samedi 30 janvier 2010

L'entreprise 2.0 : Comment évaluer son niveau de maturité ? Yvan Michel, Livre

L'Entreprise 2.0, comment évaluer son niveau de maturité ? est un livre rédigé pas Yvan Michel. Petite "disclosure" à l'américaine, je connais Yvan pour avoir travaillé avec lui dans le cadre du démarrage de la plate-forme communautaire de l'AFNOR, Qualileo.

Yvan est donc chef de projets à l'AFNOR. Autant dire qu'il baigne dans une culture d'entreprise qui fait la part belle à tout ce qui à trait à la norme, aux process rationnels... et c'est là tout l'intérêt de l'angle qu'il a choisi pour évoquer ce sujet de l'Entreprise 2.0. Il a privilégié l'angle "émotionnel" qui conditionne fortement le succès d'adoption de ces nouveaux outils, services et pratiques induits par ce que l'on englobe sous la terminologie de Web2.0 appliqué à l'entreprise.

En ce sens, je le rejoins pour partie, ayant toujours eu un petit slide sur ce point d'identification de la maturité de l'entreprise par rapport à ces sujets de conduite du changement pour les organisations et les comportements. Et je dois bien reconnaître que je n'avais pas encore établi une méthodologie rigoureuse permettant factuellement d'établir une photographie à un instant t de ce niveau de maturité.

C'est bien là que réside l'intérêt de cet ouvrage qui après une première partie permettant de poser les bases des sujets en jeu (techno, organisation), développe ensuite une présentation des fondamentaux culturels de la transformation pour finir justement par la présentation d'une méthodologie d'analyse applicable en phase amont de projets de ce type.

Mon seul point, non pas de désaccord, mais qui je pense aurait mérité un peu plus de présence est que l'on peut avoir l'impression, à la lecture du livre, que les chantiers de transformations à la sauce 2.0 pour l'entreprise reposent essentiellement sur la psychologie ou l'émotionnel. Or, je pense que comme tout ce qui touche à l'entreprise, si le caractère émotionnel est important et grand facilitateur d'appréhension, il n'en reste pas moins vrai qu'à un moment donné, on est dans les process et les modes de fonctionnement et qu'à ce titre, il faut parfois savoir arrêter de se faire des noeuds au cerveau. Il faut savoir parfois simplement "imposer" l'usage, par la pratique venue d'en haut. Pour comprendre cette position, je rappelle simplement que les premiers services d'emails dans l'entreprise ont connu les mêmes affres en ce qui concerne leur mise en oeuvre, avec des directeurs qui pouvaient parfois faire gérer leur messagerie via leur secrétaire, des questionnement sur la possibilité de donner un accès email à certains employés "subalternes"...etc. Jusqu'au jour où quelques grands patrons ont utilisé directement leur email, forçant ainsi leurs n-1 à adopter ce même mode de fonctionnement (pour ne pas risquer d'être hors jeu) et ainsi de suite... Pourquoi ? Parce qu'au final, c'est pratique, c'est efficace, c'est rationnel. Cela permet de gagner du temps, de l'argent, de rester dans la course. Pourtant l'email est un outil super dangereux il me semble. Vous vous rendez compte j'espère que n'importe quel employé peut écrire à n'importe quel autre employé, grand patron compris, sans qu'il n'existe aucun filtre. Mécanique d'organisation et de fonctionnement et objections préalables qui ne sont pas sans rappeler les objections qui sont courantes sur la nécessité de forcément devoir contrôler ce qui se dit dans des groupwares, des wikis, des blogs internes, des boîtes à idées, l qualification d'un profil d'annuaire...etc.

Mais, je vous recommande la lecture de cet ouvrage qui permet de mieux comprendre la manière d'aborder un tel chantier de transformation de l'entreprise en gardant à l'esprit que la techno n'est qu'un moyen qui soit servir une cause ou un objectif, avec cette possibilité méthodologique proposée par Yvan de se donner une vision du point de départ et du chemin qui sera à parcourir pour s'engager sur la bonne voie.

Pour ceux que cela intéresse, et justement parce que tout le monde pressent bien qu'il y a un ressort plus sociologique que psychologique aux "blocages" engendrés par ces histoires de "2.0", je vous recommande un complément de lecture avec le livre de Giddens sur Les conséquences de la modernité.






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