vendredi 27 mars 2009

Pouvoir 1.0 / Pouvoir 2.0

Il y a beaucoup de choses écrites sur la fracture générationnelle (la fameuse Y Generation), la réalité de son impact sur le fonctionnement des entreprises. Il y a d'un autre côté beaucoup de discussions sur la pression de l'Internet Grand Public versus les services informatiques et web disponibles en entreprises, avec ce concept d'Entreprise 2.0 et son corollaire d'impact sur l'organisation, le fonctionnement et le management au sein des entreprises.

Il me semble que l'impact le plus certain de la jeune génération n'est pas tant dans la maîtrise des outils, sa capacité à contourner les maigres barrières que tentent d'ériger certains DSI pour interdire l'accès à ces services grand public qui n'ont, selon ces derniers, aucun rapport avec le caractère professionnel de ce qui doit être fait depuis un ordinateur basé dans un réseau d'entreprise. Rien que sur ce sujet, il y a aurait de quoi écrire un livre tant il paraît ahurissant que ce soit le gardien des clés qui décide quelles portes doivent être ouvertes ou non... Non, l'impact le plus fort apporté par les nouveaux services et usages d'Internet me semble être une différence fondamentale de la définition de ce qu'est la notion de pouvoir.

On a l'habitude de dire que le pouvoir appartient à celui qui possède l'information (Pouvoir 1.0). Or, tous ceux qui sont nés (ou pour qui c'est naturel dans leur nature humaine) avec les usages des réseaux sociaux, ont une conception toute diférente, pour ne pas dire diamétralement opposée, de cette notion de pouvoir. Pour ceux-là, le pouvoir appartient à celui qui transmet l'information (Pouvoir 2.0). Pour user d'une analogie rugbystique, le bon joueur est celui qui fait vivre le ballon, non pas celui qui cherche à tout prix à le conserver au risque de tuer la dynamique (d'ailleurs, celui-là se verra pénalisé, voire exclu temporairement).

On comprend mieux, lorsqu'on utilise cette grille de lecture, les blocages qui peuvent exister en entreprise pour tous ceux qui sont habitués à jouer le rôle de censeur vis-à-vis des autres (com interne, RH, knowledge manager...). On comprend également le problème pour les journalistes qui doivent inverser leur logique intellectuelle. On comprend enfin le problème pour les modèles économiques qui ne tirent plus leurs valeurs du stock, mais doivent se chercher du côté du flux. La valeur n'est plus dans le volume, mais dans le fluide. L'influence en ce cas ne se mesure pas en tant que liens entrants, mais en tant que liens sortants.





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