lundi 8 juin 2009

Home, quelles suites concrètes ?

Le film de YAB est un bon film... sur le constat. Dans la droite ligne de la grande qualité des Français, mais également de leur pêché mignon, le constat, la synthèse de situation est excellente, mais cela ne va pas plus loin. On a du mal à la fin du film à savoir ce qu'il faudrait faire pour tenter de remédier à cette catastrophe. On se sentirait presque tétanisé, si ce n'est désabusé.

Pour ma part, j'en retire quelques pistes de réflexions pouvant impacter différents niveaux de société.

Si comme on peut le constater dans le film, Dubaï est un crime écologique, comment peut-on remédier à ce problème ? Soit on tape sur Dubaï et on s'interdit toutes relations tant qu'ils ne prennent pas des mesures adéquates pour ne plus faire dépendre leur développement du pétrole, soit on tape sur les entreprises qui "collaborent" à ce système (tous les grands groupes de construction) dans la mesure où ils ne remettent pas en question leurs méthodes de construction. Taper sur Dubaï ? Cela relève de relations étatiques, au niveau de la diplomatie. Taper sur les groupes de constructions ? Cela relève de la responsabilité des actionnaires, des banques, des actionnaires des banques...etc.

Concernant le secteur de la pêche, ne serait-il pas envisageable d'interdire les bateaux usines ? Tout du moins d'en limiter la taille ? Bien entendu, ce problème relève de l'OMC, de l'ONU, des normes applicables sur ce secteur... Encore une fois, la diplomatie doit rentrer en ligne de compte pour faire pression sur les Etats qui seront récalcitrants dans la mesure où le secteur Pêche constitue pour eux un pilier économique. Les citoyens en tant que tels peuvent être actifs en refusant de collaborer à ce crime écologique.

Puisque l'eau va devenir un enjeu stratégique certain ces prochaines années, peut-on continuer à accepter ce commerce des bouteilles d'eau minérale ? Dans la mesurer où dans l'ensemble des pays civilisés, l'eau distribuée par les réseaux publics est potable, quelle est la réelle nécessité de s'abreuver avec de l'eau vendue en bouteille ?

Les fruits hors saison ne constituent-ils pas une hérésie ? Ne faudrait-il tout simplement pas boycotter ce genre de consommations ?

...etc.

Le problème avec le film de YAB, c'est que je ne trouve pas de vision sur la manière de s'en sortir. De même que je m'interroge sur cette initiative vis-à-vis d'autres organisations : Nicolas Hulot, les partis politiques, les organisations internationales... ? Si chacun établit un constat intelligent chacun dans son coin, cela ne produira malheureusement rien de concret.

Les organisations dites humanistes ne peuvent-elles prendre en main ce problème et influer sur le cours des choses, tant on est au coeur d'une problématique concernant l'avenir de l'humanité ?

Il y a sûrement toute une batterie d'actions à mettre en branle. Certaines provoqueront des remises en cause profondes et douloureuses. Mais s'il est question de survie, peut-on continuer à se voiler la face et attendre que le voisin bouge ? Les gouvernements ont leur part de responsabilité. Ils ne bougeront toutefois que si les citoyens leur donnent la voie à suivre... et réciproquement.

Pour prolonger ces maigres réflexions et déborder sur l'organisation des entreprises (qui est quand même le sujet qui m'intéresse au premier plan sur ce site), je pense qu'il y là une vraie mine d'or pour les directions ou les collaborateurs de participer à cette grande remise en cause. Cela fait quelques années que l'on a introduit le sujet de la Responsabilité Sociale des Entreprises. C'est sûrement le moment de donner une réalité concrète à ce sujet.

Pour les directions, il y a évidemment une matière à réflexions stratégiques sur le positionnement d'une entreprise. Quel sera le grand patron d'entreprise pétrolière qui aura les c... de décider consciencieusement d'effectuer un virage à 180° pour ne pas se retrouver complice au regard de l'Histoire (pour peu qu'il en reste) ? La réflexion concerne tous les secteurs d'activités : les industries automobiles, pétrochimiques, cosmétiques, pharmaceutiques, du transport, de l'agro-alimentaire...Etc. Y compris les banques et autres institutions financières qui maîtrisent du reste les robinets alimentant la destruction ou le renouveau envisageable. Rêvons de banques qui ne financeraient pas des projets de construction qui n'intégreraient pas des panneaux solaires et autres solutions connues de gestion de l'énergie... Rêvons un peu...

Pour les collaborateurs, ce devrait également être un sujet de réflexions et d'actions que de "pousser" à ces remises en cause. Cela commence du reste par permettre au dialogue dans l'entreprise de se faire sans tabou et avec franchise. 



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