jeudi 5 mars 2009

Et si finalement l'écriture...

Late sixteenth-century Italian cursive on pape...Image via Wikipedia

Et si finalement l'écriture avait été une grosse connerie bêtise dans l'histoire de l'humanité ? Et si finalement, l'écriture avait fait perdre une grosse partie de son savoir à l'humanité ?

Nombre de civilisations ont vécu et développé une connaissance de la proximité de leur environnement en fonctionnant uniquement avec un mode de transmission oral. Il en a fallu du temps certainement avant de classifier ce qui était comestible de ce qui ne l'était pas, ce qui soignait telle ou telle maladie, en fonction de dosages particuliers, ou de préparations. Pourtant, tout cela s'est fait sans écriture. La mémoire collective a progressé malgré l'absence de ce support de transmission du savoir. Elle a survécu et même progressé dans certains domaines qui ne sont toutefois que techniques, tandis qu'elle a reculé dans d'autres domaines dont celui (pourtant essentiel) de notre survie au sein de l'écosystème. Le thème développé dans "Into the wild" où le personnage principal est obligé de fonctionner avec un livre pour distinguer les bonnes plantes des mauvaises afin de réaliser son objectif d'auto-suffisance. Et pourtant une erreur d'interprétation lui fait commettre l'irréparable.

Il est envisageable qu'à ce stade du développement technologique et des usages des générations à venir, la parole reprenne le dessus et l'écriture disparaisse... Plus facile de parler que d'écrire (on parle à la vitesse de sa pensée, tandis qu'on est ralenti par l'exercice d'écriture). Plus facile d'écouter que de lire. Le retour du griot et du troubadour, mais digitalisé...




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5 commentaires:

  1. Je ne sais pas si tu dis cela à cause de notre co-conférence de hier à l'ENC et suite à ma prise de position sur les "hypomnématas".... Mais oui, comme tous les supports de mémoire, l'écriture a un caractère bifide et a le pouvoir de tuer ou de soigner comme le film "into the wild" le montre très bien. Toutefois, le langage présente la même caractéristique puisqu'il peut aussi bien être sophistique que dialectique...Et oui.......

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  2. le probleme c'est que parler et ecouter cela prend beaucoup de temps et c'est souvent tres gonflant. alors que lire... on peut lire tres vite et reperer ce qui nous interesse.

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  3. Pour aller plus loin, voir le disours de Socrate sur l'écriture et sa réaction à la proposition de Phèdre... La transmission du savoir se devait d'être orale...En relisant Socrate, finalement, j'ai l'impression qu'il avait déjà inventé le one to one car il justifiait ainsi la suprématie de l'oral sur l'écriture. Platon condamnera par la suite les sophistes et leur rhétorique.

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  4. personnellement pour la transmission orale dans mon domaine de travail : la magie. Actuellement particulièrement détérioré par la sur-information internet et l'accès facile à beaucoup de données . La tradition orale et la relation maître apprenti permettait un apprentissage constructif , guidé et donc beaucoup plus efficace ( basé sur la réflexion obligatoire , le travail et la recherche ) qu'au flou artistique et la volonté d'indépendance magique mais surconsommer d'informations. Les pythagoriciens avaient un côté qui me convenaient bien ( même si je ne les ai pas connu personnelement)

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  5. Je ne suis personnellement pas du tout convaincu par l'idée que "[la mémoire collective] a reculé dans d'autres domaines dont celui (pourtant essentiel) de notre survie au sein de l'écosystème."
    L'immense majorité des humains d'avant l'écriture avaient un écosystèmes beaucoup plus limité que nos contemporains, tant dans l'espace physique (quelques dizaines de kilomètres autour de leur lieu de naissance) que dans l'espace social (la famille, le clan dans ses diverses variantes). Le notre est incomparablement plus vaste et par conséquent comparer les deux n'a pas réellement de sens.
    Ceci explique qu'à mon avis, l'exemple d' "Into the wild" est cité à contre-sens. C'est précisément parce qu'il dispose d'un livre (et de tout un tas d'autre choses comme des cartes et des moyens de transport lui ayant permis d'arriver là où il se trouve) que le héros peut envisager de survivre dans un environnement qui n'est PAS son écosytème natif. Certes il échoue, mais bien plus malgré le livre qu'à cause de lui.
    Enfin, avec tout le respect du, je tiens pour une énorme contre-vérité l'idée qu'on "parle à la vitesse de sa pensée" et que donc l'écriture soit un frein à celle-ci. Je mets personnellement au défi quiconque a écrit ou réagi à ce post, par exemple, de pouvoir créer, ou restituer de manière répétable à un moment ultérieur, ce qui écrit ci-dessus mais avec un niveau de clarté et de complétude équivalent mais ... par oral.

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