vendredi 18 mai 2012

Le marketing sauce US…


Source : bigbrowser.blog.lemonde.fr

… me gonfle. 

Oui, je sais, on n'a pas le droit de dire ça, mais vous pouvez encore supporter ces interviews d'acteurs ou chanteurs américains qui finalement ne répondent jamais aux questions posées ? 

L'acteur / chanteur américain débarque sur le plateau et débite ses formules toutes faites : "vous êtes le meilleur public !" "Paris est la plus belle ville du monde" "Je vous aime" "That was so wonderful" "non, je parle pas français but I'd love. Next time, I will" "vous êtes magnifiques" "oui c'est un film sur les sentiments"… Finalement, quand notre Kamelott national donne la réplique du "C'est pas faux", ponctuée toutes les 4 / 5 interjections d'un "Je n'ai pas compris...", on est dans le même registre. Sauf qu'il y en a qui se prennent drôlement au sérieux, quand les autres sont sérieusement drôles. 

Il n'a jamais été aussi facile de faire des photos, et il n'a jamais été aussi banal que d'illustrer avec du Getty Images ou de la banque d'images sans odeur ni saveur (et on a même le droit à ces photos multi-communautaires toutes droit sortie des US pour illustrer n'importe quelle plaquette Corporate, voire support de communication de parti politique). Il n'a jamais été aussi facile de produire de la vidéo et il n'a jamais été aussi banal que de chercher à faire des mégas productions visant au travers de l'esthétique à promouvoir une image. Propre. Consensuelle. Ca ressemble à du cinéma, mais ce n'est pas du cinéma. ça délivre de l'émotion de premier niveau. Superficiel. Et finalement, il n'en reste rien. Un moment d'éphémère qui sera chassé par le moindre twitt qui passe. 

Arrêtez de tout aseptiser. A l'heure où l'on prône le retour, l'identification, l'affirmation des valeurs de l'entreprise, prenez position. Même les cathos et les gays anglais s'accordent pour dire ensemble qu'il y en a marre qu'on ne puisse pas s'insulter de temps en temps (http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/05/17/fuck-chretiens-et-homosexuels-unis-pour-le-droit-a-linsulte/). Sans aller jusque là forcément, il n'en reste pas moins que l'engagement ne peut se faire dans un consensus mou, une indécision sereine, de peur de froisser quelques personnes qui de toutes façons ne feraient pas parti de votre entourage ou réseau. 

Quand le luxe déploie de telles stratégies pour évoquer un monde inaccessible, après tout, pourquoi pas ? Mais quand des marques de consommations courantes se livrent à ce genre d'exercices (http://www.evian-thesource.com/), quand les banques se targuent d'être à l'écoute et de soutenir l'activité (il suffit de discuter avec 2 / 3 personnes pour confirmer que les postures affichées relèvent de l'autisme, du déni de réalité…), quand…  il y a un moment où quelqu'un finira par dire "Je comprends pas" et un autre de répondre "C'est pas faux". 

jeudi 10 mai 2012

L'effet social media de la campagne


En fait, il faut inverser le titre et plutôt parler de l'effet de la campagne sur le Social Media. 

La grande différence par rapport aux précédentes campagnes, c'est que l'engagement a été réel et quasi total. Tout le monde, ou presque, a participé à un moment donné à cette grande discussion. Certains avec de simple "like" ou "forward", d'autres avec des prises de positions plus affirmées, voire  étayées. Tous les supports ont été utilisés : l'image, le texte, le montage, la vidéo…Etc. Certes il a probablement manqué un modérateur général (non, mon ami énarque, ce n'est pas la peine de créer un poste de modérateur de la République…) car tout cela a été un peu décousu. Mais au final, il est intéressant de constater que même les plus réservés ou modérés de nature ont à un moment donné franchi le cap et agi. Ils se sont engagés. 

Le grand rêve de toute entreprise… de tout community manager… de toute direction en charge d'un RSE… que les membres s'engagent et que l'on aille plus loin que le simple ratio ternaire (1/9/90 - 1 produit ; 9 réagissent ; 90 consomment). 

Il y a toutefois un revers de la médaille. Certains ont découvert que leur réseau de contacts pouvait être divers, différent, divergent… La réalité de l'adage qui veut que l'on ne doive pas parler de politique en famille s'est révélé au grand jour. Ce repas familial qui a duré environ deux mois est vraiment monté en pression au moment du fromage et certains ont découvert que le parti pris existe. 

Quand on imagine que la politique concerne la vie de la cité, on se projette assez facilement dans les sujets et matières manipulées (à prendre dans le sens étymologique de prendre avec les mains, non pas dans le sens de détournement qui nous emmènerait sur un autre sujet de discussions) par l'entreprise à qui l'on demande de s'engager. S'engager d'accord, mais jusqu'où ? et sur quels sujets ? et avec qui ? car finalement, si on prend position trop fermement, on risque de se couper de certains avec qui on pensait être bien (oui, j'ai entendu des cas de gens qui ont "defriendé" - je suis plus ton ami, j'te cause plus ! certains de leurs contacts au titre qu'ils n'étaient pas en phase politiquement). 

On sent bien qu'il faut une maturité et une éducation avancées pour pouvoir toucher à certains sujets. L'engagement est donc possible. L'engagement massif est envisageable. Mais il faut toutefois faire attention car les sujets qui offrent de tels ratios d'implications sont en général ceux qui ouvrent la porte à la virulence, voire la violence, la plus exacerbée. 

mercredi 2 mai 2012

Les templates de la discussion


Le template c'est l'ossature d'une page, d'un site Internet… sa structure. Avec le développement des moteurs permettant de gérer les contenus d'un site Internet, sont apparus des sites proposant des templates clés en mains. 

C'est en général peu onéreux (moins d'une centaine de dollars). Cela peut se personnaliser (plus ou moins, en fonction de la clarté du designer / intégrateur qui a produit le modèle). C'est structurant car les menus types vous sont livrés et effectivement quand il s'agit de faire un site présentant votre activité, votre entreprise, voire même pour un site événementiel ou centré sur un produit… cela vous permet de vous concentrer sur le contenu plutôt que sur l'architecture de la structure des contenus. 

La grande évolution que l'on peut constater depuis quelques semaines concerne cette structure type justement, qui est très explicitement orientée discussion. On ne trouve quasiment plus de modèles qui se contentent de proposer des structures de pages "figées", comme aux premiers temps des templates Blogger, Wordpress…Etc. 

L'actualité, en tant que flux de news, est partie intégrante de la structure. Le Social Media également puisque nombre de templates intègrent d'office des "widgets" permettant le couplage à Facebook, Youtube, Twitter… La forme est éditorialisée avec une organisation s'appuyant sur la photo ou la vidéo comme illustration de l'article, permettant de définir des pages d'accueil ou de rubriques mettant en avant es derniers contenus avec vignettes d'illustrations. La structure est enfin dynamique, intégrant les mécanismes de "responsive design" qui permettent à un site de s'afficher sans développements complémentaires sur des appareils mobiles ou tablettes.


Quelques exemples par ici (templates pour sites fonctionnant sous Wordpress) : http://themeforest.net/category/wordpress/corporate 

Cela n'a pas l'air de grand chose comme ça mais cela change profondément l'organisation en charge de gérer un site Internet. On n'est plus dans une logique d'événement où l'on met le site en ligne (et basta), mais dans une logique de flux où l'ouverture du site est le début de l'aventure pour raconter une histoire (story telling). Votre histoire.