vendredi 27 mars 2009

Pouvoir 1.0 / Pouvoir 2.0

Il y a beaucoup de choses écrites sur la fracture générationnelle (la fameuse Y Generation), la réalité de son impact sur le fonctionnement des entreprises. Il y a d'un autre côté beaucoup de discussions sur la pression de l'Internet Grand Public versus les services informatiques et web disponibles en entreprises, avec ce concept d'Entreprise 2.0 et son corollaire d'impact sur l'organisation, le fonctionnement et le management au sein des entreprises.

Il me semble que l'impact le plus certain de la jeune génération n'est pas tant dans la maîtrise des outils, sa capacité à contourner les maigres barrières que tentent d'ériger certains DSI pour interdire l'accès à ces services grand public qui n'ont, selon ces derniers, aucun rapport avec le caractère professionnel de ce qui doit être fait depuis un ordinateur basé dans un réseau d'entreprise. Rien que sur ce sujet, il y a aurait de quoi écrire un livre tant il paraît ahurissant que ce soit le gardien des clés qui décide quelles portes doivent être ouvertes ou non... Non, l'impact le plus fort apporté par les nouveaux services et usages d'Internet me semble être une différence fondamentale de la définition de ce qu'est la notion de pouvoir.

On a l'habitude de dire que le pouvoir appartient à celui qui possède l'information (Pouvoir 1.0). Or, tous ceux qui sont nés (ou pour qui c'est naturel dans leur nature humaine) avec les usages des réseaux sociaux, ont une conception toute diférente, pour ne pas dire diamétralement opposée, de cette notion de pouvoir. Pour ceux-là, le pouvoir appartient à celui qui transmet l'information (Pouvoir 2.0). Pour user d'une analogie rugbystique, le bon joueur est celui qui fait vivre le ballon, non pas celui qui cherche à tout prix à le conserver au risque de tuer la dynamique (d'ailleurs, celui-là se verra pénalisé, voire exclu temporairement).

On comprend mieux, lorsqu'on utilise cette grille de lecture, les blocages qui peuvent exister en entreprise pour tous ceux qui sont habitués à jouer le rôle de censeur vis-à-vis des autres (com interne, RH, knowledge manager...). On comprend également le problème pour les journalistes qui doivent inverser leur logique intellectuelle. On comprend enfin le problème pour les modèles économiques qui ne tirent plus leurs valeurs du stock, mais doivent se chercher du côté du flux. La valeur n'est plus dans le volume, mais dans le fluide. L'influence en ce cas ne se mesure pas en tant que liens entrants, mais en tant que liens sortants.





jeudi 26 mars 2009

Oracle : livre blanc sur le 2.0 pour les commerciaux...

Oracle s'intéresse donc au Web2.0 et à son utilité pour rendre les
commerciaux plus efficaces. De façon assez surprenante, Oracle commence
par critiquer la logique des outils CRM ("Le CRM utilise une approche «
descendante » pour automatiser les processus métier, collecter les
informations et analyser les données. Au lieu de se conformer à la
façon dont les commerciaux travaillent, l'application leur impose de
s'adapter à son propre mode de fonctionnement. "), voire la logique
applicative informatique au sens large ("Il y a un décalage évident entre les services offerts dans les applications et les réels besoins des commerciaux. " / "La plupart des applications ne sont pas intuitives."). Surprenant,
non ?, pour une entreprise dont le coeur d'activités repose quand même
largement sur ces systèmes applicatifs structurés au travers des bases
de données.


Le constat est toutefois assez juste : effectivement, les systèmes de
CRM en informatique traditionnelle sont plutôt mal perçus par les
équipes commerciales qui y voient plus un outil de flicage qu'un
support les aidant à développer leur activité ; la communication
informelle par mail reste le support d'échange privilégié (pour peu de
disposer des bons contacts).


Dans ce cadre, Oracle recommande donc de passer au CRM en réseau
social, au travers de sa solution sobrement baptisée "Enterprise
2.0". Les composants de cette offre sont détaillés en page 8 du
document : Oracle Sales Prospector, Oracle Sales Campaigns et Oracle
Sales Library.


Dommage, il manque peut-être quelques copies d'écrans des fonctionnalités concrètes que peuvent
offrir ces 3 services. A lire le détail, je pressens
(analyse émotionnelle) que si l'argumentaire est bien senti (encore qu'amusant au regard de l'histoire), la mise en
oeuvre relève de cette logique inhérente à la culture des éditeurs de
solutions logicielles de "mettre l'information à la portée des employés de l'entreprise". D'autant que le document insiste de manière
assez forte sur la légèreté de mise oeuvre (vous achetez, on installe
et ça marche. Tout le monde est ami. Tout le monde partage les
meilleures informations...) ne nécessitant pas de services
particuliers.


C'est probablement ce qui m'effraie le plus dans ce document de
"vendre" et résumer les problématiques de l'entreprise 2.0 à une simple
problématique de solution logicielle.

Sinon, pour ceux qui connaissent un peu le sujet, la première partie vous fournira quelques arguments forts bien synthétisés. Pour ceux qui ne connaissent pas le sujet... contactez-moi d'abord ;-)


Pour vous faire votre propre avis : http://www.cnetdirectintl.com/direct/fr/2009/oracle/0902_crm/register.htm





mardi 24 mars 2009

Bravo à la CCI du Loiret

Image 6
La CCI du Loiret a déployé un dispositif on-line très impressionnant, qui constitué certainement ce qui peut se faire de mieux actuellement.

Le site institutionnel : http://www.loiret.cci.fr, est réalisé sous Wordpress et permet en particulier d'agréger des contenus rédigés par des membres de la CCI qui disposent eux-mêmes de leur propre plate-forme de mise en ligne de contenus (Wordpress pour chacun d'eux).

Autour du site institutionnel, la CCI exploite l'ensemble des plates-formes et services de réseaux sociaux qui permettent ainsi à cet organisme d'occuper le terrain en créant un maillage favorisant sa visibilité.

On trouve ainsi :
- une page Netvibes public qui permet de mettre à disposition un ensemble de liens et services organisés au travers d'onglets sectoriels
- un espace vidéos sur Dailymotion
- un espace photos sur Flickr
- un compte Twitter
- ...

Vous pouvez aller lire une interview du chef de projet qui a eu l'intelligence d'impliquer les collaborateurs internes dans la mise en oeuvre de cette organisation :
Partie 1 : http://touline.blog.ouestjob.com/index.php/post/2009/02/11/Intranet-2.0-et-accompagnement-du-changement-%C3%A0-la-CCI-du-Loiret-1
Partie 2 : http://touline.blog.ouestjob.com/index.php/post/2009/02/16/Intranet-2.0-et-accompagnement-du-changement-%C3%A0-la-CCI-du-Loiret-2



lundi 23 mars 2009

Alliance géostratégique

Jean-Dominique Merchet, via son blog Secret Défense, signale la naissance du site Alliance géostratégique.

Cette initiative de l'Alliance stratégique
est d'autant plus intéressante que l'on traite ici d'un sujet
(relations internationales) qui n'est pas forcément très fun, qui ne
génèrera pas de buzz, mais qui confirme que l'appropriation du contenu
sur Internet a très largement dépassé le cadre des technophiles ou des
entreprises disposant des moyens pour prendre la parole.

Ce site est en fait une agrégation d'articles rédigés par différents auteurs qui ont chacun leur blog et mettent ainsi dans un pot commun leurs productions personnelles.

L'agrégation est possible grâce aux flux RSS qui permettent de relayer, dé-dupliquer tout contenu pour s'en servir comme source d'informations à tout type de supports imaginables : nouveau flux RSS, widget, contenu d'une rubrique, contenu d'un site...etc. Etant un flux de données à l'origine, on peut n'utiliser qu'un extrait ou l'entièreté du contenu. Encore une fois, il ne s'agit pas ici d'un problème technologique. Worpdress, comme plate-forme d'éditions, équipée de quelques plugs-in disponibles en libre service, suffit à être rapidemetn opérationnel.

Les entreprises ne perçoivent pas suffisamment fortement l'impact stratégique de cette technologie de structuration / exploitation de l'information. Qu'ils s'agissent des flux d'informations produits par des directions, des business units, des équipes projets, des filiales... ou des flux des "fans" de la marque, je vous laisse imaginer les supports d'informations que vous pouvez créer avec cela, tout en permettant de valoriser justement ces producteurs en leur confirmant qu'ils ne sont pas seuls.

Dans le cas de l'Alliance géostratégique, il est intéressant de noter que les articles sources sont repris complètement, à tel point que le débat via les commentaires, qui peut s'instaurer au travers de chaque article reste centralisé au niveau du site Alliance.

On ne peut s'empêcher dans ce cas de faire le parallèle avec l'évolution du métier de journaliste et de se demander quand est-ce que l'on cessera de penser en terme de cul-de-sac, autrement dit de se focaliser sur ses stats pour savoir combien de visites, combien de visiteurs...etc. Puisque l'on est dans un marché de conversations, l'important est que les idées circulent, non pas qu'elles soient stockées au risque de moisir.






vendredi 20 mars 2009

Entertainment, industrie du loisir

Attention, la vidéo à la fin de cette note risque de vous faire l'effet du Père Noël lorsque, enfant, vous avez découvert qu'il n'existait pas.

Les Américains ont développé le concept d'Entertainment, ou industrie culturelle, ou industrie du loisir. Le maître-mot finalement est "industrie". L'industrie consiste à définir des processus qui vont permettre la réutilisation, la réplication, la reproduction... pour produire en masse.

La grande force de Disney, c'est de ré-inventer les mêmes histoires, en modifiant ou modernisant la peinture et l'ambiance. Mais l'ossature reste la même... et l'on se rend compte que l'organisation industrielle, même quand il s'agit de fabriquer du rêve, reste une grande force des Etats-Unis.





jeudi 19 mars 2009

L'alchimie des multitudes - Forte recommandation de lecture

Chap_livre
Cet article est bien évidemment sponsorisé par Francis Pisani. Dans la mesure où il offre son livre (format PDF), c'est un juste retour des choses que d'en livrer son avis afin d'enrichir les discussions autour de son travail.

L'alchimie des multitudes, où comment le web change le monde" est un ouvrage de synthèse comme nous aimerions tous en écrire. Toutes proportions gardées et le talent en moins bien entendu, c'est un peu l'exercice en direction duquel j'avais tenté de m'approcher en regroupant quelques notes publiées sur ce site sous le titre du "client militant".

Le style est très simple et met sincèrement à la portée de tous, je pense, les innovations technologiques, les évolutions d'usages, les bouleversements sociaux engendrés par le Web ces dernières années.

Les chapitres peuvent se lire indépendamment les uns des autres, bien que je conseille la lecture dans sa continuité.

Je vous présente de manière très synthétique le contenu de chacun des chapitres de cet ouvrage, mais sachez que chacun d'eux est un concentré de thèses et pistes de réflexions qui mériteraient bien plus que ces quelques lignes.


  • Au chapitre 1, l'auteur ouvre la porte aux nouveaux usages induits par les réseaux sociaux, et notamment les différences qui se font jour avec cette fameuse Y Generation pour qui le pouvoir n'est plus à celui qui possède l'information, mais à celui qui la diffuse.

  • Au chapitre 2, on aborde les tensions entre cette sphère virtuelle et la réalité physique.

  • Au chapitre 3, on saisit la vitesse de préhension de ces nouveaux services par la mise en retrait de la complexité technique.

  • Au chapitre 4, on saisit l'évolution d'une culture du savoir à une culture du comprendre, qui s'appuie sur une foule immense d'acteurs et de contenus qui posent la question de la sagesse des foules ou de l'intelligence collective.

  • Au chapitre 5, l'auteur évoque les contestataires de la béatitude ambiante consistant à confondre simplicité technologique et intelligence humaniste.

  • Au chapitre 6, sont abordés les problématiques de modèle économique.

  • Au chapitre 7, il est question des évolutions en cours pour les organisations des entreprises (sujet qui m'intéresse au plus haut point).

  • Enfin, le chapitre 8 s'intéresse aux médias et à leur devenir dans cette remise en cause de leurs pouvoirs traditionnels.

  • Le chapitre 9 ouvre quelques pistes de réflexions sur les suites à attendre.


En fait, je me demande si ce livre ne devrait pas être obligatoire à tout dirigeant et cadre d'entreprise.
En fait, je me demande si je ne vais pas l'imposer à mes interlocuteurs avant tout démarrage de projets à l'avenir...





mercredi 18 mars 2009

Blogs de patrons, ça s'emballe...

En conclusion de ma note sur les stratégies de réseaux sociaux du monde politique, à l'instar d'Obama qui a prouvé que cela pouvait fonctionner (quand on respecte les règles), je pressentais que cela donnerait quelques ailes à des patrons qui ne supporteraient pas de ne pas pouvoir engager le dialogue de la même manière - selon la logique, si un politique prend un risque, c'est que les bénéfices sont là...

C'est effectivement le cas. J'avais noté il y a quelques jours l'arrivée dans le paysage du blog de Françoise Gri, présidente de Manpower France. Très bien fait sur le fond avec mise en pratique des règles de base d'une bonne prise de parole, sincère et personnelle (Bravo Nico !).

C'est au travers de sa note du jour (Quand démocratie entrepreneuriale et démocratie numérique se complètent) que je découvre un article du Figaro qui concerne l'opposition entre les entreprises IMS et Jacquet Metals (Jacquet Metals, le petit, se livrerait à une OPA rampante en direction de son concurrent IMS) et dont les patrons respectifs se livrent à une guerre de communiqués. Sauf, que le petit - Jacquet Metals, utilise le web et la communication via blog d'une manière assez directe pour porter le débat en place publique, et non au travers de médias interposés :
- Eric Jacquet pour IMS (on notera qu'Eric Jacquet ne se démonte pas en utilisant "ims" dans son nom de domaine..., après un premier échange qui a dû être "musclé" : http://www.jacquet.biz/note.html).

Image 4

IMS risque d'avoir du mal à se faire entendre, étant quasi introuvable en prise directe lorsqu'on le cherche sur Google ("blog IMS", "IMS", "IMS Jean-Yves Bouffaut"...). D'autant que "blog IMS" conduit vers une société "Infomedsolutions" qui risque de connaître une petite poussée de trafic bien involontaire...

Je ne sais quelle sera l'issue de cette affaire, et je me prononcerai encore mois sur le fond pour savoir si le projet d'Eric Jacquet est pertinent sur un plan industriel, mais toujours est-il que sur la bataille de communication, la cavalerie marque un point sur l'artillerie.

Pour les patrons qui hésiteraient à se "livrer" de la sorte en public, je vous recommande de commencer par vous exercer en interne. L'opposition sera moins forte ;-) si elle existe et vous pourrez travailler l'exercice dans un environnement propice. Et sait-on jamais, peut-être que les retours de vos collaborateurs pourront positivement vous surprendre et vous en apprendre...

Nota pour Le Figaro : incroyable de faire un tel article et de citer des blogs sans créer des liens directement dans l'article...



Micro-formatage des discussions

La nouvelle version de Facebook se rapproche définitivement du concept
de Twitter. Une réduction (concentration) des messages qui intensifie
la réactivité et le dynamisme des échanges. Peut-être au détriment du
fond, encore que l'on puisse envisager que le fond se définit par
agrégation de micros-interventions. Du reste, il est assez rare que
dans une conversation, quelqu'un monopolise la parole pour
systématiquement se livrer à de longues tirades structurées et étayées.


A n'en pas douter, c'est une vraie tendance de fond pour le futur des
plates-formes conversationnelles et autres réseaux sociaux. Du reste,
les initiatives sont nombreuses sur le plan des solutions utilisables
en interne aux entreprises pour digitaliser (donc capitaliser) ce fonds
informationnel fait d'échanges ponctuels. Vous pourrez trouver une
liste assez étendue à cette adresse :
http://www.web-strategist.com/blog/2008/09/08/list-of-enterprise-microblogging-tools-twitter-for-the-intranet/


Pour l'utiliser au sein de Carré de Ciel / Sociotis, Yammer est très
bien. J'ai noté par ailleurs l'initiative de la société Automattic qui
a développé un "Twitter like" à partir d'une solution Wordpress
Multi-user. A noter également Jointcontact qui mixe les principes du réseau social
professionnel avec les concepts de la gestion de projet (due date,
tâches...).


Le micro-message "impose" une forme spontanée d'expression qui casse
les codes de l'information formalisée sous forme de notes (mémos,
communiqués...). C'est une forme intéressante pour appuyer une volonté
de casser les barrières ou aplanir les organisations car elle est plus
facile à appréhender et à approprier pour les utilisateurs. Plus c'est court, plus on ose franchir le pas, sans crainte d'être noté (réminiscence scolaire).

Par ce
biais, on habitue plus facilement les employés à oser prendre la parole
- qui reste toujours le point d'achoppement de la mise en oeuvre d'une
plate-forme collaborative en environnement professionnel.











lundi 16 mars 2009

Blog interne à la SNCF

Les Echos rapportent que Guillaume Pepy, le patron de la SNCF, a finalement adressé une lettre d'excuses à la Deutsche Bahn après les avoir accusés il y a quelques mois d'avoir "piraté" un blog interne à la SNCF en déposant un message proposant aux salariés de la SNCF un lien vers des offres d'emplois disponibles à la Deutsche Bahn.

Il y a tout de même quelque chose d'incompréhensible dans cette histoire.

Si le blog de la SNCF en question est bien un blog interne, il paraît inconcevable que tous les échanges et discussions opérant sur cet espace ne soient pas subordonnés à une identification contrôlée (login + mot de passe).

Ce n'est pas parce qu'on utilise sur le plan technologique et fonctionnel une solution de type blog pour "libérer" un peu les échanges de communication interne, que l'on doit perdre de vue les BA-ba de la communication en interne. En l'occurrence, identifier et tracer toute expression afin de responsabiliser chacun. Il y a vraiment quelque chose qui m'échappe dans cette histoire...



samedi 14 mars 2009

Contrôle des connexions au boulot

Moi qui aime bien de temps en temps laisser libre cours à mon imagination, je n'aurais pas fait mieux que Bertrand qui a imaginé une situation pas si éloignée que cela de certaines réalités :
- contrôle des accès Internet;
- interdiction de fréquenter les services de réseaux sociaux;
- droit d'utiliser les moyens de communications professionnelles 24/24 mais pas pour des raisons personnelles (pas grave que vous traitiez les mails pros le dimanche, mais faute de passer un coup de fil de 2 minutes...);
- employés qui n'attendent qu'une chose, la fin de journée, pour pouvoir enfin travailler (paradoxal, non ?);
- jeunes qui "bypassent" tous ces systèmes, au risque pour le coup réel de travailler en place publique des sujets qui devraient être traités en interne
- ...

Bref, allez lire en n'oubliant pas qu'il faut toujours romancer la réalité pour qu'elle soit admissible.



mercredi 11 mars 2009

Elections européennes et réseaux sociaux

Si les Politiques s'y mettent, il n'y a pas de raisons que les entreprises ne suivent pas...

Les élections européennes sont au mois de juin prochain... et les
partis fourbissent leurs armes "obamesques", au travers de sites qui
sont forcément un peu plus participatifs que ce qu'ils voudraient
("ils", les politiques, finalement peu habitués à ce que les échanges
et synthèse s'opèrent en direct, préférant les anciens systèmes qui
permettaient de commander des études permettant de valider leurs
convictions, ou celles de leurs soutiens).

Mais Obama est passé
par là, prouvant que le concept de la "long tail" avait du sens en
politique, ne serait-ce que sur le plan financier. Je ne vais pas
dresser la liste exhaustive des initiatives de campagne que l'on peut
trouver, mais il est clair que la stratégie d'immersion dans le réseau,
si possible en occupant une position de noeud de communication (ou
"hub"), va être recherchée par toutes les têtes de listes (pas de
noeuds - pardon, je refairai plus...).

Image 1

Je vous signale ainsi le site de campagne de Michel Barnier (http://www.iledefrance2009.eu) qui est réalisé au travers de Ning
(service permettant de créer un réseau social sans se poser de
questions de développements, d'hébergements...etc.). Ce type de service
permet de gagner en efficacité (clé en main), même si sur le plan juridique, on peut
s'interroger sur la propriété des données personnelles des soutiens
militants qui créeront leur compte (cf. la page Privacy
dont la rédaction en anglais interroge...).

N'hésitez pas à citer dans
les commentaires les intiatives d'autres politiques que vous pourriez connaître de votre
côté
. Je ne voudrais pas vous laisser croire que je ne donne la parole qu'à une seule initiative (même si c'est pour moi la meilleure ;-).

Au passage, Le Point nous apprend que c'est Spintank qui conseille Michel Barnier (et pas l'UMP) sur ce sujet. Nicolas, qui n'en déplaise au Point n'est pas blogueur mais créateur et dirigeant d'un cabinet de conseil en communication, est sûrement un des meilleurs connaisseurs des organisations qui ont été mises en oeuvre aux Etats-Unis par les partis politiques et autres fondations de soutien. Mais la culture politique est là-bas autre qu'ici... et je suis impatient de découvrir le "story telling à la française" que l'on va nous offrir.

Le corollaire positif est que pour une fois les Politiques semblent un peu en avance par rapport aux Entreprises encore trop frileuses sur ces sujets - qu'il s'agisse de fédérer des clients ou des employés ou des partenaires. Cela motivera peut-être ces dernières à oser y aller, ne voulant pas devenir les nouvelles organisations ringardes, immobilisées par quelques baronnies de vieux éléphants.



mardi 10 mars 2009

Social Media à la NASA

La NASA a procédé à la mise en place d'un projet pilote de Réseau Social interne dont les conclusions sont mises en ligne par la société éditrice de la solution qui a été utilisée dans ce cadre, SocialCast.

Je reviendrai sur le point de lancement de ce projet pilote en fin de note. Je préfère démarrer par les points positifs.

Le
projet s'est déroulé en 2 phases. La première phase a démarré auprès
d'une centaine de collaborateurs identifiés et intéressés pour faire
partie de l'expérience. Le déploiement s'est fait rapidement puisque
cette première phase a duré 30 jours.

Le contexte proposé aux utilisateurs a été formalisé en 2 chapitres :
-
les règles de base ont clairement défini ce qui était interdit (pas de
contenus soumis à droits d'auteurs, périmètre d'utilisateurs limité
aux détenteurs d'emails type "@nasa.gov", contenus uniquement à caractère professionnel) et ce qui était autorisé (information personnelle sur la fiche de profil) ;
-
les règles de participation : (au moins) 5 questions / idées ; (au
moins) 2 réactions / commentaires ; fiche de profil obligatoirement
renseignée ;
- la présentation d'un certain nombre d'actions possibles

Ces
règles ont été présentées au niveau de la page de connexion afin de
s'assurer que tous les participants comprennent le périmètre du projet.
Elles sont claires et simples. Je trouve que l'idée de procéder ainsi
est très bonne.

Dans une phase 2 (30 jours), le périmètre a
été élargi, les utilisateurs pouvant inviter d'autres utilisateurs à se
joindre à la plate-forme.

L'étude donne quelques chiffres intéressants.


  • Ainsi
    de 87 utilisateurs au démarrage, le projet a concerné 293 personnes à
    la fin de la deuxième phase.

  • Au total : 79 questions (générant 561
    réponses), 40 idées (générant 250 commentaires) et 10 notes (générant
    79 commentaires) ont été mis en ligne sur cette période.

  • Enfin, le
    contenu a été indexé au travers de 391 tags sur la période, dont 127
    utilisés 2 fois.

  • Dans les modes de participation et d'échanges, on
    trouve la confirmation d'un fort décloisement organisationnel et
    géographique.



Le point qui me chiffonne personnellement quant
à ce projet est l'absence d'objectif initial autre que de déterminer
l'intérêt de mettre à disposition un service de réseau social
professionnel. C'est ainsi que l'étude récupère en fin de partie la
liste d'un certain nombre de projets transversaux sur lesquels les
différents participants travaillent. Je pense qu'il aurait plutôt fallu
commencer par là : identifier des projets transversaux et parmi ces
projets, des noyaux de collaborateurs "moteurs". Ceux-ci se seraient
chargés d'étendre les invitations aux autres membres du même projet à
partir du moment où ils auraient considéré le service comme efficace et
utile à leur projet.

Je ne comprends pas ces démarches
consistant à installer un traitement de texte pour savoir s'il est
utile d'avoir un traitement de texte pour produire du contenu, ou une
messagerie pour savoir si c'est un service utile à la communication
entre collaborateurs... Personne n'aborderait le sujet ainsi. Enfin,
personne ne devrait aborder le sujet ainsi, au risque de donner un côté "gadget" à ce genre de démarches alors qu'on est plutôt sur des sujets de meilleure productivité et d'organisation générale.



lundi 9 mars 2009

Bookmarking interne et veille économique

Piste de réflexion pour mettre en oeuvre un site de veille collectif en
s'inspirant de référents comme Delicious, Digg, Wikio...


Chaque employé dispose en général de ses propres sources
d'informations. Il construit au fur et à mesure son propre
environnement d'informations, qui va bien au-delà des magazines
professionnels ou autres sources d'informations poussées en interne.
Chacun a ses habitudes, que ce soit au travers de l'abonnement à la
Newsletter jusqu'à celui qui s'abonne aux flux RSS via un intégrateur
(Google Reader, Netvibes, NetnewsWire...).


Image 1
La richesse (fonctionnelle) des sites grand public de partages de
sources d'informations provient de l'agrégation collective de ce que
chaque membre estime être intéressant, pas uniquement pour soi, mais
également pour les autres. Et c'est au travers du croisement entre les
sources d'informations personnelles que l'on propose, qui sont communes
à d'autres utilisateurs que l'on se découvre des atomes crochus, que l'on identifie de nouvelles sources d'informations et que
l'on développe ses contacts.


Sur un plan interne, la connaissance de son environnement passe par une
veille sectorielle souvent confiée (et limitée) à quelques personnes
relevant en général de la direction des études. Ces quelques "happy few"
sont mandatés pour déterminer les sources d'informations intéressantes
(pull) et qui elles concernent (push). Cette organisation est dépassée,
sans pour autant être inutile dans la mesure où elle peut évoluer en animateur de communautés de veille.


Mettre à disposition des employés un site leur permettant de référencer
des sources d'informations qui leur semblent utiles dans le cadre
professionnel permet de démulitplier le sourcing de sa veille de
marché, tout en permettant de dégager des sources communes (sources
référencées par différents collaborateurs) qui s'imposent dès lors
comme des sources de référence, enfin de bâtir un fonds d'informations
qui se capitalisera avec le temps.


La mécanique doit être simple et il faut dans ce cas envisager des
petits utilitaires type "bookmarklet" qui permettent de référencer en
un clic une info intéressante. Les premières sources peuvent être
imposées (retour à l'équipe en charge des étdues sectorielles) afin de
mettre à disposition le "minimum vital", tout en permettant
l'enrichissement collectif progressif. C'est à ce stade qu'il peut être
nécessaire d'organiser des ateliers pour expliquer comment référencer
une information, comment la qualifier (commentaire de présentation
complémentaire, taggage..). Le principe de votes permettant à chaque
employé de valider l'utilité d'une information permet de dégager les
informations importantes à l'ensemble. Enfin, une classification par
"chaînes" (traduites sous formes d'onglets) correspondant aux
différents métiers de l'entreprise permet à chacun de pouvoir se
concentrer sur les sources qui le concernent au premier plan.


Sur le plan technique, pour les entreprises qui supportent
l'open-source, il existe des solutions simples à mettre en place (1/4
d'heure - si, si...) qu'il faudra bien entendu un peu adapter (côté
technique par intégration avec le système d'annuaire d'entreprise pour
créer les comptes, côté deisgn pour l'habiller aux couleurs, côté
fonctionnel pour adapter "à la marge" les règles d'organisation des
informations). Il est surprenant que les entreprises ne se lancent pas
plus avant dans ce genre de dispositif simple à déployer et à
s'approprier pour les employés qui peuvent par ailleurs y trouver un
service valorisant leur culture de partage (les plus actifs, les mieux
notés...).









jeudi 5 mars 2009

Et si finalement l'écriture...

Late sixteenth-century Italian cursive on pape...Image via Wikipedia

Et si finalement l'écriture avait été une grosse connerie bêtise dans l'histoire de l'humanité ? Et si finalement, l'écriture avait fait perdre une grosse partie de son savoir à l'humanité ?

Nombre de civilisations ont vécu et développé une connaissance de la proximité de leur environnement en fonctionnant uniquement avec un mode de transmission oral. Il en a fallu du temps certainement avant de classifier ce qui était comestible de ce qui ne l'était pas, ce qui soignait telle ou telle maladie, en fonction de dosages particuliers, ou de préparations. Pourtant, tout cela s'est fait sans écriture. La mémoire collective a progressé malgré l'absence de ce support de transmission du savoir. Elle a survécu et même progressé dans certains domaines qui ne sont toutefois que techniques, tandis qu'elle a reculé dans d'autres domaines dont celui (pourtant essentiel) de notre survie au sein de l'écosystème. Le thème développé dans "Into the wild" où le personnage principal est obligé de fonctionner avec un livre pour distinguer les bonnes plantes des mauvaises afin de réaliser son objectif d'auto-suffisance. Et pourtant une erreur d'interprétation lui fait commettre l'irréparable.

Il est envisageable qu'à ce stade du développement technologique et des usages des générations à venir, la parole reprenne le dessus et l'écriture disparaisse... Plus facile de parler que d'écrire (on parle à la vitesse de sa pensée, tandis qu'on est ralenti par l'exercice d'écriture). Plus facile d'écouter que de lire. Le retour du griot et du troubadour, mais digitalisé...




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mardi 3 mars 2009

Born to be native

Je suis toujours admiratif de ces études qui établissent des classements, des profils... un peu à la manière de ces grands ethnologues analysant les peuplades reculées pour les passer aux tamis de nos grilles de lecture anthropomorphiques (ça, c'est une peau de banane...), mais globalement en moins bien quand même car au niveau de l'analyse marketing, le découpage en tranches, en cercles, en nuages... ne sert qu'à identifier des espèces de clusters à qui on va pouvoir adresser un discours, un produit ou un service industrialisé. Si avec cette phrase, je ne suis pas classé dans le concours des plus longues phrases...

Ils commencent donc à entrer dans le langage courant qu'il y a des "digital native" (d'ailleurs un découpage sociologico-marketing a beaucoup plus de valeurs lorsqu'il est exprimé en anglais), des "digital migrants"... Et cela explique tout ! Les écarts d'incompréhension entre les jeunes et les anciens (auparavant, on impliquait les modernes), le blocage des entreprises à s'internetiser...etc.

Il en est même qui nous explique que les "digital native" lisent moins de livres qu'avant (c'ets le ministère de la culture qui a fait une étude, c'est vous dire si c'est vrai). Evidemment, on ne parle pas dans cas des diplodocus native qui lisaient encore moins de livres et qui se faisaient engueuler pareil lorsqu'ils taguaient les parois de la caverne (alors que Pierreàfeu venait de refaire la grotte à la chaux).

Heureusement, il existe des initiatives tendant à montrer que, par une espèce de retournement de cycle, l'écriture n'est peut-être pas le forme ultime de transmission des savoirs à l'heure où l'on peut compiler des images, se filmer, s'enregistrer et diffuser...