jeudi 10 décembre 2009

Pris à leur propre jeu ?

Je vais, pour une fois, glisser un peu sur le terrain politique et société, mais je vous rassure, c'est toujours pour la bonne cause de la grande discussion décomplexée, respectueuse des avis des uns et des autres.

Avec ce débat sur l'identité nationale, j'ai l'impression que le gouvernement prend beaucoup de monde à leur propre jeu. Obama a ouvert la voie des échanges et des réseaux de supports. Il a montré que la politique pouvait être un sujet d'implication individuelle et collective, dont l'effet se démultiplie au travers du canal Internet.

Dans les réflexions et discussions que certains peuvent avoir de grandes entreprises, qu'il s'agisse de communication externe ou interne, nous poussons tous à ces mécaniques collaboratives où même le stagiaire au fin fond du troisième atelier a peut-être une idée qui peut faire gagner de l'argent à l'entreprises, où même le client râleur impénitent (parce qu'il a que ça à foutre de ne jamais être satisfait) doit avoir le droit de s'exprimer, au risque de se rendre ridicule du fait qu'il se rendra compte que ses propositions ne suscitent l'adhésion de personne chez les autres clients (il pourra toujours dans ce cas crier au grand complot…).

Bien évidemment, côté entreprise, on a peur. Alors que cela fait des années que l'on paye des études qualitatives qui sont forcément positives, tout d'un coup, on devrait gérer une expression directe, ne respectant pas les codes feutrés de la critique par derrière la porte du couloir ou jouant sur les effets d'un coup de billard à quatre bandes. On cherche donc à canaliser au maximum la prise de parole ou l'échange, tout en se rendant bien compte que Google n'a que faire de distinguer sources officielles et sources libres lorsqu'il présente des résultats de recherche. On se rend bien compte côté entreprise (enfin, celles qui ont un peu de jugeote) que si elles intéressent un tant soi peu les gens, elles devront se plier à l'exercice d'aborder des sujets difficiles, qui ne font pas toujours plaisir car entre la théorie et la real politik, il y a toujours un moment où l'on doit prendre une décision, qui ne peut satisfaire tout le monde (on pourrait là encore fait un parallèle avec Obama qui doit gérer un Prix Nobel de la Paix avec l'annonce de l'envoi de 30.000 hommes sur une zone de conflit qui n'en attendait pas moins…).

Ce qui est étonnant dans ce sujet de débattre sur l'identité nationale, c'est que tous les opposants à ce débat critiquent le sujet du débat en lui-même (en expliquant rarement pourquoi), critiquent le timing (proximité des élections - en même temps si on n'expose pas ses vues au moment d'une élection, sur quoi peut-on voter ?), critiquent la méthode (filtre des préfets - ce en quoi ils n'ont pas tout à fait tort, modération du site internet via Madagascar ;-) …etc.) alors même qu'ils ont tous les moyens qu'il faut pour organiser un contre-débat selon leurs propres règles (qui n'en seront pas moins modérées je le crains). Comme s'ils se comportaient comme ces dirigeants d'entreprises qui refusent de discuter avec leurs clients avec qui ils ne sont pas d'accord.

Si l'image Internet de la droite s'est personnifiée depuis quelques temps au travers d'un F. Lefebvre qui multiplient les énormités populistes, j'ai tendance à penser que c'est un beau leurre qu'on nous joue là, qui cache en fait une bonne organisation et utilisation de ces nouveaux canaux de communication.

Je vais finir par vraiment croire que la France est un grande famille où comme chacun sait on peut discuter librement de tout, sauf des sujets qui fâchent (politique, religion, économie), ce qui nous laisse la météo (encore qu'en ce moment, une discussion sur le climat a vite tendance à échauffer les esprits, autrement dû à l'effet dessert).







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