vendredi 24 avril 2009

Analyse de site Web avec la méthode de la matrice SB

Timthumb Salah-Eddine Benzakour a développé une méthodologie intéressante je trouve pour analyser le positionnement d'un site Web par rapport à des critères de fonctionnalités proposées (abscisse) Vs. des critères de notoriété et page rank (ordonnée), soit de visibilité.

Je vous conseille donc la lecture de ses 3 notes sur le sujet :
- le principe de base de la matrice SB
- une étude de cas
- et finalement, les stratégies par position

Comme il l'indique dans sa première note relative au principe de base, on dispose de nombreuses matrices relatives à des stratégies d'entreprises (BGC, Mc Kinsey...), mais peu de choses existent pour positionner simplement un site sans passer par les analyses abscons de statistiques, notamment dans un exercice pédagogique pour une direction générale.

Comme toute méthode, il y a sûrement des choses à préciser, mais je trouve la démarche intéressante, pragmatique et pleine de bon sens.



dimanche 19 avril 2009

L'art du story telling

Le Story telling est-il en train de devenir la nouvelle forme d'expression littéraire ? Le roman va-t-il subir le même sort que la poésie, soit devenir un art mineur ?

La prose comme nouveau moyen d'expressions. Première libération du cadre. Fini les césures, les comptes en pied, les hiatus, les rimes riches, croisées...etc. Le sujet objet devient l'Homme et ses sentiments, ses passions, ses contradictions. En tant qu'être seul ou composant d'une multitude. En fait, c'est souvent la résultante de l'Homme qui importe. Ce qu'il est en lui (psychologie) ou ce qu'il réalise. Le roman c'est l'art de l'Homme en action, dans sa quête du sens. Y compris pour des auteurs (Beckett par exemple) concluant que le sens n'existe pas, ce qui n'empêche pas la démarche de la quête.

Le Story telling, discipline apparue récemment,  nous raconte l'Homme en situation. C'est le story telling qui nous pousse à croire un rédacteur d'avis, de blogs, d'analyses ; qui nous pousse à vouloir échanger et partager avec lui. Le story telling ne fonctionne toutefois pas au travers d'un support unique (éclatement physique sur différents supports), ou d'une continuité temporelle (éclatement de la linéarité). C'est au travers de ce que nous le percevons en tant qu'être, que nous acceptons de croire à son histoire. Comme dans toute création artistique, il y a des joyaux et des navets. N'en déplaise à ceux qui dénoncent cette lubie des classements. Cela a toujours existé. Relisez Apollinaire qui décernait (manifeste de 1913) des "roses" et des "merdes". C'était autrement plus classe et poétique, et sûrement plus couillu, que de se contenter de décerner des positions comme le font nos classificateurs acculturés actuels. A leur décharge, il se targue de ne manipuler que des bits...

Dans le roman, les héros n'ont quasiment jamais d'enfants. le héros se suffit à lui-même. Une progéniture serait le risque de se diluer (perpétuer) dans le temps. C'est en ce sens que l'on peut dire que le story telling est une nouvelle étape dans l'assouplissement des règles. En contrepartie, le story telling doit intégrer un réalisme qui fait perdre la romance, sans l'éliminer pour autant.  Le roman est ce qui permet d'exprimer l'indicible. Il
permet de mâtiner le récit de ce vernis poétique qui permet de
représenter la réalité.

Le côté obscur de ce type d'exercice est que la matière est encore plus simple que la prose, et c'est là qu'interviennent les entreprises qui veulent nous raconter les aventures auxquelles elles rêvent. A qui Appoliniare décernerait sans hésitation aucune une merde... Ces êtres vivent des aventures qui correspondent au client idéal, ou modèle. Malheureusement, ce que nous perdons au passage, c'est cette dimension métaphysique du personnage. Même lorsqu'on nous présente le protagoniste : "Sylvie, 32 ans, mère de 2 enfants se demande comment faire de chaque goûter un moment de fête tout en apportant l'équilibre nutritionnel nécessaire à la croissance de ses enfants...", finalement on ne sait rien de Sylvie, ses passions, ses doutes, la manière dont elle aime se faire prendre, ses vices et ses vertus ; son existence en tant qu'être en quête existentielle. Pour le coup, c'est tellement factuel que cela ne peut être vrai.  Ce qui fait défaut bien souvent à l'exercice de story telling pratiqué par les marchands du temps, c'est l'absence de la couche romanesque, renforcé par le vernis poétique.

Conclusion 1 : En fait, si l'on considère donc le story telling comme une nouvelle évolution de l'expression culturelle, on conseillera aux entreprises de ne pas y aller elles-mêmes. Proposez leur de faire une sculpture, elles comprendront vite leur incompétence. Cela ne signifie pas pour autant que l'entreprise n'a pas un rôle de mécène à supporter et valoriser cette nouvelle forme d'expressions.

Conclusion 2 (en forme de digression) : Si l'on voulait s'amuser à commettre un acte révolutionnaire, on inventerait un système où l'on s'exprimerait en alexandrin, soit douze pieds, soit approximativement 45 caractères. Pas plus, pas moins non plus.

sur les longues avenues marchandes, Sylvie (45 caractères)
s'interrogeait sur l'apport nutritionnel qu'elle
devrait à ses deux enfants, offrir comme son sein. 

On en était pas loin avec Twitter, mais 140 caractères, c'est franchement trop long pour faire du story telling de qualité.

 

mercredi 8 avril 2009

Ne me demandez pas de vous expliquer comment faire votre métier...

Andrew
McAfee, professeur de gestion à l’université d’Harvard, est le premier
à avoir tenté d’apporter une explication raisonnée des impacts du web
sur l’entreprise. L’une de ses principales recommandations est que «
les spécialistes des technologies de l’entreprise 2.0 ne doivent pas
essayer d’imposer aux utilisateurs des idées préconçues sur la façon
dont le travail devrait être fait ou comment les résultats devraient
être organisés ou structurés. À la place, ils doivent construire des
outils qui laissent ces aspects, spécifiques au savoir-faire des
métiers, émerger seuls ».
(Extrait de Cf. Pisani http://alchimiedesmultitudes.atelier.fr P.187)

Le problème est que "technologie" induit "technique" qui induit "informatique". Or, on a vu les dégâts que pouvaient occasionner des projets de conduite du changement orchestré par des "techniciens-tropistes". Il est certain que les usages doivent se définir par les utilisateurs, même si le cap doit être clairement établi au démarrage. C'est sur ce dernier point qu'il est essentiel que la Direction soit impliquée (d'ailleurs son appellation l'y incite à indiquer la voie...). Toute la différence entre un projet informatique et un projet 2.0

C'est toute la difficulté d'ordonner (je carricature) aux collaborateurs de prendre la parole et de s'exprimer, et de vouloir leur imposer pour ce faire des modes de fonctionnements ou d'organisations très "processisés". On ne peut pas forcer les gens à échanger, à discuter. C'est en ce sens qu'il faut travailler par l'influence, sans négliger le rôle du leader qui va tirer vers le haut tous ses petits camarades.

Je ne saurai donc vous expliquer comment faire votre métier. En revanche, je saurai très bien vous montrer ce que vous pouvez obtenir des autres, dans la mesure où vous les solliciterez correctement. Après, que vous le fassiez au travers d'une pièce jointe plutôt que d'un message, d'une question directe plutôt que d'un sondage... peu importe.




lundi 6 avril 2009

Le problème du Middle Management

Le "middle managament" a un problème. Le "middle management" est un
intermédiaire. Le web tend à détruire les intermédiaires, qui
n'apportent aucune valeur ajoutée. Et au regard des tendances d'organisation des dernières décennies tendant à industrialiser et segmenter (à Fordiser) jusqu'aux activités intellectuelles, il est à craindre que ces employés, travailleurs à la chaîne du savoir, de l'innovation, du capital humain... se retrouvent clairement mis en cause.  


La phase visible de l'iceberg des profondes mutations d'usages induites
par les évolutions technologiques se cristallisent actuellement sur le
secteur de la presse. Pourtant, il n'y a pas un problème du
journalisme. Il y a un problème de media. A savoir que les
organisations faites pour produire du papier doivent se repenser et
repenser le périmètre d'activités de leurs membres. Ceux-ci doivent
avoir les moyens de développer leur propre audience, sous couvert de la
Marque qui garantit la pertinence de la source. C'est dans le
renouvellement de la position d'intermédiaire que les journalistes et
les entreprises qui les emploient doivent se ré-inventer.


Mais au-delà de ce secteur, j'ai le sentiment que plus ces technologies
et usages d'expressions directes s'imprègnent dans l'entreprise, plus
il devient difficile pour les "courroies de transmission" de jusitifier
de leur valeur ajoutée. C'est d'ailleurs bien souvent à ces étages que
les blocages existent de refuser une expression directe de la direction
auprès de la base, avec possibilité pour cette dernière de réagir. Pour
cette catégorie de professionnels, il faut également engager cette
réflexion de ré-invention pour re-créer de la valeur dans son rôle
d'intermédiation, qui ne doit plus simplement consister en un simple
filtre des échanges entre les étages du haut et du bas, mais qui doit
trouver un rôle de "hub individuel", de moyeu qui permet la dynamique
des échanges.



mercredi 1 avril 2009

Le souci du détail et le sens du terrain

Jeff Bezos, l'emblématique fondateur et patron d'Amazon
est allé passer une semaine complète au rang de simple "manu" dans un
de centres de distribution de son entreprise. Il ne s'agit pas ici d'un
effet de manche puisque photos, vidéos, interviews... ont été
interdites.


Simplement, un patron qui ne perd pas de vue que c'est sur le terrain
que ça se passe ; que c'est du terrain que peuvent émerger les
meilleures remontées d'informations ou idées.


Un peu comme si un patron d'entreprise engageait directement le
dialogue avec l'ensemble de ses collaborateurs, sans passer par le
filtre des managers ou conseillers. Un peu comme si un patron
d'entreprise se contentait de lire et commenter des groupes de
discussions (communication Employee to Employee), sans forcément se
poser en donneur de leçons (communication Top Down). Les solutions de plates-formes conversationnelles existent ;-) Il faut juste des patrons ayant le souci du détail et le sens du terrain...