mercredi 29 juillet 2009

L'entreprise 2.0 limite la chasse

Intéressant échange l'autre jour avec une consultante d'une grande société (que rigoureusement ma mère m'a défendu de nommer ici...) qui m'expliquait que depuis la mise en place d'outils de réseaux sociaux en interne, les collaborateurs avaient moins tendance à s'exprimer en place publique.

Par voie de conséquence, ces collaborateurs étaient certes moins visibles, mais par là-même (ou par ailleurs) moins démarchés par des chasseurs de têtes.

Argument intéressant pour ceux qui souhaiteraient améliorer un indicateur de turn-over et donner la priorité à la meilleure rétention de leurs talents.



lundi 27 juillet 2009

Entreprise 2.0 : business et philosophie de management

C'est parti d'un échange de twitts... 


Image 3

Image 2Image 1



... et ça a conduit Vincent à rédiger plus longuement en posant la question : Le business condamne t-il la philosophie du 2.0 ?

J'avoue que je ne comprends pas bien la question. Il n'y a pas pour moi de dichotomie entre une philosophie d'entreprise 2.0 et la conduite du business.

Simplement, la philosophie 2.0, aidée et favorisée en cela par les nouveaux outils de communications disponibles au travers de tuyaux Web remet en cause profondément la manière de fonctionner en entreprise. La mise en oeuvre de solutions dites 2.0 introduit des flux de communications qui étaient jusqu'alors quasi inexistants, ou fonctionnant dans des périmètres très restreints. Ces flux de communications sont les flux bottom-up (de la base vers la direction), mais également (et surtout) les flux de communications transversaux (de collaborateur à collaborateur). La différence par rapport aux systèmes de communications classiques qui permettent après tout ce genre d'échanges, c'est la mise en place publique de ces échanges. Quand un email est limité aux seuls destinataires, un article sur un blog interne, ou un commentaire, ou toute autre forme d'expressions (question ouverte, sondage, idée...etc.) est potentiellement accessible par tout collaborateur qui peut dès lors s'impliquer et participer aux échanges. La discussion et l'échange ne se font plus dans un cadre formalisé d'une salle uniquement accessible aux invités pressentis, mais dans un lieu de passage où chacun peut apporter sa contribution.

On pressent bien que c'est très perturbant pour une organisation d'entreprise habituée à gérer des projets, à répartir le travail et les responsabilités entre des managers (to manage = faire).

Dès lors, quand on est en processus de commercialisation pour proposer des solutions type blogs, wikis, réseau social professionnel..., ou des modes d'organisations afin de répondre à ces enjeux, on ne peut évidemment faire l'impasse sur la nécessaire conduite du changement que cela va induire.

Pour ma part, les clés d'entrée (et bénéfices induits) pour des sujets 2.0 sont au nombre de quatre :

- réaffirmer et renforcer la culture d'entreprise,
- augmenter le capital connaissance,
- accélérer la réactivité,
- améliorer l'attractivité.

Mais dans le même temps, il ne s'agit pas non plus d'effrayer en expliquant que la simple mise en oeuvre d'un blog pour assurer une communication de projets va casser toutes les barrières et faire émerger des idées ou initiatives dépassant le périmètre normal de votre interlocuteur. Ce dernier ne veut surtout pas aller marcher sur les plates-bandes de ces collègues, au risque de déclencher des guerres de territoires...

Si l'objectif est éminemment humaniste (permettre à chacun de se réaliser dans le cadre de son activité professionnelle), cela n'empêche pas d'adopter une méthode pragmatique.

C'est en ce sens qu'il faut en permanence rechercher des clés d'entrées permettant de justifier l'investissement pour l'entreprise dans le cadre d'une recherche pour améliorer ses performances, et constamment faire l'effort de réduire les zones d'incertitudes tout en justifiant les bénéfices. Cela peut évidemment conduire à regarder du côté des normes d'organisation en se demandant si un label ISO 90001 ne pourrait pas servir de prétexte à la mise en oeuvre de solutions 2.0, dans la logique d'une amélioration continue des processus...  

mardi 21 juillet 2009

La stratégie des réseaux sociaux est au développement local

Comme l'explique Jeff Mignon lors de son intervention à TEDx sur la crise des medias, une part importante du repositionnement du business model de la presse est à l'exploitation de l'échelon local au travers des réseaux sociaux dans une optique de proximité.

Lorsqu'on regarde les cartographies ou topographies de réseaux sociaux, on s'aperçoit que la toile est un maillage de petits agrégats de sites ou de personnes qui sont reliées entre elles. L'information circule, se développe, s'enrichit en parcourant ces différents "clusters".

Du point de vue de l'entreprise, si quelques initiatives existent, il faut bien reconnaître qu'elles sont à chaque fois pilotées depuis les échelons centraux de l'entreprise. Or, la bonne stratégie serait de donner les moyens aux niveaux hiérarchiques locaux de tisser leurs propres réseaux...

Il est intéressant qu'il y ait une initiative de la Société Générale sur Twitter via la RH (@careerssocgen), mais ce qui serait plus intéressant serait que je puisse être en contact direct avec mon agence : le blog de l'agence, le compte twitter de mon responsable de clientèle, la page Facebook de mon agence...

Il en est de même dans les réseaux de distribution. Intéressant de pouvoir suivre des blogs mis en place par des directions du marketing ou de la communication, mais il serait autrement plus efficace de pouvoir proposer la page Facebook de l'agence ou du magasin chez qui j'ai l'habitude d'aller, le compte Twitter du responsable...etc.

Pourquoi ne pas redonner la main en matière de communication aux directeurs de magasins ? Ils ne sont pas plus bêtes qu'un collaborateur du siège. En revanche, ils ont l'avantage d'être en prise directe avec leur clientèle, de pouvoir les connaître, de pouvoir sentir les offres commerciales qui fonctionnent, ou pas.

Dans ce cas, il faut aborder le sujet autrement et disséminer les moyens d'être opérationnels, plutôt que de vouloir centraliser les actions dans un univers qui l'est de moins en moins.

vendredi 17 juillet 2009

Interview de Bob Pearson sur l'usage des médias sociaux en entreprise

Bob Pearson vient d’être nommé Président du Social Media Business
Council, le nouveau nom du Blog Council, après avoir été, le fait est
connu, vice-président des communautés des conversations de DELL.



Il a accordé une interview au site Visionary Marketing dont je vous ai extrait quelques points clés qui m'ont semblé particulièrement intéressants...



Un truc d'informaticiens ?



"Dans
nos domaines, bien des idées ont pris forme grâce à des informaticiens,
pour lesquels j’ai bien sûr beaucoup de respect, mais le monde
d’aujourd’hui est un monde de plus d’1,6 milliards de personnes
connectées et où tous les jours, plus de 500.000 nouvelles personnes se
connectent pour la première fois."



Bénéfices ?



"les
bénéfices pour les entreprises sont nombreux, les plus importants étant
certainement l’apport de nouvelles idées, le lien entre la marque et
vos clients et la révélation de la valeur de vos employés."



Management :



"J’ai
pu également voir combien les médias sociaux à l’intérieur de
l’entreprise permettent également aux employés de partager leurs idées
et, pour être franc avec vous, de vous faire savoir aussi s’ils sont
d’accord avec la direction que prend l’entreprise, au travers de leurs
commentaires ou, dans certains cas, leur silence." 



L'article complet de l'interview est par ici :http://visionary.wordpress.com/2009/07/16/bob-pearson-smbc-et-le-web-2-0-«-les-medias-sociaux-sont-pour-toutes-les-entreprises-»/



Publication - L'entreprise de Héros

Lʼobjectif de cette publication est de proposer une vision du potentiel offert par les nouveaux usages possibles au travers du Web relativement à la stratégie et au management.

Les textes proposés dans ce document sont une compilation de réflexions livrées au fil de lʼeau sur ce blog tout au long de cette première partie dʼannée 2009. Ils ont été réordonnancés en 5 thématiques et liées afin dʼen faciliter la lecture. 

A télécharger sur Sociotis : http://www.sociotis.com/2009/07/publication-sociotis-lentreprise-de-heros/



jeudi 16 juillet 2009

L'organisation d'essaim

Je vous recommande la lecture de cet article du National Geographic intitulé "Swarm Theory". C'est un article très complet (10 pages) qui ne peut se synthétiser en un Twitt de 140 caractères...

En s'appuyant sur l'organisation des fourmis, des abeilles, mais également des poissons, des pigeons et même des caribous, l'article présente des pistes de réflexions et des cas d'applications relatifs à l'intelligence collective, la résolution de problèmes complexes, l'organisation décentralisée, a-hiérarchique...

La fin de l'article établit du reste un parallèle avec ce qui se passe sur le Web concernant certains services qui se démarquent par l'utilisation de ces mécanismes d'intelligence collective (Google, Wikipedia...). Et force est de constater que ces entreprises développent un leadership sans commune mesure sur leur secteur...

Si j'avais un bémol à mettre, ce serait malgré tout que la nature humaine est ainsi faite que la dimension de la conscience individuelle est forcément à intégrer dans les réflexions d'organisations. En ce qui concerne les exemples présentés, dont on peut s'inspirer pour rendre plus efficientes certaines organisations humaines, il ne faut pas perdre de vue que l'Homme possède une conscience individuelle qui le différencie des autres espèces, de même qu'il est capable d'embrasser globalement une situation (contrairement à la capacité que peut avoir une fourmi ou une abeille de sa situation) et qu'il ne peut s'empêcher d'avoir un rapport d'intelligence et d'organisations hiérarchiques avec ses congénères.

Il n'empêche que l'article introduit des réflexions en matière d'organisations qui peuvent bousculer plus d'une idée reçue.



jeudi 9 juillet 2009

Les nouvelles sources de capitalisation pour l’entreprise

Pour faire simple, la représentation des nouveaux usages de partage d’informations et de connexions dans l’entreprise  tient en un schéma assez simple.

Image 20

Traditionnellement, l’entreprise dispose des outils nécessaires pour assurer les communications des flèches de couleur orange : journal interne, tableau d’affichage, emails, intranet...

Ce qui est nouveau en matière de systèmes d’informations c’est l’introduction des flèches de couleur bleue au travers de la mise en oeuvre de services permettant l’expression individuelle et l’interaction (blog), le partage et l’écriture collective (Wiki), le partage d’ambitions (Lab Ideas). C’est surtout la possibilité offerte aux collaborateurs de pouvoir identifier et se mettre en relation directe avec d’autres collaborateurs, grâce à l’identification des expertises exprimées et non simplement revendiquées.

Ce qui n’est pas nouveau, c’est que ces flux d’échanges et d’informations peuvent déjà exister dans certaines organisations. Mais c’est toutefois sans commune mesure avec le potentiel qu’offrent les outils et services 2.0 lorsqu’ils sont mis en oeuvre. La proximité, la largeur et la profondeur des relations entre documents, entre idées, entre personnes est directement corrélée au réseau supportant l’organisation. Comme dans le Web grand public, la proximité est à un clic de distance.

De même qu’il n’est pas nouveau - pour contrer un argument souvent entendu, que tout collaborateur peut d’ores et déjà s’adresser à la direction (via le téléphone, l’email, le courrier, l'ascenseur...etc.) ou diffuser des informations “à côté de la plaque” à l’ensemble de la société (tout le monde a déjà dû rencontrer cet email envoyé à “all”...). Ces accidents sont des épiphénomènes qui ne vont pas s’accroître avec la mise en oeuvre de services de réseaux sociaux d’entreprise. Sur un réseau social d’entreprise, je suis identifié. Alors, même si j’en ai la possibilité, j’y réfléchirai à deux fois avant de poster une “connerie” sur le “mur” de mon patron, ou sur tout autre support interne. En fait, ce qui m’intéresse et me motive, c’est qu’à chaque fois que je publie au travers de ces services, je revendique une expertise, une intelligence, un professionnalisme qui me valorise.

Sur le plan du management, ce qui est nouveau lors de la mise en oeuvre de ces services, c’est la considération et la confiance que l’on accorde aux collaborateurs en les considérant a priori comme responsables et professionnels.

Sur la plan de la valorisation, ce qui est nouveau, c’est la nouvelle dimension que l’on produit en ce qui concerne le capital intellectuel de l’entreprise. Dès lors que ces flux passent au travers de services Web, ils sont numérisés, donc mémorisés. L’impact sur le capital intellectuel de l’entreprise est direct. A lui seul, ce potentiel de valorisation de cette partie du capital immatériel de l’entreprise justifie la nécessité pour toute entreprise de s’engager sur cette voie.



mercredi 8 juillet 2009

Atelier BNP Paribas - Un réseau social dans votre entreprise ?

Un petit bout de temps que je n'avais pas mis les pieds à l'Atelier BNP Paribas.
Petite digression : si j'étais à l'Atelier, je me demande dans quelle mesure, je ne ferais pas évoluer le concept vers un format à la TED...
Bref, ce 08 juillet, de bon matin (9 heures, ouf), était planifiée une session de présentation sur le thème (sous forme de question) "un réseau social dans votre entreprise ?".

Les présentations étaient particulièrement intéressantes, même si on peut regretter un peu de trop de présentation technique alors que l'enjeu est sincèrement ailleurs. J'ai été particulièrement frappé par le peu qu'on a pu voir de la solution Lotus Connections qui devrait sincèrement faire passer le marché de l'entreprise 2.0 dans une autre dimension, connaissant la force de frappe d'IBM auprès de ses clients...

Ayant un peu la flemme de rédiger un compte-rendu exhaustif, je vous mets à disposition les grandes idées glanées au cours de cette matinée, sous forme de carte Mindmap.

Téléchargement Atelier-BNP-08juill2009



L'Entreprise de Héros...

...et non l'Entreprise de Zéros.

Votre entreprise regorge de talents, rarement exprimés, souvent cachés. Ces héros sont prêts à s’investir pour s’accomplir. Encore faut-il leur en donner les moyens...

Le Héro masqué, bien souvent tapis derrière sa souris et son clavier, patiemment engoncé dans son costume passe-partout, attend le moment où il pourra rentrer chez lui et accomplir ses talents : publier sur son blog le récit concernant sa dernière trouvaille de bricolage que ses lecteurs s’empresseront d’aller acheter, rédiger une critique littéraire sur Amazon ou la Fnac qui aidera le livre qu’il vient de finir à améliorer ses ventes, proposer une idée aux membres du groupe qu’il anime sur Facebook sur un soutien d’une association de protection de l’environnement ou organiser le recrutement de participants à un pique-nique sauvage au bois de Vincennes, partager sur Twitter les commentaires en direct sur la dernière émission de télé-réalité, tout en partrageant les informations en provenance de la situation en Iran...

Tous ne sont pas des Super Héros, mais tous, chacun à leur niveau, participent librement et de manière responsable à cette grande discussion générale qu’est devenue le Web ces dernières années.

C’est dans ce contexte de fracture entre l’environnement que propose l’entreprise et le monde réel tel qu’il se pratique sur Internet que l’entreprise doit se réorganiser. L’entreprise souffre de schizophrénie. Elle cherche d’un côté (pour certaines d’entre elles) à s’organiser pour assurer un lien, un échange avec ses publics, alors que d’un autre côté, elles brident ou tout du moins n’offrent aucune possibilité s’agissant de son organisation interne pour favoriser l’émergence de nouvelles idées, de participations... Comment peut-elle continuer à s’obstiner à ne parler que d’une seule voix quand elle est (potentiellement) interpellée par des milliers ? L’entreprise continue à fonctionner selon un modèle de process où même le travail dit intellectuel a pris des allures de travail à la chaîne alors qu’elle est en situation de guerilla dans ses relations avec le monde extérieur.

Longtemps considérée comme un lieu d'accomplissement personnel, l'entreprise devient sclérosante pour ses membres, alors qu'il ne faudrait pas grand chose pour libérer les énergies.



vendredi 3 juillet 2009

Middle management

Lorsque j'écrivais en avril dernier que le middle management avait un problème (en synthèse, le web détruit tous les intermédiaires qui n'apportent aucune valeur ajoutée), il semblerait que j'ai encore mis le doigt sur une tendance de fond comme semblent le confirmer ces différents articles que je viens de trouver sur le sujet :

- Death of the middle managers
- Thoughts en enterprise 2.0 and cultural change
- Key success factor for Enterprise 2.0 : finding new roles for middle management

La question est maintenant de savoir comment solutionner ce problème et permettre au middle management de se "ré-inventer" de sorte à (re)devenir cet intermédiaire créateur de valeurs ; lui permettre de sortir du cadre des process pour exploiter le potentiel des usages.



mercredi 1 juillet 2009

Supermarché 2.0


Je trouve ce court métrage assez drôle (c'est vrai qu'on a tendance à oublier que tous ces produits sont produits par des utilisateurs ;-), mais blague à part, il me semble que cela donne matière à réflexions.

Après tout, pourquoi est-ce que je ne pourrai pas taguer les produits dans un magasin, pas forcément sous forme de sticker, mais un tableau électronique pourrait faire l'affaire ?

Pourquoi est-ce que je n'ai pas la liste des produits par "meilleures ventes", "nouveautés"...etc. lorsque je suis dans un rayon ?

Pourquoi est-ce que je ne pourrais pas laisser mon avis sur un produit lorsque j'en suis content, ou pas d'ailleurs, afin d'aider mes amis consommateurs avec qui nous partageons ce même lieu de plaisirs ?

Pourquoi est-ce que je ne pourrais pas disposer d'un chariot pré-rempli avec la liste des produits courants que j'ai l'habitude d'acheter ?

Pourquoi est-ce que je ne peux pas "poker" le chef de rayons ?

Pourquoi est-ce que je ne peux pas soumettre des idées (de produits ou de services) qui seraient consultables par les autres consommateurs, qui pourraient les qualifier, les compléter... ?

Il y a sûrement quelques principes de la relation numérique à reprendre dans la vraie vie, dans le cadre d'une ré-invention du métier de commerçant.