jeudi 16 février 2012

Pour innover commencer par détruire, interdire…


L'innovation reste toujours un sujet particulier pour l'entreprise. Il y a l'innovation voulue parce que l'entreprise se doit de créer de nouveaux produits ou services pour gagner, sinon conserver, des parts de marché. Dans ce cas, des services sont en charge de créer l'innovation, de chercher, de tester. 

Ailleurs dans l'entreprise, l'innovation est plutôt mal vue… Elle est source de non respect des procédures et des process. Elle est source de distraction, de dispersion. Elle est un facteur d'instabilité, donc de risques. Et, en règle général, tout le monde a horreur du risque. On passe notre temps à réduire le risque, à le minimiser. 

Il y a par ailleurs des services ou des secteurs où il semble moins naturel de chercher à changer l'ordre des choses, autrement que sous la contrainte (le marché, le cadre légal, sociétal…etc.). Il est ainsi des services financiers ou des fonctionnements budgétaires qui ne sont pas connus pour chercher à faire autrement, différemment. 

L'imposition de la contrainte peut être une piste salutaire (Et si vous interdisiez la reconduction automatique des budgets ? ). Sinon, il peut y avoir la vision, la volonté de la direction de provoquer une remise en cause. Ainsi Statoil, entreprise norvégienne du secteur pétrolier, a décidé depuis peu de stopper le fonctionnement budgétaire annualisé. Il ne s'agit plus d'établir un budget par rapport à une période annuelle, mais de laisser les responsables, quel que soit leur niveau dans l'entreprise, définir ce dont ils ont besoin. 
Pour une présentation détaillée et une explication complète, je vous invite à lire cet article : http://www.managementexchange.com/story/taking-reality-seriously-towards-more-self-regulating-management-model-statoil 

La tendance habituelle lorsqu'un système se grippe ou développe une trop forte inertie consiste à rajouter des contrôles, des couches d'échanges, de validations, alors qu'il suffit parfois de "simplement" décider de changer d'angle de vue pour s'apercevoir que l'on peut fonctionner autrement. Il ne faut sûrement pas systématiser la démarche. Passer son temps à générer de l'entropie pour se donner l'impression que l'on agit s'appelle "faire du vent". Mais de temps en temps, relever la tête du guidon (surtout pour un dirigeant) et se demander si le fonctionnement est en adéquation avec l'environnement tel qu'il a évolué est sûrement un gage d'avancée. 

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