mercredi 31 mars 2010

Un community manager pour l'interne ?

J'ai sincèrement un peu de mal avec cette tendance actuelle à vouloir créer des postes de Community Manager pour animer des réseaux internes. Cela peut sembler une bonne idée au départ. A mon avis, c'est contre-productif. 

Certains font le parallèle avec la fonction de Webmaster d'il y a un peu moins d'une dizaine d'années. Quand chaque direction voulait son Intranet - au lieu qu'on leur accorde leur espace au sein de l'Intranet, voulait son propre webmaster qui était une personne dont la valeur ajoutée au final était relativement faible. En général, on lui passait tout un tas de documents qu'il devait se débrouiller pour le mettre sur l'Intranet. Alors certes, quand ces sites d'informations étaient développés sous Dreamweaver, c'est sûr qu'il était nécessaire de connaître un peu le HTML, le découpage d'image, le transfert ftp... Mais avec un peu de bon sens, certains ont su créer des systèmes de publications évitant cet intermédiation simplement technique. 

A l'heure actuelle, au même titre que vous n'avez pas besoin de ressources techniques pour créer un site Internet  (blogger.com, tumblr.com, wordpress.com, typepad.com...) et pour en gérer le contenu, toutes les solutions collaboratives applicables en entreprise reposent sur ce principe de l'utilisateur identifié, autonome, disposant de fonctions avancées de publications. 

L'espace de partage d'informations, de publications... fait partie du périmètre fonctionnel et opérationnel de chaque direction, sous-direction, équipe projets. Ces différentes structures sont toutes organisées et dirigées (leader, manager, chef..) par un responsable dont les fonctions sont, entre autres, d'animer l'équipe. Quand bien même il s'agit du CEO d'une très grande entreprise qui gère l'animation du Comex, je pense que ce CEO doit être autonome et responsable de l'animation et de la participation des membres du Comex aux différents espaces de communications et de partages d'informations qu'ils gèrent. Y a-t-il nécessité de créer un poste de Community Manager pour animer les process collaboratifs des membres du Comex ? Le Community Manager, dans ce cas, n'est-il pas simplement le CEO ? Je peux vous dire que pour avoir monté il y a quelques années des espaces réservés à des Hauts potentiels, des Comex, des Shadow Comex... dans ces cas-là, la question d'avoir une ressource "passe-plat" ne s'est jamais posée. Tout le monde a su trouver où cliquer pour exister. 

S'agissant des organisations internes, je doute que la création de postes de Community Manager crée réellement de la valeur et ait du sens... mais peut-être confond-on la fonction de Community Manager avec celle de Web Evangelist qui peut assurer une fonction support auprès des utilisateurs pour les aider à intégrer ces nouvelles manières de travailler ? En aucun cas, il ne s'agit de faire le travail "à la place de", encore moins s'il ne s'agit alors que de faire du copier / coller. 





mardi 30 mars 2010

Réseau Social d'Entreprise, quelles clés d'entrées

Dans la logique de la tarte à la crème de "à quoi ça sert" ou dit de manière plus orientée consulting "c'est quoi le ROI ?", on se demande souvent quelles sont les clés d'entrées permettant d'initier, puis porter un projet de réseau social d'entreprise. 


En fait, pour ma part, j'en identifie quatre : 


- favoriser la culture d'entreprise, 

- favoriser l'innovation, 

- accélérer la réactivité, 

- améliorer l'attractivité.  


Ces clés d'entrées sont autant d'angles d'attaques qui vont permettre de faire évoluer la logique de l'Intranet, de sa version "Top-Down" (la direction parle aux employés) à sa version "bottom-up" (les employés peuvent au moins réagir, si ce n'est prendre la parole), voire "transversale" (les employés s'organisent entre eux). 


Il est bien évident que certaines vont plus parler à une direction de la communication, à une direction des ressources humaines, à une direction produits ou marketing, à une direction commerciale, ou encore à une direction générale. 


Le choix de la clé d'entrée dépend donc de qui (quelle direction ?) dans l'entreprise s'intéresse au sujet et décide d'en être l'initiateur et le moteur. Le choix de la clé d'entrée va également plutôt orienter le choix des premières briques mises en place s'agissant d'une organisation s'appuyant sur une logique de réseau collaboratif. 


Mais au final, avec le déploiement des usages et l'appropriation des fonctionnalités, l'ensemble des leviers qui permettent à l'entreprise de gagner en efficacité se mettront en place. Vous pouvez partir d'une logique de développement de l'innovation et organiser une plate-forme de "crowdsourcing". Petit à petit, plus le nombre d'employés renseignent leur profil de participants, plus ils participent à la production de contenus, à sa qualification, à son enrichissement... plus les sujets d'appartenance à une même culture d'entreprise, de capitalisation des connaissances, de détection des potentiels, d'accélération de l'identification des opportunités et de la réactivité pour les intégrer à l'organisation de l'entreprise... vont s'ajouter aux bénéfices réalisés par le réseau d'entreprise. 


Il n'est donc pas nécessaire de chercher à couvrir l'ensemble des bénéfices dès le départ, ni de s'alarmer car une direction semble ne pas complètement adhérer aux principes. De facto, tout se mettra en place au final. Le seul point de décision (direction générale) est de déterminer quel est le facteur d'accélération qui doit appuyer le développement du réseau d'entreprise. 



mercredi 24 mars 2010

Bravo à Orange, pour Orange People Projects

Avec Orange People Projects, Orange a réussi le tour de force de proposer une application qui crée le chaînon manquant entre le système de Page (très orienté Communication / Relation Publique) et le système de Groupe (très orienté adhésion à un échange collectif). 

Orange-people-projectsAvec cette application, Orange permet aux gens qui le désirent de créer un espace qui aura un objectif (définition même du projet) et de pouvoir s'organiser au travers d'une liste de tâche, d'un calendrier... qui permettront aux membres du projet de faire avancer les choses. 

Ce qui est étonnant c'est que Facebook aurait pu développer ce type de services, en faisant évoluer la structure du service Groupe par exemple. Cela confirme qu'avec la stratégie d'API permettant aux développeurs de proposer de nouveaux services, Facebook n'a même plus à trop réfléchir sur les services qu'ils pourraient proposer.

Ce qui est étonnant c'est qu'Orange aurait pu créer une plate-forme à part entière, qu'elle aurait pu interconnecter à la marge via Facebook Connect. Mais non, Orange a décidé d'immerger complètement son concept au sein même de Facebook. 

Ce qui est étonnant, c'est que cette structure permettant d'organiser des projets aurait pu être proposée sur un site comme Viadeo ou Linkedin (cela fait bien partie des diverses proposition que j'ai pu adresser aux équipes de Viadeo, mais bon...) qui agrègent des professionnels qui ont de forts besoins de disposer de services leur permettant de s'organiser de façon simple. Les plus malins d'entre eux utilisent bien des services comme Google Docs et autres, mais il faut être un peu dedans et ce n'est pas toujours simple d'intégrer de nouveaux membres qui ne sont pas très au fait de ce type de services ; et on ne peut profiter du vivier de professionnels qui sont présents sur ces plates-formes. C'est à mon sens une erreur de ne pas intégrer la dimension communautaire dépassant le cadre de la promotion personnelle (trop orienté recrutement, pas assez tourné vers l'organisation collective à des fins professionnelles). 

Je ne sais pas quelle est l'équipe / agence / SSII qui est derrière ce projet Orange People Projects, mais c'est un sacré boulot, qui rassure quelque part sur la capacité de certaines entreprises à comprendre la philosophie de ces plates-formes de réseaux sociaux, la technologie qui y est associée, la proposition de services et de valeurs que l'on peut construire à partir de cela. 


 



JB Plantin - Social Marketing Strategy









mardi 23 mars 2010

La crise Nestlé

Beau cas d'école que la crise de Nestlé. Celle-ci a à peine quelques jours (à peine 5 jours), les medias TV, Presse ne se sont pas encore emparés du sujet - cela ne saurait tarder, mais ce qui s'est passé sur Internet provoque déjà suffisamment de remous pour que l'entreprise s'organise et s'interroge comme elle l'aurait fait il y a quelques années en prévision d'un reportage critique dans la presse ou à la télévision... 

J'ai amassé quelques sources diverses au sein de cette perle, qui sera peut-être amenée à évoluer en fonction des évolutions de cette affaire. http://pear.ly/k_WL

 Tout est parti d'un rapport de Greenpeace dénonçant l'utilisation d'huile de palme dans la recette de KitKat, impliquant un problème de déforestation, donc de disparition des orang-outans, donc de respect de l'environnement. Pour bien marquer le coup, Greenpeace a mis en ligne une vidéo établissant un raccourci entre une barre de KitKat et un doigt d'orang-outan (qui est évidemment moins bien goûtu). Nestlé a alors réagit en... intercédant auprès de Youtube pour faire supprimer la vidéo. Dès lors, Greenpeace a saisi l'occasion et muscler son dispositif (blog, kit militant) qui a immédiatement été relayé par d'autres internautes. En particulier, nombreux sont ceux qui sont allés porter l'affaire sur la Page de Nestlé sur Facebook, provoquant une avalanche de questions sur le respect de l'environnement, d'appels au boycott de Nestlé, mais plus précisément du produit KitKat. Les animateurs de la page Facebook qui n'ont pu comprendre à ce moment-là la sensibilité du sujet, l'ire provoquée par cette action de faire supprimer la vidéo de Greenpeace de Youtube, se sont contentés au début de renvoyer les contestataires vers des communiqués officiels du Groupe expliquant qu'il avait bonne conscience en participant aux nombreux travaux pour développer des supply chain d'approvisonnement respectueuse de l'environnement, process qui s'inscrit sur une durée comprise entre 5 et 15 ans.... Tout cela n'a fait qu'énerver encore plus les participants qui ont monté le ton, utilisant par ailleurs des logos fournis par Greenpeace aux couleurs de Kit Kat mais spécifiant Killer. Nestlé a dans un premier temps informé les "fans" que l'utilisation de ces détournements de logos provoqueraient la suppression des messages, ce qui n'a fait que rajouter de l'huile (de palme) sur le feu. Les animateurs Nestlé y ont un peu perdu leur flegme de RP et se sont mis au niveau de leur public, en position de défense usant d'ironie, voire de cynisme... 

Finalement, Nestlé est muet depuis vendredi fin de journée et ce sont des milliers de messages qui se sont déversés durant tout le week-end, complétés d'analyses de consultants forcément éclairés à qui on ne l'aurait pas fait, de démultiplications de reprises de la vidéo initiale de Youtube, de renforcements d'appels au boycott des produits de la marque, mais également de liens vers le cours de bourse... 


1 - Toutes les marques alimentaires qui utilisent de l'huile végétale dans leur composition sont sujettes à ce genre de situations ; 

2 - On assiste probablement là au premier cas exemplaire (qui doit servir d'avertissement aux autres) de ras-le-bol des entreprises qui pratiquent le Green Washing

3 - Ce n'est peut-être pas un hasard que ce soit Nestlé qui ait servi de catalyseur. Quand on regarde l'histoire de Nestlé, on se rend compte que c'est une marque qui est depuis longtemps aux prises avec des associations appelant au boycott (cf. 1977, la vente de lait en poudre à des pays africains ne disposant que d'eau insalubre...). La seule différence est qu'en 1977, aucun media ne permettait de cristalliser et d'agréger en aussi peu de temps une telle situation de conflit 

3 - Greenpeace se positionne de plus en plus comme l'acteur "indépendant" (?) qui est capable de bousculer des multinationales - ce qui posera un jour la question du contre-pouvoir de Greenpeace ; 

3a/ s'il est une ONG avec qui les entreprises sensibles aux problèmes d'environnement devraient discuter, c'est bien Greenpeace ; 

3b/ A quoi servent les institutions officielles responsables des normes, comme l'ISO ? 

4 - Facile de dire maintenant que Nestlé en tant que marque Corporate n'aurait pas dû créer une Page sur Facebook pour faire comme les autres... certes, cela a été réalisé très certainement sans réflexions préalables ni stratégie (quel objectif ?) ; certes, l'équipe en charge du Community management n'était pas au niveau (mais quand on commencera à comprendre la sensibilité que peut recouvrir ce type d'activités, peut-être arrêtera-t-on de prendre de jeunes stagiaires pour ce faire)... mais une fois que le mal est fait, la question est de savoir comment réagir ? 

4a/ Il est fort probable que même absent de Facebook, les inetrnautes n'auraient pas mis longtemps à créer leur propre page ou à se rabattre sur l'une des marques concernées par le rapport de Greenpeace. 


Si j'ai mon idée sur le sujet, je ne vais pas plus loin à ce stade car je ne voudrais pas priver les agences conseils et autres consultants qui auront à intervenir sur ce cas de trouver par eux-mêmes les solutions qui s'imposent. 





vendredi 19 mars 2010

Qu'est-ce que le transmedia ?

Je laisse la parole au spécialiste... 


 

 Mais il est clair que la communication transubstantielle et interrelationnelle que crée les nouveaux medias, qui décorrelle l'affect pasionnel du stimuli impulsionnel du nouveau consommacteur engagé durablement dans une symbiose osmotique entre son affect et sa praxis méritait bien une analyse permettant de saisir de manière tout à fait holistique, pour ne pas dire humoristique, la systémique des corrélations interdépendantes que transfigure par là-même le transmedia. 



mercredi 17 mars 2010

Infographie, évolution de la publicité

Trouvé via 2803 cette présentation qui compile 33 infographies permettant de synthétiser des éléments clés du Web, de la communication online, de la stratégie digitale (bon,ça c'est pour le référencement des expressions clés ;-) 


Web & Social Media Infographics

View more presentations from Stefano Principato.



L'infographie qui concerne les points de présence publicitaire, ou vu autrement, les endroits où la marque peut être présente. Ou encore les lieux où la marque peut être soit vue, soit présente pour engager une relation avec ses publics potentiels est plutôt intéressante : 


Capture d’écran 2010-03-17 à 09.48.45

On voit bien l'explosion des supports, qui sous-entendent une explosion des formats. 

Par contre, le graphe ne montre pas qu'en matière de budget les circonférences sont encore complètement inversées (la part principale des budgets de communication est allouée aux systèmes des 1980's). Et pour ma part, j'aurais maintenu les points de présence existants dans les années 80 dans le mapping "Advertising 2009", car je ne pense pas qu'on soit dans une alternative c'est l'un ou l'autre. Les systèmes de publicité traditionnels restent (j'oserais presque dire doivent rester) présents. 

Il est vrai que par contre, ils peuvent fortement évoluer... J'ai pu noté ces derniers temps, des pubs tv qui sont produites pour renvoyer les prospects vers la Page Facebook de l'entreprise. Ca pose question, non ? 

Par ailleurs, ce que l'on oublie un peu trop souvent à mon avis, c'est que cette explosion des formats et des supports présupposent un socle encore plus fort qu'auparavant sur le positionnement de la marque, les valeurs qu'elle souhaite porter, et sur lesquelles elle est capable de s'engager, a minima au travers d'un dialogue. 

Bref, un sujet quand même assez compliqué et stratégique pour le confier à un stagiaire Community manager, ou pour se lancer dans des micros-opérations de buzz marketing décorellées de toute réalité stratégique. 

Après ça, on peut éventuellement envisager d'être créatif... 






mardi 16 mars 2010

Vers une nouvelle fracture ?

Je parle de nouvelle fracture, car j'avais déjà évoqué la fracture entre les services dont tout un chacun peut disposer dans sa vie personnelle, par rapport aux moyens et modes de fonctionnement que proposent les entreprises à leurs salariés. 

Mais il me semble qu'il y en a une autre qui se crée. Réflexion spontanée, donc qui risque de ne pas forcément être très structurée, mais quand je lis le coup de gueule (dans lequel on se retrouve forcément un peu lorsqu'on blogue, lorsqu'on n'hésite pas à évangéliser à coups de rencontres ou réunions prospectives...etc.) de Fred Bacunana pour Techtoc.tv, ou encore tout frais de ce matin cette petite note "pas de budget ? pas de site...". J'avoue que de mon côté, il m'est arrivé de répondre par email "pas de bras, pas de chocolat.." Oui, je sais pas très malin, mais il ya des fois où il vaut mieux arrêter de se faire tourner en bourrique. Cela s'ajoutant à des expériences personnelles ou des échanges avec d'autres professionnels, j'ai l'impression qu'il y a un décalage énorme qui est en train de se creuser sur le marché entre d'un côté la masse des consultants, petites structures... qui échangent, partagent, testent voire poussent le potentiel des nouveaux services d'échanges et de collaborations au travers d'Internet. Tous ces gens n'hésitent pas à s'investir physiquement, à défaut de financièrement, pour ouvrir la voie, tester de nouveaux modèles... 

Et en face, on a quoi ? Finalement, je pense que l'erreur que nous commettons tous (je parle des petites structures) c'est de surestimer ce (ceux) que nous avons en face. Nous pensons avoir à faire à des managers qui ont quelques pouvoirs, quelques latitudes de décisions qui vont leur permettre de soutenir (financièrement pour le coup) ces initiatives. Mais on oublie que ce ne sont que des employés qui doivent rendre des comptes, doivent passer leur temps à justifier leurs fonctions. D'autant que dans le contexte économique qui perdure depuis l'an passé, l'employé à plutôt intérêt à raser les murs, baisser la tête, surtout ne pas faire de vagues. Ces gens sont suffisants. C'est principalement ce qui nuit au marché. N'ayant pour la très grande majorité jamais travaillé pour leur propre compte, ils vivent avec cette espèce de préjugé que tout entrepreneur génère spontanément de l'argent. Ils considèrent donc qu'en jouant les malins, ils peuvent faire beaucoup avec autant de moyens qu'ils n'ont pas à justifier. Et encore, nous sommes dans ce cas-là avec des employés qui essaient des choses. Je ne parle même pas de ceux qui n'essaient surtout rien, car avant d'essayer il leur faudrait expliquer et convaincre ce qu'ils ne comprennent pas. Ou inversement, ils travaillent avec des grosses structures, quitte à payer dans ce cas-là des tarifs exhorbitants, mais tout cela n'est pas bien grave. J'ai des équipes, j'ai un gros budget, je travaille avec les meilleurs (enfin les plus gros), donc si ça ne fonctionne pas c'est de leur faute, moi j'ai fait ce qu'il fallait de mon côté... 

Pourtant, tout est là, à portée de leur main. Combien de fois ai-je été déçu que mon interlocuteur n'ait même pas fait l'effort de lire ce qui se disait sur les blogs (je ne parle même pas du mien) sur les sujets qui pourraient les intéresser ? Cela me ramène à ma conviction première, un blog qui traite d'un sujet professionnel doit être écrit pour soi, pour s'aider à structurer ses pensées, ses réflexions. Envisager le blog comme un outil publicitaire ou de promotion ne peut résulter que d'un accident. C'est toujours agaçant de devoir expliquer des sujets sur lesquels on est déjà passé depuis plusieurs jours, semaines, voire des mois. Quel challenge ce serait de discuter avec quelqu'un qui soit au même niveau. Nous sommes peut-être fautifs quelques part de donner du lard aux cochons.  

Je ne vois pas trop de perspectives d'amélioration à ce niveau. La pression financière s'intensifie dans les entreprises traditionnelles. Les petites structures spécialisées s'emballent en se disant que pour être connues, elles doivent en donner toujours plus jusqu'au jour où elles craquent, n'en pouvant, mais dans ce cas il y a toujours de la ressource capable de prendre la relève. Mais peut-être est-ce tout simplement la nouvelle donne économique ?



Boutiquetri

Capture d’écran 2010-03-16 à 08.21.20  Boutiquetri.fr, et bien non il ne s'agit pas d'une boutique pour faire du tri, mais une boutique pour tous les articles de triathlon. 

(Attention, ce post est sponsorisé par amitié. Camilo, le fondateur est un copain... oserai-je le dire, de soirée où l'on boit et joue aux cartes sans se faire chier avec les commentaires d'un Patrick Bruel). 

La boutique est construite sur une base Powerboutique qui confirme que le démarrage e-commerce peut se faire de manière simple, sans avoir à se torturer (beaucoup) l'esprit sur l'aspect technique. Au moins dans un premier temps, cela permet de se concentrer sur l'essentiel d'une boutique : quels produits, comment on les met en valeur, comment on traite la logistique, quels sont les produits qu'il faut que j'ai en stock, je les sotcke où, je les envois quand, quel transporteur, quel paiement en ligne, quel contact/échange avec le client pour le remercier, m'assurer que la livraison a été bien faite... 

A noter que dans la même veine que Powerboutique il existe également Prestashop qui paraît une bonne solution (je vous en reparle). J'ai même l'impression que c'est un peu moins cher et avec plus de fonctionnalités. Si vous avez une expérience concrète, n'hésitez pas à en parler. 

Pour en revenir à Boutiquetri, vous trouverez donc tous les équipements nécessaires à la pratique des différentes disciplines du Triathlon qui sont je vous le rappelle la natation, le vélo, la course à pied. Bon, pour le triathlon, le but du jeu c'est d'enchaîner les trois épreuves, dans la même journée si possible. 

Camilo pratique le triathlon. A fond, à fond, à fond... On peut parfois l'apercevoir parcourant les rues froides et esseulées d'un pas plutôt guilleret, la truffe au vent, tôt le matin au travers des brumes matinales d'une certaine région parisienne lorsque le coq en est encore à se demander s'il va arriver aujourd'hui à se taper toutes les poules dans la même journée... mais ceci est une autre histoire. S'étant fait dépuceler au triathlon d'Enghien, il n'a pas hésité l'été dernier à s'attaquer à l'Iron Man de Zurich (environ 13 heures d'efforts soutenus... quand je pense qu'il y en a qui se plaignent après à peine de 6 heures de présence au bureau...). Bref, le gars connaît son sujet et saura très certainement vous conseiller si nécessaire en fonction de vos besoins. 

Et moi, je trouve ça sympa qu'un triathlète se lance dans le marathon de la création e-commerce. 



vendredi 12 mars 2010

Pourquoi du Social Media ? Parce que !

Social-media-trafic-ventes
 

AMOA, AMO ou MOA, le nécessaire recadrage

Héritage des cultures du BTP, l'assistance à maîtrise d'ouvrage a été intégrée dans les organisations informatiques pour bien distinguer les sujets. D'un côté,on définit ce qu'on veut, on valide que c'est réalisable. De l'autre côté, on réalise et on livre (maîtrise d'oeuvre). 


Internet a répandu l'informatique dans toutes les couches de la population, même ceux qui en possèdent une sacrée... Avec la montée en puissance des dispositifs Web dans les stratégies de communication ou marketing, les professionnels de ces secteurs ont alors été obligés de composer avec ces logiques d'organisations. Il est encore courant que les équipes de réalisations doivent composer avec un brief plutôt qu'avec un cahier des charges, mais on commence malgré tout à trouver dans le langage courant cette notion de nécessaire préalable à la réalisation. On définit l'ouvrage. Mais là où c'est amusant, c'est que comme les gens ne comprennent pas ce dont ils parlent, tandis qu'en revanche ils adorent les acronymes, tout le monde a convenu qu'il était nécessaire de faire de "la MOA", qui rapidement glissé dans la syntaxe orale en "faire de l'AMOA"  


AMOA... AMOA... donc, on fait de l'Assistance à Maîtrise d'Ouvrage Assistée... 


Bon, finalement, ce n'est pas très grave. On s'en fout un peu d'ailleurs... mais si vous êtes un peu puriste, choisissez de faire la MOA (Maîtrise d'Ouvrage Assistée) ou de l'AMO (Assistance à Maîtrise d'Ouvrage). C'est plus facile pour expliquer ce que signifient les lettres. 



jeudi 11 mars 2010

Enfiler des perles, avec Pearltrees

Rencontre ce mercredi (10 mars) avec Patrice, à l'origine de Pearltrees. Nous avons pu échanger une bonne heure sur le produit, les ambitions... et ça fait toujours autant de bien de rencontrer une startup, qui ne manque pas d'ambition. 



Alors, c'est quoi Pearltrees ? C'est une très belle interface graphique qui vous permet d'organiser vos objets Web. C'est pas clair ? Une perle, c'est une unité de type URL, que vous stockez dans votre espace donc. Mais une perle, ce peut être aussi l'équivalent d'un dossier, voire d'une bibliothèque. Bref, vous enfilez des perles et vous les rangez comme bon vous semble... 



Pour perler simplement, vous pouvez ajouter à votre navigateur les boutons qui vont bien au niveau de votre barre d'outils de sorte à n'avoir qu'à cliquer dessus pour perler la page où vous vous trouvez dans votre espace. Vous pouvez la perler de manière général, dans une zone de stockage que vous rangerez plus tard, ou directement au niveau d'une perle pré-existante. 



La fonctionnalité intéressante est la synchronisation avec Twitter qui vous permet d'automatiquement ajouter à votre espace toutes les adresses Web que vous envoyez via Twitter. En général, lorsque vous twittez une adresse web, c'ets parce que vous estimez qu'elle est intéressante pour vos "followers", mais également pour vous-même, ce qui vous permet de conserver une trace de cet objet. 



Avec tout cela vous vous constituez une mémoire d'objets Web que vous pouvez retrouver en fonction de la manière dont vous les avez rangés. 




 jbplantin 



La dimension collaborative provient du fait que vous lâchez des perles à chaque fois que vous en produisez une. Les autres utilisateurs peuvent donc intégrer à leur propre espace une de vos perles et en suivre l'évolution au fur et à mesure que vous la mettez à jour. 



Inversement, vous pouvez intégrer à votre espace les perles de vos voisins plus ou moins proches de vos centres d'intérêts. 



Vous l'aurez compris, à ainsi permettre à tout un chacun de produire et d'enfiler des perles, Pearltrees cherche ni plus ni moins qu'à profiter des lacunes existantes au niveau d'un service comme del.icio.us et d'offrir une alternative humaine à la structuration des informations du Web que propose Google (jeune société également du Web dépassant à peine 10 ans d'âge). 



Alors pourquoi est-ce que les entreprises françaises devraient perler ? 



Tout d'abord par patriotisme économique, la perle étant une création française, il convient d'aider les petits artisans à se développer sur le marché international. Ensuite pour des raison de communication, car en perlant ce qui a de l'intérêt pour elles, elles découvriront d'autres perleurs perlant les mêmes sujets, prémisse au développement d'une communauté. Enfin pour des raisons de veille car dès lors que vous intégrez des perles qui vous intéressent, vous êtes tenu informé des mises à jour réalisées sur cette perle. 



Pour des raisons de confidentialité, je ne parlerai pas des évolutions prévues, mais n'en doutez pas, à force d'enfiler des perles, cela peut faire du bruit finalement. 





mardi 9 mars 2010

Allez, Christine, encore un effort

Je n'avais pu assister à l'intervention de Christine Ockrent à l'occasion de TEDx Paris, étant arrivé en retard sur mon canapé ce jour-là. 



Son intervention est désormais disponible. 




C'est fluide, limpide. Cela s'inscrit dans le temps en partant de Gutenberg pour arriver à Facebook, en passant par les pigeons voyageurs. Comme le disait Vinvin, lors de sa conclusion, on sent que ça mouline là-dedans. 



Oui, mais voilà... une fois passé le fameux premier effet Waouh de toute intervention à la sauce TED, que constate-t-on ? Que le journalisme découvre qu'il n'est plus le censeur qui organisait ce qui devait être su du bon peuple. Bon, sur ce point-là, il ne doit plus rester grand monde qui envisageait que les choses fonctionnât ainsi pendant encore longtemps. Les chiffres du 20 heures et du 13 heures ne peuvent cacher la forêt qui pousse. Mais le point qui est intéressant, c'est que Dame Christine découvre à la suite d'une conférence de Davos où intervenait le co-fondateur de Facebook (celui dont on ne parle jamais) que les gens sont capables de s'organiser sur Internet, alors que jusqu'à maintenant une bonne partie de l'intelligentsia convenait d'un commun accord que c'était au mieux une zone de non droit. Et de nouveaux organisateurs émergent, de nouveaux leaders apparaissent... qui doivent leur statut à leur travail et à l'accord de leur communauté. Si Christine m'avait lu elle aurait su (compris) qu'il faut de l'ordre pour assurer la liberté et qu'en observant la manière dont s'est organisé et se développe Wikipedia, on se rend bien compte que la hiérarchie existe. Enfin, pour être plus exact, on est sur un principe de hiérarchie moléculaire... hétérarchie ? multiarchie ? ...etc. Je ne sais pas, il nous manque peut-être un mot. En tout cas, ce qui est certain, c'est que les communautés n'ont pas besoin des journalistes s'autoproclamant guide de l'information utile, nécessaire et avérée pour avancer. Mais que les journalistes se rassurent, les communautés ne sont pas opposées à ce que ces derniers pratiquent les nouvelles règles. 







lundi 8 mars 2010

Burson Marsteller - Livre blanc Social Media 2010

Intéressant "Livre blanc" de Burson Marsteller sur l'état du Social Media pour 2010. On y constate que les pratiques sont quelque peu différentes d'un continent à l'autre avec un usage plus marqué du blog en Asie par exemple, un usage de Facebook, Twitter et Youtube plus marqués aux Etats-Unis et en Europe. 



Contrairement à ce que l'on pourrait penser, sur leurs différents supports, les compagnies présentes sont actives. Elles publient régulièrement : une moyenne de 14 articles par mois pour les blogs Corporate au Japon, une utilisation de Twitter qui passe par des "Reply" ou des "Retwitts" - enfin, plus aux Etats-Unis qu'en Europe... 



Si l'Europe est bien présente, on se rend compte malgré tout que l'usage est globalement tourné vers la diffusion d'informations. Les entreprises présentes sur les Social Media en Europe ne semblent pas encore avoir franchi, dans les mêmes proportions qu'aux Etats-Unis et en Asie, le cap de l'utilisation de ces supports pour réellement interagir avec leurs correspondants. 



C'est en particulier vrai pour la France (cf. page 6 du document) : "many of their Twitter accounts are limited to pushing out news (feeds from the corporate website, HR postings, sports sponsorship results) and there is almost no interaction with stakeholders.



Burson Marsteller2010globalsocialmediacheck Upwhitepaper

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Le panorama dressé me semble plutôt globalement positif finalement, même si je pense que l'étude ne permet pas de concrètement rentrer dans le détail de la qualité des échanges... Il n'en reste pas moins que cela confirme que les entreprises présentes suscitent une adhésion a priori positive des gens qui sont intéressés pour pouvoir obtenir des informations directement de l'entreprise et dans un second temps pouvoir dialoguer avec elle. 



J'attire votre attention sur les 2 dernières pages de ce document sont également intéressantes et révélatrices de l'évolution concernant l'appréhension du sujet Social Media par les entreprises. Les points clés relatifs à une stratégie de Social Media sont présentés sous forme d'une check-list qui dépasse largement le cadre des RP comme cela aurait existé il y a ne serait-ce que quelques mois. Cela concerne l'entreprise dans son ensemble, car comme le rappelle Burson Marsteller en page 11 : "Social media reaches far beyond marketing and communications and impacts every area of business today



vendredi 5 mars 2010

Campagnes créatives via Google

Vous trouverez dans le book ci-après de multiples exemples d'opérations de marques qui ont utilisé les services de Google pour servir leurs campagnes. Instructif et inspirant... 



 

C'est la branche UK de Google qui s'est collée à cet exercice... 



jeudi 4 mars 2010

Le Concierge Social Media

Si j'étais un hôtel, entre autres services que je monterai serait celui d'un concierge. Qu'est-ce qu'un concierge ?
Dans sa dimension traditionnelle, c'est la personne que vous pouvez appeler concernant n'importe quel sujet...

Dans sa dimension digitale, on peut imaginer que c'est quelqu'un qui est capable de vous renseigner OBJECTIVEMENT sur ce que vous pouvez faire depuis l'hôtel, les lieux à visiter, les restaurants où il fait bon manger, selon leurs différentes spécialités, les magasins, les expos du moment, les bons plans...etc.

Et comment créer un concierge moderne autrement qu'en s'appuyant sur le réseau social ? Le premier cercle que le concierge anime peut être constitué de tous ceux qui gèrent, animent, font vivre ces lieux (pourquoi le restaurant sympa / pas cher du coin ne publierait pas son menu du jour sur votre place de conciergerie ?). Mais ce n'est pas le plus important, car ce cercle est forcément subjectif. Le deuxième cercle que le concierge doit développer et animer est composé de tous ceux qui fréquentent ces lieux. Ce sont eux qui peuvent les référencer, les qualifier, les recommander...etc.

Le rôle du Concierge (orienté Social Media) c'est d'animer ce réseau et de le mettre au service de ses clients.

On peut aussi appeler ça un Community manager si l'on utilise par ailleurs la qualification d'hôtesse d'accueil ou de technicien de surface.


mercredi 3 mars 2010

Au nom de quoi ?

L'intégrité est une des valeurs les plus respectables, mais les plus difficiles à mon sens... 

Au nom de quoi décide-t-on que cela suffit ? Au nom de quoi décide-t-on que ce qui est légal, ce qui est communément admis devient inadmissible ? Qu'est-ce qui crée cette prise de conscience qui, encore mieux, va se traduire dans un acte dont personne ne se souviendra jamais (Rappelez-vous en février 2007 ce jeune lieutenant américain qui démissionnait - ) ou fera de vous un héros (ce qui est encore une autre histoire...). 


Qu'est-ce qui dans votre interprétation du quotidien vous conduit à dire "stop" ? à refuser un dossier ? à démissionner ? ... ou au contraire... 


On doit tous jouer avec nos compromissions. On doit tous se voiler un peu la face, de temps en temps, ou tout le temps, c'est selon... 


C'est vraiment un sujet délicat que de savoir si l'on est sur la bonne ou la mauvaise voie, du bon ou du mauvais côté... 


L'expérience de Milgram réalisée entre 1960 et 1963 avait déjà produit des résultats impressionnants, même pas 20 ans après la grande catastrophe mondiale. Certains avaient expliqué que les hauts résultats étaient dus au contexte "scientifique" du projet qui aurait permis aux participants de se dédouaner de cette parcelle morale qu'ils auraient dû conserver. 


L'expérience a été reconduite récemment mais cette fois-ci dans un contexte de jeu télé réalité. Que conclure des résultats qui sont encore plus édifiants que dans les année 60 ? A l'époque environ 60% des participants n'avaient pas hésité à aller au bout. Dans cette nouvelle expérience, ce sont 81% des candidats qui n'ont pas hésiter à aller jusqu'au bout, autrement dit "balancer" 460 volts à un candidat qui depuis plusieurs chocs ne répond plus, et cela juste par 5 injonctions verbales de la présentatrice, Tania Young. 


Qu'est-ce qui est en cause ? Est-ce la télé réalité ? Est-ce cette soif de faire partie du grand déballage médiatique de masse, coûte que coûte ? Est-ce l'éducation ? Est-ce inné ? Acquis ? ... ? Toujours est-il que l'on peut vraiment se poser des questions sur cette faiblesse (ce démon) que nous portons vraisemblablement tous en nous, qui est capable de nous faire faire les pires atrocités, sans avoir besoin de trop forcer sur les stimuli. 



mardi 2 mars 2010

Le n'importe quoi de la e-reputation...

Droit à l'oubli. Nettoyeur de réputation  (!)... 

Je commence à vraiment avoir du mal avec ces articles qui évoquent la e-reputation, la réputation numérique, l'image de marque sur Internet, sous l'angle farfelu de la possibilité de tout contrôler, jusqu'à cette soit-disant capacité de "nettoyer".  

Certes, il y a un problème de fond et d'organisation sur Internet en ce qui concerne les personnalités ou les entreprises. Il y a un profond déséquilibre entre les moyens dont elles disposent par rapport aux milliers de gens qui à force de s'exprimer individuellement, créent un effet de masse qu'on peut difficilement ne pas entendre. Ce n'est pas faute d'en parler depuis près de 5 ans... Mais la communication de crise fait partie de ces sujets sans importance jusqu'au jour où c'est la crise. 

Il faut arrêter de faire croire qu'on peut "nettoyer" ou effacer ce que l'on dit de vous. La seule manière d'obtenir un tel résultat (et encore, les systèmes d'archives et de "cache" peuvent malgré tout laisser trainer des choses), c'est d'obtenir une décision de justice dans le cadre de la loi relativement à tout ce qui touche l'expression ou la communication. 

Donc, si une agence vous explique qu'ils vont vous aider à nettoyer ce qui se dit sur vous sur Internet, pour qu'il n'y ait que du positif, du "be nice", commencez par douter fortement... ou demander leur si cela ne les dérange pas de faire la promotion de "1984"

Il faut arrêter d'assimiler des cris du coeur de clients victimes d'un problème à des problèmes de e-reputation pour l'entreprise. Ces cris du coeurs relèvent peut-être de l'émotionnel dans leurs formes d'expressions. Ils n'en restent pas moins factuels sur le fond. 1/ Il ne faut pas perdre de vue que, même mécontents, si les gens s'expriment c'est qu'ils se sentent concernés. Ceux qui n'en ont rien à faire de vous ne disent rien. 2/ Avant de vouloir que tout le monde vous encense, commencez par vous regarder dans le blanc des yeux, avec lucidité. 

Le vrai problème c'est que bien souvent, il n'y a qu'un son de cloche. Ce qui est effectivement souvent le cas puisque  Internet n'a jamais vraiment été considéré par les directions de communication, les directions générales, les directions clients... comme un support de premier choix. Or, la montée en puissance des réseaux sociaux est en train de changer la donne (lire Les réseaux sociaux, media de demain ? par MC Beuth). C'est à ce niveau qu'une agence peut intervenir, pour tenter de "refactualiser" le contexte. A l'émotion, il convient de rapporter les éléments de contextes et de faits qui permettent de recadrer une éventuelle discussion. Et il ne faut pas hésiter à reconnaître (lorsque c'est vraiment le cas) que l'on a affaire à un problème, que l'on va chercher à résoudre ; ce qui ouvre la possibilité de solliciter les "mécontents" quant à leurs propositions d'améliorations, pour les impliquer.

Ensuite, il faut savoir dépasser le cadre des récriminations (au risque de se retrouver dans des discussions sans fin, chacun campant sur ses positions) pour "positiver" les relations sur tous les sujets qui peuvent vous concerner en tant qu'acteur (lire Marque et univers connexe - qui date de février 2006 pour l'anecdote...) 

Bref, il faut arrêter d'aborder ce sujet de la réputation numérique sous l'angle traditionnel de la relation presse où l'on peut exercer une certaine influence de contrôle sur le media (si tu continues à m'allumer, je retire mes achats d'espaces) et comprendre que l'image ne se définit pas par une approche myope (si je ne cherche que des informations liées à des problèmes, il est clair que je peux facilement établir un diagnostic déplorable). 




lundi 1 mars 2010

Faites des liens

Le pressentiment que l'on peut avoir par rapport aux medias sociaux et à l'évolution des services et des comportements sur Internet ces dernières années, c'est que l'on a évolué vers une logique de liens. Vous n'existez (votre site, ou votre personnal branding) qu'au travers des autres. 



Il est toujours difficile d'expliquer cela car c'est vrai que la tentation est grande de raisonner à l'ancienne : je fais venir et je retiens. Cette fameuse stratégie du cul-de-sac, qui comme son nom l'indique n'aboutit pas à grand chose finalement, si ce n'est une impasse. 



Les services Internet qui ont toujours le mieux fonctionné jusqu'à présent sont les sites qui vous permettent simplement de vous diriger et de vous rendre où vous voulez aller. D'ailleurs, quand vous êtes un peu perdu, à force d'avoir baguenaudé de liens en liens, le réflexe de se remettre en situation de "cas connu" est grand. Mais si, vous savez, quand vous êtes perdu à Paris, vous repartez toujours de l'Arc de Triomphe ou de la place d'Italie... 



C'est en écoutant Joel de Rosnay à l'occasion des TEDx Paris que j'ai eu le déclic sur cette intuition de la nécessité de créer des liens. Et Joel de Rosnay, il est préférable de l'écouter quand il fait de la prospective. Pour mémoire, son livre Le Macroscope qui date (dépôt légal) de 1977 explique très bien ce que l'on vit actuellement au travers des réseaux. 30 ans, c'est à peu près le délai moyen de vision de Joel de Rosnay. 







Comme il le dit lui-même, cela procède des règles de la biologie qui veut que de nouvelles propriétés émergent à partir du moment où les liens créent suffisamment d'interactions. Il y a ce moment de "bascule" où tout d'un coup, tout devient nouveau. 



C2C  Alors, certes, on ne peut prédire si ces nouvelles propriétés seront bénéfiques ou malheureuses. Sommes-nous dans la situation de l'homo sapiens ou du dinosaure ? Toujours est-il qu'il est préférable d'être acteur de cette évolution. Raison pour laquelle, c'est dans cette logique qu'il faut travailler à développer le maximum de liens dans ses divers environnements : avec vos prospects, avec vos clients, avec vos partenaires, avec vos employés... Du reste, il faut pousser la logique afin de permettre à ceux-ci de pouvoir créer des liens entre eux. L'internet est une matière vivante faites de neurones et synapses. En créant ces liens, vous travaillez à la mise en oeuvre des conditions qui vous permettront de profiter de nouvelles propriétés.