vendredi 5 février 2010

Travail collaboratif en entreprise, c'est parti (?)

Lotus, Sage, SAP... Il semblerait que 2010 voit la montée en puissance des acteurs traditionnels des systèmes d'informations sur le segment des solutions de travail collaboratif, ou réseau social d'entreprise. 

Et ça envoie du lourd ! 

Cela confirme que les usages d'Internet, le Web2.0,...etc. commencent effectivement à peser sur les modes de fonctionnements en entreprise. Et c'est plutôt de bon augure pour la suite, même si cela risque de créer pas mal de perturbations (conduite du changement). 

Le terrain est bien défriché depuis 2 ans environ par de jeunes entreprises qui se sont dits (fort justement) qu'il n'y avait pas de raison que les échanges dans le cadre du travail ne puissent pas tirer parti de la souplesse, de la réactivité et de l'efficacité que permettent les solutions Web apparues ces dernières années : Google et son environnement applicatif ont à peine 10 ans, Facebook a fêté hier ses 4 ans, Twitter vient à peine d'arrêter le biberon, Netvibes, Digg, Delicious, Flickr, Youtube, Slideshare, Linkedin, Viadeo... tout cela est récent, très récent. 

Mais l'entreprise, établie depuis plusieurs dizaines d'années, a une inertie qui lui est propre. Le changement d'organisation et de mode de fonctionnement sont des sujets compliqués qui ne peuvent (malheureusement, et peut-être qu'il ne s'agit que d'une phase transitoire) coller à cette réalité externe. 

Les défricheurs de terrain que sont les start-ups proposant des solutions d'Entreprise 2.0 sont donc principalement rentrés dans les structures par les voies détournées : quelques services RH, Marketing, Commercial... qui ont pressenti que ces plates-formes recentralisant les matériels d'échanges et de collaborations permettaient de gagner en souplesse et en réactivité, avec la possibilité de justement pouvoir décentraliser encore plus fortement le temps et l'espace (bon, je vous rassure, je pense que ces pionniers décideurs ne se sont pas autant faits de noeuds au cerveau...).  

Les limites sont atteintes dès lors que le "pilote" commence à déborder de son cadre initial et viennent les grandes questions "inertiques" (amusant qu'inertie soit aussi voisin d'inerte) : gestion des entrées / sorties de l'annuaire, sécurité des accès, garantie de services, redondance des profils, synchronisation avec les outils pré-existants, positionnement par rapport aux solutions du SI existant, double-emploi ? emploi complémentaire ? propriété des données ? ...etc. ? 

En ce sens, les initiatives et annonces récentes que j'ai pu identifiés montrent que l'on devrait rapidement entrer dans une nouvelle phase, plus seulement limitée à du "pilote". 

Il y a bien évidemment l'historique Sharepoint de Microsoft qui, même s'il a du mal à faire évoluer son offre d'une solution de simple partage de documents à du collaboratif et du conversationnel, poursuit sa mutation.  

Lotus connection a été le premier a tirer, et j'avais été très impressionné du saut réalisé à l'occasion du lancement. Lotus propose ainsi une plate-forme très complète comportant toutes les fonctionnalités essentielles d'un réseau collaboratif. Qui dit Lotus, dit IBM dont on connaît le taux de pénétration et d'implantations dans les systèmes d'informations des grandes entreprises. Pris dans le package global d'un budget SI, Lotus Connections, en terme d'investissements, c'est une goutte d'eau... mais quel impact cela va avoir sur les modes de fonctionnements. 


C'est au tour maintenant des acteurs de l'ERP de se positionner et tirer profit des innovations de ces dernières années pour proposer des évolutions de leurs solutions. Et dans ce cadre, pour l'entreprise, il s'agit d'une évolution d'un produit déjà en place, ce qui est plus "simple" à aborder qu'une remise en cause des outils traditionnels. 

C'est donc Sage qui a collaboré avec Netvibes pour proposer une solution de "Tableaux de bords personnalisés" exploitant d'un côté tout le matériel informationnel géré par l'ERP, de l'autre toute l'efficacité et la simplicité de services des widgets de Netvibes. Un tel acteur traditionnel (SAGE) de la tuyauterie fonctionnelle d'une entreprise qui croise ses compétences avec une telle startup, passée maître dans l'art de permettre aux gens de se construire leur portail d'informations et de services individuels, ça mérite qu'on y prête attention. 

C'est encore SAP qui avec 12sprint (beta récente) met les pieds dans le collaboratif avec une approche et un positionnement qui me semble pertinent. SAP structure son offre autour de la notion de "collaborative decision making", ou encore "Discuss Decide Deliver" ce qui permet d'éviter tous les a priori autour des notions de "Social". Cette prise de position s'établit dès la prise en main de la solution puisque l'on commence par créer des activités avant toutes choses. Une fois que l'activité est définie, on peut mettre en place les éléments annexes (tâches, objectifs, supports de références...) et moteurs (les acteurs de l'activité). Les signes qui ne trompent pas : tous les éléments de l'espace collaboratif disposent de leur propre espace associé de discussions et d'échanges, la présence de liens avec un service comme Evernote...etc. 




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire