lundi 28 juin 2010

Elever les compétences et le débat (?)

Intéressant article du New York Times qui relate l'expérience réalisée par l'entreprise Bell dans les années 1950. En synthèse, face à un monde de plus en plus complexe (déjà à l'époque) il est apparu aux dirigeants de Bell que le niveau de formation des employés étaient trop bas, tout du moins que les employés étaient trop opérationnels. Je ne prends pas la peine de traduire l'axiome qui a servi à développer un programme spécifique de formation sur 10 mois, fruit d'une collaboration entre l'entreprise Bell et l'université de Pennsylvanie : " “A well-trained man knows how to answer questions, they reasoned; an educated man knows what questions are worth asking.” 

 A donc été créé à l'époque (1952) l'"Institute of Humanistic Studies for Executives" qui plongeait les cadres dans un programme de 550 heures sur 10 mois, exclusivement tourné vers l'apprentissage de l'art et de la littérature. 


Les enquêtes ont établi que ceux qui avaient suivi le cursus étaient plus responsables, plus ouverts sur le monde, mais quelque part... moins enclins également à se laisser dicter leur vie par la course aux affaires. Ceci explique peut-être, pour partie, l'arrêt de ce programme quelques années plus tard, en 1960. 


Ce programme n'est pas sans me rappeler l'ambition visée par mes camarades de l'IGS avec l'Ecole des Hautes Etudes de la Décision. D'un autre côté, ce n'est pas sans rappeler non plus ces grands discours d'entreprise sur la formation au management et autres développements de la personne qui me semblent toujours un peu incantatoires ou réservés à quelques happy few parfois qualifiés de hauts potentiels... et force est de constater que la conclusion de cette expérience des années 50 ne peut empêcher de se dire que les gens qui ont trop de culture, d'ouverture d'esprit ou de capacités de jugements peuvent être rapidement classés comme ingérables ou moins impliqués pour l'entreprise que les exécutants classiques (...an educated man knows what questions are worth asking), et qu'à la première difficulté conjoncturelle le développement de la personne ne sera probablement pas la priorité. 


Personnellement, je reste persuadé que ces programmes, par rapport aux enseignements traditionnels, sont plus intéressants pour permettre aux gens d'évoluer, voire tout simplement d'être capables de s'adapter. En l'occurrence, le fonctionnement global me semble s'être infiniment complexifié ces dernières années et que ceux qui ont une chance de s'en sortir sont ceux qui sont capables d'une vision globale et à décider d'un cap. 


Il me semble malgré tout que le chemin restera long tant les modèles technico-processo-exécutants et l'irresponsabilité stratifiée sont confortables pour tout le monde. 



vendredi 18 juin 2010

C'est quoi le problème ?

La difficulté en entreprise n'est pas tant de résoudre les problèmes qui s'imposent que d'identifier que l'on a un problème à gérer. Contrairement à ce qui est couramment enseigné dans les écoles, aussi prestigieuses soient-elles ; contrairement à ce qui est énoncé par les entreprises au travers de leurs fiches de postes, procédures, comités de pilotages et autres conseils de surveillance... l'énoncé du problème est rarement explicite. Le problème peut être soudain et violent, mais dans ce cas, on est en général dans une situation de crise et à la limite, c'est plus facile à gérer. Le vrai problème est en général plus insidieux. Il s'immisce petit à petit, subrepticement, au sein de l'ordre établi. C'est la goutte d'eau qui crée l'infiltration et fragilise l'ensemble des fondations sans que personne ne s'en rende compte. 

Je suggère que l'on introduise cette matière d'identification et d'énoncé des problèmes existants ou en devenir. Ce n'est qu'avec une bonne identification du problème que l'on peut ensuite envisager différentes hypothèse de solutions pour commencer à prendre des décisions. 

Identifier un problème requiert d'être à l'écoute des signaux faibles (la goutte d'eau) et de pouvoir établir des projections sans concession. Cela requiert également de savoir (pouvoir ?) poser les bonnes questions. 

C'est beaucoup plus difficile qu'il n'y paraît dans la pratique. La nature humaine a ceci de spécifique que même lorsqu'elle dispose de toutes les informations lui permettant de faire la bonne analyse, elle y croit rarement, ou alors elle estime qu'elle passera au travers et qu'éventuellement ce sera le voisin qui sera concerné. 

Le problème, c'est de savoir qu'il y a un problème... 



mardi 15 juin 2010

Les Grandes premières de la Caisse d'épargne

Caisse d'épargne vient de lancer un site dont la thématique porte sur les premières fois et qui cible le Jeune.  

http://www.lesgrandespremieres.fr/ 


Bien entendu comme il s'agit du secteur bancaire, on est dans le thème des premières fois par rapport à l'argent. Mais il est vrai qu'avec un tel thème la porte est ouverte à d'autres première fois comme on peut le voir sur le compte Twitter et la Page Facebook associés. 


Le dispositif est bien léché. Peut-être un peu trop, non ? Avec toujours cette problématique de vouloir toucher un public que l'on préjuge cool et décalé, d'où des vidéos humoristiques, tout en étant sérieux parce qu'on parle d'argent et que c'est une banque qui s'exprime quand même... d'où des articles sans saveurs avec les renvois (commerciaux) qui vont vers les offres de la Caisse d'Epargne. 


Un peu entre deux eaux à mon humble avis... 




La culture Web

L'un des principes de base sur le Web, c'est que quand on ne fait pas, on fait un lien vers celui qui fait... Ce serait bien que cet état d'esprit se retrouve au niveau des chaînes de TV à l'occasion de cette coupe du monde où c'est parfois un peu l'inconnue pour savoir qui de TF1, de France 2, de France 3 ou de Canal+ diffuse tel ou tel match. 

Oui, je sais, il y a les programmes TV, qui sont même accessibles depuis un téléphone, mais qu'est-ce qui empêche ces  chaînes de simplement dire "tel match, c'est chez nous ; tel match, c'est sur telle chaîne..." ? On devient très fainéant pour ce genre de petits détails... 

Ayez la Web attitude. Faites des liens ! 




dimanche 6 juin 2010

Collaboratif, Capitalisation de la connaissance...

... commencez par supprimer les disques durs des ordinateurs d'entreprises. 



Voilà, tout est dit ! ;-) 



Le disque dur individuel est réellement un des facteurs bloquants en matière de capitalisation de la connaissance. Comment voulez-vous que les gens prennent le réflexe dans un premier temps de déposer dans un pot commun à l'entreprise, dans un deuxième temps de la meilleure manière d'interroger cette "pensine" afin de profiter de la connaissance des uns et des autres. 



Outre la sécurité dont tout le monde se préoccupe, mais dont très peu s'occupent, il est évident que le fait de stocker dans son coin ses informations ne sert aucunement l'entreprise dans son ensemble. Pour l'avoir vécu, quand on stocke ses documents sur un espace Google (Docs ou Groupes) cela induit de facto d'autres réflexes de partages et de collaborations. 



Bien entendu, il paraît difficile de refondre complètement son stock d'ordinateurs pour négocier avec un constructeur des machines sans disque dur ou presque. Dans ce cas, c'est à la Direction de se préoccuper de ce type de sujet. C'est en organisant (imposant ?) des process obligeant les employés à déposer dans un "pot commun" leurs productions au titre de l'entreprise que l'on peut commencer à envisager les sujets de collaboratifs et de capitalisation des savoirs. C'est par ce biais que des réflexions vont pouvoir être conduites sur la manière de dépasser l'utilité d'un serveur commun, de pouvoir indexer, tagger, noter, savoir qui a travaillé sur tel support, qui l'a utilisé, ce qu'il en a pensé...etc. pour aboutir à la mise en place de communautés et d'espaces collaboratifs, naturellement, parce que répondant à des besoins opérationnels et non pour suivre les discours ambiants. 








mercredi 2 juin 2010

N'ayez pas peur de votre e-reputation, mais plutôt de vos "amis"

D'aucuns, débordant de conseils, expliquent qu'il faut soigner sa ereputation. Il faut se marketer car on est tous devenus des produits... Ce que j'ai retenu de ces quelques années passées, c'est qu'on ne peut définitivement pas plaire à tout le monde, même avec la meilleure volonté du monde. De même qu'il faut parfois arrêter de penser qu'on n'est pas clair ou intelligible. Les cons ça existe... 



Le problème potentiel dans l'ereputation provient largement plus de vos cercles de contacts, concept réduit à la portion congrue du seul qualificatif d'amis, de friends, de followers (encore que followers c'est plutôt pas mal). L'affaire récente des consultants virés de chez Alten pour des propos qu'ils auraient tenus à l'encontre de leur entreprise sur Facebook ne pose pas le problème par Facebook de respect de la vie privée. Elle pose le problème de la délation. Elle pose le problème de l'exploitation de correspondances privées. Elle pose le problème que dans le cercle de contacts, il y a avait un consultant "ami" qui n'a rien trouvé de mieux que de faire des copies d'écrans pour les remonter à sa direction... Pour ma part, une fois le mal fait, je pense qu'une bonne explication se serait imposée avec les consultants mécontents de leur entreprise, sans forcément présupposer le licenciement. Le licenciement ne peut provenir que des suites de l'explication dans le cas où chacune des parties constatent qu'elles n'ont finalement aucun intérêt bénéfique mutuel. De leurs côtés, ces fameux consultants ont peut-être manqué de courage pour aller porter la discussion directement au lieu de gloser dans leurs coins... 



En revanche, celui que j'aurai immédiatement licencié, sans discussion préalable, c'est bien ce "faux ami" qui a fait oeuvre de collaboration, de délation, dans ce que cela a de plus vil. Celui-là ne mérite pas d'être consultant, qui est une activité qui appelle bien souvent à manipuler des informations confidentielles de clients... 



Facebook n'est pas un réseau public. C'est un réseau privé. Qui a certes une tendance forte à vouloir redéfinir la notion de ce qui est "public"...  mais qui n'est pas responsable des corbeaux et autres petites fouines.  





Un vrai cas d'étude pour tous les managers et autres instituts de formation en management. La délation sert-elle l'entreprise ? Peut-on admettre que ses salariés aient un avis critique sur leur entreprise ? Peut-on admettre que ses salariés expriment parfois ces avis critiques hors des murs de l'entreprise ? 



Egalement, est-ce que les échanges exercés au sein d'une plate-forme comme Facebook peuvent relever de la correspondance privée ? Est-ce que l'exploitation de ces échanges est légale ?