jeudi 24 septembre 2009

La démarche communautaire de l'ANC

Il m'arrive lors d'interventions sur la gestion de communautés d'expliquer que les moyens ne doivent pas être une excuse pour expliquer une difficulté à animer une communauté (Crossfit en est un bon exemple).

Nous sommes en 1954. L'ANC a quelques difficultés de positionnement. Les mouvements de protestations civiques s'essoufflent. Les actions et la politique de l'Etat alors en place se fait de plus en plus violente. Un des membres propose alors que l'ANC mette en chantier un texte fondateur, qui pourrait servir de base à une future Constitution.

La direction envoie alors (je vous rappelle qu'on est en 1954, donc pas d'email à l'époque…) aux directions régionales et locales une simple question. Que feriez-vous si vous aviez l'autorité pour proposer une loi ? Et ce sont des centaines et des centaines de propositions qui vont ainsi remonter, sur tout type de support, en fonction des moyens disponibles.

La direction s'est ainsi retrouvée avec un matériel conséquent qui lui a permis d'établir une synthèse, qu'elle a renvoyée aux instances locales pour avis et commentaires. Finalement, en 1955, cette action aura permis la publication de la Charte de l'Homme Libre qui servira de socle au combat politique qui mettra plus de 40 ans à produire ses fruits.

On notera qu'une année à peine, malgré la précarité des moyens utilisés pour faire circuler l'information, aura suffi pour finaliser le travail. 

Ce qui est remarquable c'est qu'on retrouve tous les éléments qui définissent les caractéristiques d'un travail collaboratif : un élément fondateur fort, ouvert à tous, une direction assumant un travail de synthèse et donc de décisions, pour obtenir au final un résultat établissant une orientation.

Cela me confirme que l'adhésion collaborative tient plus d'un problème de culture et de leadership que de moyens techniques, qui ne sont que la cerise sur le gâteau pour permettre éventuellement d'aller plus vite.



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