mardi 16 février 2010

Nous ne sommes pas assez technophiles

"Il faut être absolument moderne".

La France n'est pas assez technophile. Etonnant pour un pays qui a toujours fait la part belle aux ingénieurs, et qui se targue justement d'être ingénieux. Je ne sais pas d'où cela provient. On pourrait presque croire qu'inconsciemment, le fait de devoir appuyer sur des boutons procède d'une activité d'ouvrier, ce qui est fort embarrassant pour la vieille  classe embourgeoisée que nous sommes devenus. On connaît les réticences qui ont accompagné l'introduction du téléphone ("vous ne vous rendez pas compte, on va me sonner ! Comme un valet !"). Mais ne tombons pas trop vite dans la psycho-sociologie à deux balles... Cela ne peu constituer une explication suffisante. 

Ce qui est vrai en tout cas, c'est que la technologie s'est profondément simplifiée ces dernières décennies. Il y a toujours un problème de génération entre les Anciens qui se demandent toujours où ils doivent appuyer, si ça ne va pas tout casser, s'ils ne vont pas faire une bêtise... qui n'ont pas cet instinct qu'ont les jeunes qui font corps avec l'objet technique. Mais les produits ont évolué et des constructeurs comme Apple ont parfaitement su donner le "la" de l'interface homme-machine. Malgré cela, on sent toujours une réticence des Français à adopter ces nouveaux outils qui ne sont pourtant plus simplement des outils de communication, mais d'interconnexions. C'est là où ça devient regrettable. 

Sous prétexte qu'il faut passer par une machine, on use dans le langage courant de mots comme "geek", "nerds" (avec Elie Semoun qui traduit parfaitement ce que cela représente dans l'imaginaire collectif). Et l'on finit par parler de "réalité virtuelle", ce qui provoque un contre-sens général majeur. La réalité virtuelle n'a rien à voir avec ce qui se passe au travers des réseaux sociaux, des blogs, des twitters, des Iphone. La réalité virtuelle définit un monde qui n'existe pas, même s'il porte un  potentiel. La réalité virtuelle permet de simuler pour anticiper, comprendre, analyser. Bien entendu, comme on parle de réalité virtuelle, on parle d'avatars. Non, ce n'est pas moi, c'est un "picto" qui me représente. Ce n'est pas très sérieux. C'est une perte de temps. 

Dans les services d'interconnexions, on est dans le monde réel. On est connecté à des vrais gens à qui on diffuse des messages ou des informations qui concernent la vraie vie. C'est la raison pour laquelle il y a une différence énorme entre ceux qui sont connectés et brassent en permanence des échanges et ceux qui se coupent de cette réalité. Il y a une différence de connaissances, de réactivité, d'efficacité. 

C'est là où notre grand penseur contemporain JM Apathie se trompe. Un twitt en soi n'est rien. Ce n'est pas de l'info. C'est un atome. On ne fait rien d'un atome. Il faut envisager la molécule, donc être capable de lire les liens qui relient les atomes et qui donnent son sens à la molécule. 

Ce n'est pas de la technique...  Quand je vous dis "il faut être absolument moderne", ce n'est pas un truc de Geek, c'est du Raimbaud (bon, d'accord c'est dans Une saison en enfer...). 




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