samedi 9 octobre 2010

Le (bon)tempo du Knowledge Management


Petite pensée pour Marc avec qui j'ai déjeuné ce vendredi midi. Nos échanges m'ont rappelé que j'avais une vieille ossature de note qui trainait dans un coin de mon evernote à propos de Knowledge Management. De manière très macro, cela m'est venu en me disant tout d'abord que nous étions actuellement encore dans la période où le Web permet principalement de stocker de l'information. Nous stockons de différentes manières, et pour les services dont c'est le métier, comme delicious ou pearltree, finalement on stocke, on stocke et on interroge très peu. Probablement un manque d'habitude, ou une maturité non encore parvenue à son terme.


Viendra le temps où on l'interrogera ce Web et l'on ne mesure pas encore très bien comment nous pourrons récupérer toute cette information que nous aurons amassé, nous-mêmes et les autres. On effectue des recherches très limitées car aucun moteur ne sait encore bien comment interroger toutes ces données à disposition - ou peut-être qu'il n'y en a pas encore assez, pour récupérer les réponses et nous les proposer de façon simple. Tout l'enjeu sera d'éviter que la recherche soit réservée à des spécialistes, un peu comme dans le monde actuel où l'analyse des archives relève de travaux de chercheurs. 


Viendra également le temps où le Web pourrait bien même s'auto-interroger. On imagine assez bien que plus les systèmes sont interconnectés entre eux au travers des flux RSS et autres échanges XML, plus ils vont tendre vers un dictionnaire commun et de mieux en mieux se comprendre. Les mécanismes (ou services) de personnalisation pourront ainsi s'auto-établir par le dialogue entre toutes les machines nous connaissant... ça fait flipper un peu quand même, non ? 


Donc, ne soyez pas trop paniqué ou déçu quand les systèmes de KM ne vous paraissent pas à la hauteur de ce qu'il pourrait être. Là aussi, le temps qui passe fait son oeuvre. Ce qui relevait (relève encore dans pas mal de structures) de logique de capitalisation sur un mode très structuré établie par des professionnels de la qualité ou de l'ingénierie qui savent ce qui est bon pour vous, provient de plus en plus de sources un peu moins rigides, accessibles un peu quand on le veut, avec des critères d'indexations beaucoup plus larges et ouverts (tags en particulier). Cela permet de comprendre que les logiques de réseaux sociaux en entreprise relèvent fondamentalement de capitalisation du savoir par indexation "naturelle" - au sens où ce sont ceux qui manipulent les connaissances qui les qualifient sans passer par une case codification qui est souvent vide de sens. L'objectif derrière tout cela n'est pas tant qu'il y ait du contenu "artificiel" (un "top-down" déguisé par la Com ou les RH) mais opérationnel. Certes pour les spécialistes de la Com, le jargon des opérationnels n'est pas à la hauteur d'une publication "corporate", mais il fait sens pour ceux qui en ont besoin. L'important n'est pas tant de trouver l'information que de savoir qui l'a produite et comment le contacter. 



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