

L’identification des réseaux et des leaders de réseaux reste le coeur du problème pour les entreprises, première étape nécessaire afin de pouvoir être suffisamment fortes pour fédérer directement ces groupes qui sont autant de militants. J’ai évoqué le sujet un peu plus avant de la possibilité de cartographier (automatiquement ou “à la main”) les thématiques, les points de relais, leurs interconnexions.



Les entreprises sont confrontées par ailleurs à l’agilité et la créativité de la somme des particuliers. Cherchant à tirer profit des phénomènes individuels rencontrant des succès de relais parmi l’opinion, les entreprises et les agences qui les accompagnent, ont développé des mécaniques en se livrant à des jeux d’amateurs qui se sont bien souvent retournées contre elles. Partant du principe que le bouche à oreille entre individus est le moyen le plus sûr et le plus convaincant, les entreprises se sont dispersées au travers d’opérations de “buzz” marketing. Pour ma part, j’estime que l’on a plus souvent à faire à des opérations de « Pschitt marketing » dont l’effet retombe aussitôt, qui ne satisfont que peu de monde. Contrairement à ce beaucoup prétendent, il n’existe aucune recette garantissant le succès d’une opération. Cela relève d’une mécanique émotionnelle impossible à prévoir. Le “buzz” est une alchimie qui relève des mystères de la nature humaine. L’erreur est de considérer que l’on peut faire “à la place de” au lieu de fournir les outils ou de créer les conditions pour qu’un accident se produise.



Finalement, la solution est somme toute assez simple (à écrire, là, paisiblement, seul devant mon écran, un verre à la main...). Il s’agit pour l’entreprise de se retrouver, au sens de ses valeurs. Les gens n’adhèrent pas à un produit ou à un service. Ils adhèrent aux valeurs ; pas celles revendiquées du reste, mais celles qui sont ressenties. On vvoit bien qu’on est d’ailleurs ici encore dans l’affect. A l’entreprise donc de (re)trouver les valeurs qui lui sont propres pour permettre à ceux qui se sentent en affinités d’adhérer, et éventuellement de s’engager. 



samedi 4 octobre 2008

3.Le client devient militant

Ultime étape de ce que nous vivons actuellement dans la modification des relations entre les entreprises et leurs publics, le client devient un militant. Et c’est tout l’art des entreprises qui sauront exprimer des valeurs porteuses de sens pour les gens qui sauront tirer leur épingle du jeu.



Le modèle n’est pas nouveau : il procède de l’associatif, du partage (shareware, voire freeware dans le monde des logiciels), contributif, etc. C’est sa dimension planétaire et son institutionnalisation qui est en train de changer la donner. Qu’on l’appelle Web3.0, Web sémantique…etc. peu importe, la prochaine évolution est que le client sera car il s’identifiera à des valeurs qui sont les siennes, dans lesquelles il se retrouve et pour lesquelles il est prêt à se battre (à coup d’emails ou de commentaires, je vous rassure). Le client devient militant.



La notion de militantisme elle-même évolue. De durable à l’origine, le militantisme devient post-it et à la carte. On zappe d’une cause à une autre. On peut faire un don dans le cadre d’un Tsunami et ne plus revenir vers l’association à qui on a donné. On peut prendre la défense d’une entreprise un jour, et tirer à boulets rouges le lendemain. Selon l’humeur ou les convictions personnelles. De toute façon, ça n’engage à rien, tout est à portée de clic.



Il est à noter que la racine de militant (militantis) conduit naturellement au terme   militaire. Paradoxalement, recruter et fédérer des militants relève d’une stratégie martiale, non d’une simple lubie baba-cool.



De leur côté, les entreprises ont commencé par se jouer des frontières et règles étatiques (multinationales), mais l’évolution des normes juridiques leur a doucement mis la pression : le rapport social, le développement durable, la charte éthique… La vision négative est bien entendue de considérer que ces artefacts de rapports n’engagent pas vraiment l’entreprise. Beaucoup de bla-bla qui occupent les directions de la communication et intéressent les agences de communication Corporate. Mais si l’on y regarde de plus près, on se rend compte qu’au cours de la dernière décennie du XXe S, cette pression a tout naturellement conduit les clients à réellement s’interroger sur l’implication des entreprises à la vie de la cité, qui est mondiale. Nike fait produire ses chaussures par des enfants esclaves : appel au boycott. Total est accusée d’être impliqué dans le soutien de la junte militaire en Birmanie…etc.



Bien entendu, trouver des relais d’opinion au dehors de l’entreprise n’est pas non plus un phénomène nouveau. Mais les canaux utilisés jusque-là étaient clairs : principalement les medias, et pour les entreprises les plus avancées le marketing direct. C’est une époque pas si lointaine où l’on cherchait à qualifier des “ambassadeurs” de la marque. C’était l’époque où l’entreprise n’était pas confrontée à la contradiction spontanée, diffuse, massive.



Cette pression ne pouvait que prendre corps au travers du grand chambardement des réseaux sociaux. Par définition, les réseaux sociaux assemblent des personnes physiques. Autrement dit, ils excluent les personnes morales. Une entreprise qui essaie de dialoguer avec des publics ne peut le faire qu’au travers de représentants. Avec le risque que l’on identifie l’entreprise au représentant désigné. Avec la problématique de lâcher la bride au représentant désigné car il ne peut fonctionner au travers de circuits de validations ou de hiérarchise pesants.



 

vendredi 3 octobre 2008

2. Le client devient consomacteur / 2.3 Quand tout s'accélère

Avec la démultiplication des canaux d’expressions et des volumes de discussions, tout s’accélère pour l’entreprise qui se doit de re-découvrir la valeur du frottement (http://jbp.typepad.com/jb/2007/11/labsence-de-fro.html).



Le frottement est nécessaire à la valeur de toute chose. C’est un principe physique majeur que l’on semble de plus en plus oublier (consciemment ou non). Je pense qu’on pourrait analyser les évolutions de ces dernières années sous cet angle de la disparition des frottements dans les moyens de communication. Si j’étais courageux, je pense qu’il y aurait là matière à ouvrage... Cela me semble expliquer l'effet d'emballement général que nous avons tous l'impression de vivre.



Avec l’invention de l’imprimerie (vous voyez, ça remonte à un bout de temps quand même), on a réduit les frottements qui étaient liés à la copie d’une oeuvre. Dès lors, il a été plus facile de dupliquer et diffuser. Avec le développement de la société de consommation, on a ainsi cherché à exploiter ces facilités pour démultiplier les points de contacts (Mass Media).



Quelques années plus tard, avec l’informatique et notamment l’email, on a réduit les frottements liés à la production, et toujours à la duplication et à la diffusion. On a ainsi vu fleurir dans les entreprises des correspondances sur-diffusées à des personnes qui n’auraient jamais été destinataires auparavant. On a également vu fleurir les fameux “spams” qui engorgent toujours plus de boîtes aux lettres. Dès lors qu’une entreprise n’a plus à payer de papier ni de timbres pour correspondre avec des contacts, elle perd le recul nécessaire à la valorisation de ce qu’elle a à dire et à qui. On commence à mesurer les effets de la chute des coûts de communication (téléphone) avec le nombre exponentiel d'appels commerciaux que l'on reçoit désormais chez soi.



Quelques secondes plus tard, avec le développement du Web, et il y a quelques centièmes de secondes avec le WEB2.0 et le développement des réseaux sociaux, c’est la perte des frottements liés à la découverte et aux étapes de consolidation de la notion de contact, et enfin de celle d’ami qui a est venue accélérer le cours des choses. On a ainsi vu fleurir ce concept de buzz, qui pourrait bien être le “spam” de demain.



Contrairement à ce que l’on pense, le développement des infrastructures informatiques et des moyens de communications ne tend pas à améliorer et affiner la connaissance des cibles ou des clients. Par la perte des effets de frottements, cela développe en fait des mécaniques qui deviennent de plus en plus difficiles à contrôler. Sauf à s’interroger sur les frottements nécessaires à mettre en oeuvre, ou sur l'organisation permettant de supporter les facteurs d'accélération nouvellement créés.



Ce qui était une préoccupation devient un véritable défi. Les entreprises doivent désormais être en mesure d’identifier qui parle d’elle ? Où ? En quels termes ? Avec quel potentiel de diffusion ?



L’entreprise devient poreuse. Sur des sites comme Facebook, les gens entrent en relation aussi bien pour des raisons personnelles que professionnelles. La jeune génération (Y Generation) ne connaît pas forcément les règles pesantes des circuits de validation et de la hiérarchie de prise de parole. Un commentaire est si vite expédié. Une note sur un projet de l’entreprise est si vite publiée. “Oui, je dis sur mon site où je travaille. Mais c’est MON site.” Tel est en synthèse le fossé culturel auquel peut être confrontée l’organisation de l’entreprise.



Mais au-delà, de cette sphère relativement identifiable et personnifiée, se trouve la cohorte des gens qui ont un avis. Vous, moi, votre voisin, le lecteur résidant à l’autre bout de la planète. Ce peuvent être des avis individuels, groupés, organisés, ou épars... qui sait ? Même non organisée, la somme de ces avis peut constituer un fond de référence pour qui cherche des informations. La question est alors vraiment de pouvoir s’organiser pour dans un premier temps identifier ces sources d’informations de sorte à disposer régulièrement (en permanence ?) d’une photographie des masses de communications vous concernant. Si l’identification manuelle reste possible via l’utilisation de quelques moteurs ou sites spécialisés : Google, Technorati, Blogpulse, GoogleTrends...Etc. Il n’en reste pas moins que c’est un vrai travail de Titan qui nécessite une bonne maîtrise de ces canaux et surtout de ce que l’on recherche. Il reste que la veille de ces supports et l’analyse est forcément limitée sur le plan humain.



Les outils évoluent et l’analyse sémantique progresse. Quelques solutions existent ainsi qui permettent d’identifier les sources utiles (en partant d’un point de référence) et dégager les qualificatifs auxquels vous êtes associé. Le sujet est encore balbutiant, mais c’est vers ces domaines qu’il faut dès à présent se pencher. Les études d’images selon les méthodes traditionnelles sont très insuffisantes. Il faut dès à présent faire évoluer les organisations pour apprendre à gérer des masses phénoménales d’informations, clusteriser ces masses afin de se donner des points de repère, pouvoir identifier les signaux faibles qui peuvent préfigurer les crises de demain, ou de la journée. Bien entendu, la complexité suprême réside bien entendu dans le fait de pouvoir gérer des avis contradictoires... Il ne s’agit pas de faire plaisir à tout le monde. Cela n’aurait aucun sens. Si l’on définit en marketing des “cibles”, c’est bien qu’il existe des catégories de personnes qui ne sont pas dans la cible, qui seront enclines à être négativement critiques dès lors qu’on leur donne la parole. Est-ce si grave ? Par rapport à une “cible” souhaitée qui exprime un avis négatif ou une attente non satisfaite.



Identifier reste la première pierre de l’édifice. Il faut ensuite définir les messages à faire passer, les manières d’engager le dialogue, selon les cibles et les différents canaux de communication. On ne dialogue pas de la même manière au travers d’une plate-forme de réseau social qu’au travers d’un service de micro-blogging.



Une autre piste envisageable lorsque des thématiques et attentes fortes se dégagent peut être de créer des espaces de dialogue, des sites dédiés à une thématique de débat. Il est du reste conseillé de procéder ainsi pour plusieurs raisons. Le cadre d’un débat permet une modération qui peut être facilement comprise (c’est intéressant, mais c’est hors sujet...), qui se maîtrise mieux, qui permet de s’engager de manière plus volontaire et participative. Le débat ne consiste pas seulement à ouvrir un espace, faire un peu de saupoudrage de communication pour inviter les gens à prendre la parole. Il faut les remercier, les renvoyer à d’autres prises de paroles, expliquer ce qui a été compris de la prise de parole, ce qui va s’enclencher comme processus de changement ou d’adaptation au sein de l’entreprise, quand, comment...etc.



jeudi 2 octobre 2008

2.Le clien devient consomacteur / 2.2 L'entreprise obsolète

Le premier bouleversement pour les entreprises, qui commençaient à peine à apprivoiser ce nouveau canal de communication, est que le client dispose de la même puissance de prise de parole que l’entreprise. La barrière technologique s’est effondrée. Les entreprises sont confrontées à une réelle fracture numérique qui les rendent obsolètes au regard de leurs collaborateurs (http://jbp.typepad.com/jb/2008/06/les-entrepris-1.html). 
 



Il y a quelques années, il était préférable de se rendre dans son entreprise pour pouvoir disposer des dernières technologies de communication disponibles. Ces appareils derniers cris n'étaient pas à la portée de toutes les bourses, aussi était-il confortable de pouvoir les utiliser depuis le bureau. Quelque part, l'entreprise avait une dimension économique qui dépassait le salarié qui était reconnaissant de pouvoir disposer de ce confort.



Petit à petit, l'entreprise a perdu pied et il est arrivé que le dernier ordinateur, le dernier téléphone portable...etc. soit facilement disponible pour le particulier, quand le service achat se débattait dans des contrats pluri-annuels qui l'empêchaient de pouvoir renouveler simplement ces outils.



Ce qui est beaucoup plus grave actuellement est que cet écart entre ce qui est "librement", tout du moins simplement, disponible pour un particulier, se creuse en matière d'applications. L'intelligence applicative est en train de devenir plus forte hors des murs de l'entreprise...



Nombre de salariés ont ainsi de plus en plus de mal à comprendre pourquoi leurs applications informatiques ne ressemblent pas à ces réseaux sociaux qui permettent de rapidement trouver une personne et d'entrer en contact avec elles, à ces services d'agrégation d'informations qui permettent de se construire son media personnalisé quand l'Intranet ne met à disposition que du communiqué de presse sans saveur ou quand les accès Internet sont limités, à ces services de messagerie qui permettent de se grouper en noyau dur, à ces plates-formes qui permettent de facilement construire des albums photos, proposer des documents à télécharger, publier des contenus, publier depuis son téléphone mobile...etc.



Dire que le client dispose de la même puissance de prise de parole que l’entreprise porte des conséquences qui vont au-delà du simple fait de pouvoir mettre du contenu en ligne. Car le client qui s’exprime est plus agile, plus mobile, plus réactif. Pire, il est de plus relié à divers écosystèmes qui lui permettent de s’activer lorsqu’il reçoit des stimuli externes de gens qui lui sont proches (au sens du lien réseau, pas forcément au sens de la proximité humaine). Il peut lui-même être émetteur, ce qui signifie que lorsqu’il s’exprime, c’est rarement individuellement, mais comme le premier d’une longue chaîne.



Le marché devient donc une grande discussion qui ne s’arrête jamais. Le client s’exprime. Mais pas seulement. Il commente, il note, il classe…



L’entreprise qui maîtrise ce nouvel activisme s’impose (La Fraise). Celle qui ne veut pas tenir compte de cette implication volontaire ne cherche qu’à ériger des barrières (distributeurs de produits culturels, commissaires priseurs). 



 

mercredi 1 octobre 2008

2. Le client devient consomacteur / 2.1 Le WEB2.0

Le Web regorge de définitions relative au WEB2.0. Pas la peine d’entrer dans le détail, sauf éventuellement à vous renvoyer sur Wikipedia (http://fr.wikipedia.org).



L’adjonction d’un numéro de version ou d’évolution à ce qu’était le Web s’est imposé car le changement de paradigme est tout de même d’importance. D’une époque où la maîtrise technique était nécessaire pour publier une information sur le Web (écrire en HTML, transférer des fichiers via FTP...Etc.), on est passé à une époque où le formulaire permet à chacun de s’exprimer (les connaissances sont du niveau de maîtrise d’une boîte email) et où les applications sont de plus en plus accessibles sous forme de boîtes que l’on peut appeler, empiler, enchaîner... pour créer de nouveau services (voir le service YahooPipes de Yahoo!).



Vous voulez vous exprimer sur Internet ? Vous pouvez créer votre propre site à partir d’une plate-forme directement accessible et gérable en ligne (Blogspot, Wordpress, Typepad...Etc.). Vous voulez intégrer une gestion cartographique à votre site. Vous pouvez utiliser Google Maps. Vous souhaitez utiliser des photos ou des vidéos ? Vous utilisez Flickr, Youtube... Vous souhaitez relayer du contenu provenant d’autres sites ? Vous pouvez utiliser les flux RSS.



En fait, le WEB2.0 se caractérise par deux propriétés fondamentales : la modularité et la périphérie. La modularité s’exprime par les exemples donnés précédemment. Si l’on remonte d’un cran, on peut également percevoir cette modularité par le fait que le site Web n’est plus suffisant en tant que tel. Le Web se compose de réseaux de réseaux plus ou moins interconnectés qui imposent de pouvoir se déployer et s’exprimer sur chacun de ces modules. La périphérie exprime quant à elle cette propriété qui décrit une situation où la référence, le volume, la confiance parfois, ne sont plus au centre du dispositif émetteur. Ce sont tous les espaces d’expressions entre personnes qui font sens pour les personnes, plus que les émetteurs officiels.