jeudi 10 septembre 2009

Régulation des usages des media sociaux en entreprise

Bertrand vous propose une bonne synthèse et une bonne manière d'analyser ce sujet qui fait débat relativement à l'intérêt productif de laisser les employés utiliser les réseaux sociaux au travail.

Quelque part, je pense qu'il met le doigt sur le sujet qui perturbe vraiment en ce moment les organisations (et ce n'est que le début) qui concerne la fin progressive de la taylorisation des tâches. Cette organisation industrielle de travail à la chaîne dans une industrie du service ne peut fonctionner. Quand on commence à identifier que la valeur est dans le flux et non dans le produit fini, on commence à comprendre que l'échange et l'interaction sont des matières difficilement tronçonnables en séquences irresponsables.

On trouve par ailleurs de nombreux articles expliquant qu'il faut mettre en place une "policy" (désolé, j'arrive pas à identifier l'équivalent français…) afin que tout le monde se comporte convenablement et ne porte préjudice à personne.

Objectivement et concrètement, je pense que la stratégie d'informations, de formations..Etc. est effectivement bonne. Dans le même temps, je me demande dans quelle mesure ce genre d'approche ne permet pas de mieux se voiler la face. Soit on considère que les médias sociaux relèvent de la sphère privée et sont une perte de temps pour l'entreprise (d'où les censures organisées, mais qu'on ne vienne pas se plaindre dans ce cas-là de mourir à petit feu), soit on considère qu'il peut arriver que des employés traitent sur ces espace de sujets qui touchent parfois l'entreprise qui les emploie. Mais dans ce cas, la question n'est pas tant d'imposer à l'employé une forme de censure (tu peux parler de ta boîte, mais en bien !) que de comprendre pourquoi cet (ou ces) employé éprouve le besoin d'aller s'exprimer en place publique lorsqu'il rencontre un problème dans son environnement professionnel.

Pour ma part, c'est révélateur d'une absence de réelle structure de dialogue interne permettant à tout un chacun de pouvoir s'exprimer sur le compte de son entreprise. Ah, mais nous avons tout ce qu'il faut ! me répond-on en entreprise : nous avons le mail, nous avons des serveurs de partage de documents, nous avons des intranets où la direction publie régulièrement des informations sur l'entreprise, nous avons des entretiens individuels une fois par an, nous avons une grande enquête d'observatoire social sous forme de sondage organisée tous les deux ans…etc.

Je ne sais pas si vous saisissez l'inanité de ces arguments. Vous, je sais pas, mais moi si… où sont les espaces d'expressions individuelles ? où sont les fonctions permettant de rechercher un collègue qui a déjà travaillé sur tel ou tel sujet, avec tel ou tel fournisseur ? Où est la possibilité de créer spontanément un espace où je peux échanger avec quelques collègues ? Où sont les services qui permettent de comprendre à la direction qu'elle tient un discours qui ne correspond pas à la réalité du terrain ?

Vous me direz, mais si tout le monde peut s'exprimer dans l'entreprise, ce sera la foire d'empoigne. C'est déjà la foire d'empoigne… Sauf qu'elle déborde en place publique. Elle n'est pas gérée. Et des fois, je vous assure, il vaut mieux se foutre une bonne peignée dans les vestiaires que sur le terrain ou en dehors devant le public. Même si c'est désagréable, il vaut mieux que toutes les propositions soient entendues. Après le "leader" fait sont boulot. Il tranche et décide. Mais en se fondant sur de l'interaction, pas sur de la conviction irréelle.

Alors, oui pour accompagner les employés à mesurer que leurs propos publics peuvent avoir un impact qui peut avoir un effet boomerang si c'est fait trop naïvement. Mais surtout, un grand oui au fait de mettre à disposition des employés des solutions qui leur permettent de s'exprimer sur l'environnement qui concerne la majeure partie de leur temps.





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