jeudi 4 décembre 2008

Crise et médias sociaux

La question ne devrait même pas se poser. Bien entendu que les médias sociaux sont utiles dans les situations de crise. Comment peut-on écrire "De l'inefficacité des médias sociaux à couvrir l'actualité chaude" ? Aux références citées dans cet article, je préfère, de loin, la présentation relayée par MCB dans son article "Crise et médias sociaux : le cas Mumbai" qui fait également référence au très bon article de son collègue "Ma soirée Mumbay, ou pourquoi Twitter est désormais indispensable".

Le problème est qu'il ne faut pas tout mélanger entre les différentes formes de médias sociaux, depuis le micro-blogging jusqu'au réseau social. Chacun possède ses formes propres d'expressions et ses usages. Son utilité. Il faut ensuite être capable d'identifier les bonnes sources. Effectivement, rien n'empêche un blogueur esquimau de twitter qu'il y a des attentats à Bombay, mais ce n'est sûrement pas la source la plus légitime. Le "journalisme citoyen" ne trouve sa pertinence que dans la proximité à un évènement.

Etonnamment, je ne trouve dans aucun article une référence aux sources pertinentes de blogueur in-situ au moment de la crise. En même temps, je peux comprendre que l'on préfère dans ce type de crise, penser à sauver son cul, si ce n'est sa vie, que de s'amuer à jouer avec son téléphone pour devenir numériquement influent. S'il devait y avoir une application pertinente pour faire un premier tri des Twitter légitimes, ce serait sûrement un mashup avec Google Maps permettant de savoir d'où les gens envoient leurs messages (mais ça existe sûrement). Un peu à la sauce Twitxr pour les photos où l'objet du message sert à préciser le lieu d'où l'on envoie une image.

Ensuite, le deuxième filtre d'analyses à appliquer à un service comme Twitter c'est bien évidemment la deuxième vague. Ceux qui relaient vers les grands médias, les premières analyses de blogs... qui permettent une première prise de recul par rapport à un évènement pour en mesurer la portée.

Je cite Laurent Suply dans son article : "(...) Reste que, dans le cas d'évènements similaires, Twitter est
potentiellement la source la plus réactive (grâce à ce que j'ai appelé
la démultiplication des récepteurs sensoriels) et la plus exhaustive
(grâce à sa communauté mondiale).
"

Et plus loin dans les commentaires :
" De façon plus générale, il y a beaucoup d'infos (venues de Twitter
ou de médias) que je n'ai pas données sur lefigaro.fr car elles étaient
soit peu claires (les policiers et officiers anti-terroristes tués),
soit pas essentielles pour un lecteur français (par exemple les appels
au don du sang pour un hôpital de Bombay). De même, il y a eu une
certaine confusion sur les lieux des prises d'otages entre les noms des
différents hôtels (agences comprises d'ailleurs). Idem, pour les bilans
chiffrés, souvent les agences donnent des chiffres discordants, venus
de sources différentes. Il faut faire un choix.


Pour résumer: Twitter est pour l'heure plus un formidable outil
d'aide à la veille en direct, plus qu'un canal d'info brute. Comme on
dit en math, c'est un outil nécessaire mais pas suffisant. Mais de plus
en plus nécessaire quand même.
"


Enfin, il ne sert à rien de vouloir prêter à un réseau comme Facebook ce pourqoi il n'est pas fait. En l'occurrence, Facebook n'est effectivement pas la plate-forme idéale pour traiter de l'actualité chaude. En revanche, c'est une plate-forme hyper-réactive pour mobiliser dans le temps juste après.



2 commentaires:

  1. Pour les tweets géolocalisé, il existe une fonction dans TWitter qui le permet (lire notamment ce post de tristan http://blog.mendes-france.com/2008/12/02/twitter-et-geolocalisation-en-coree-du-nord/

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  2. @Palpitt : merci. Je me suis permis de corriger ton lien. La parenthèse à la fin générait une mauvaise URL.

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