jeudi 30 août 2012

Qu'est-ce que le Fact Checking ?

Le Fact Checking a commencé à apparaître à l'occasion de la campagne présidentielle en France, tout en restant limité à quelques happy few et donc en terme d'impacts. On a simplement assisté à quelques retoquages sans grande conséquences... 

Le Fact Checking est toutefois une évolution logique et profonde qui résulte du croisement entre l'immensité des données disponibles sur Internet et leur accessibilité immédiate avec le développement des supports mobiles (téléphone, tablettes…Etc.), le tout renforcé par la croissance des réseaux sociaux qui démultiplie le nombre de "petites mains". Le Fact checking c'est le contrôle en temps réel de ce que vous dites. Par rapport à ce que vous avez dit dans le passé. Par rapport à des éléments que vous présentez comme factuels : taux de croissance, niveau de pourcentages, parts de marchés… 

Le jeu classique du Petit Journal (Canal+) consistant à superposer des interventions orales pour montrer combien les discours, même lorsqu'ils paraissent naturels, sont travaillés et récités quasi par coeur, montre que les politiques ont encore une fois pressenti l'évolution des comportements de leurs "clients". Toute improvisation court le risque d'être contredite par le contrôle instantané des foules. 

Le Fact checking va être à coup sûr un point critique de la campagne américaine dont les militants ont intégré beaucoup plus tôt cette culture du contrôle Internet. Les Républicains tentent bien de pointer du doigt les dérives possibles, mais les faits sont têtus. Et après tout quoi de plus normal que de ne pas laisser les hommes politiques jouer les simples bonimenteurs… 

C'est un phénomène sociologique de fond qui ne devrait pas tarder à toucher les entreprises et plus particulièrement les dirigeants d'entreprises. Comment ne pas imaginer en effet que la réunion CE ou CCE ne soit pas "livetwittée" et que du coup les informations ne soient pas vérifiées immédiatement pour être contestées dans la foulée ? Comment ne pas imaginer une telle évolution lors d'Assemblée Générale, lors de Conventions d'entreprise, voire même plus directement lors de Comités de direction ou Comité de projets ? 

Toute erreur peut être préjudiciable par la mécanique d'archivage et de conservation des informations propre au Web, qui englobe pour partie cette fameuse problématique de la e-reputation. D'un autre côté, toute improvisation de discours, toute spontanéité, peut également engendrer son lot de contestation et de crise dès lors qu'on ne valide pas les données sur lesquelles on s'appuie. 

Il va falloir que les entreprises s'organisent pour composer avec ces nouvelles pratiques de "l'instantanéité globale".

mercredi 29 août 2012

Le Vinvinteur, Social Media Télé Connectée


Pour ceux qui ont un peu de mémoire, le Vinvin (http://www.vinvin.net/) c'est celui qui utilisait le blog pour raconter des trucs vachement drôles ou pertinents, ou les deux. Il a commis de nombreux sites. Il a surtout été un pionnier dans l'utilisation de la vidéo pour s'auto-produire. C'est l'ancêtre de tous ces Maximilien, Fabien, Adrien… enfin tous ces jeunes qui racontent leur Life face caméra enfermés dans leurs chambres ou la cuisine de Papa et Maman. Jeune comique du Web, tu dois le respect au Vinvin. 

De fil en aiguille, le Vinvin s'est rapproché du monde du spectacle, de la production… et finalement, il va commettre une émission sur France 5 le dimanche à 20 heures à compter du mois d'octobre. Cela s'appelle le Vinvinteur (http://blog.france5.fr/le-vinvinteur/

Il est accompagné dans cette aventure de Zazon (http://zazon.canalblog.com/) qui a aussi commis quelques excentricités de caméra cachée relayées sur le Web. 

Comme il faut toujours rendre à César ce qui m'appartient, j'ose pour une fois me mettre sur le devant de la scène en vous rappelant que j'ai marié artistiquement ces deux-là un beau jour de mai 2006 (et oui, mon petit bonhomme, Facebbok mettait encore des couches que mois j'bloguais… !). La découverte numérique est à cette adresse : http://jbplantin.blogspot.fr/2006/05/vive-zazon.html - Et vous noterez que déjà à l'époque le deuxième commentaire confirmait que le Web n'était pas réservé à une élite bien câblée… Et vous noterez - secundo du deuxièment, que je n'appliquais déjà pas à l'époque de censure (cf. toujours le même deuxième commentaire complètement à côté du clic). 

Bon, tout cela pour vous dire que ces deux-là, ils viennent du Web et ils arrivent à la Télé. Donc, forcément ils ont une conception très libérale, très collective (j'adore associer libéral et collectif dans la même phrase, ça rapproche les parties) de la création, du partage, de la réalisation. 

Avec l'annonce du lancement de l'émission, il y'a donc forcément le basique Digital : le site / blog qui permet de pondérer l'actualité (http://blog.france5.fr/le-vinvinteur/), la page Facebook (https://www.facebook.com/LeVinvinteur) qui permet de développer des relations de proximité et le compte Twitter (https://twitter.com/Vinvinteur) qui permet d'exister seconde après seconde (l'ancienne expression d'un temps que les moins de 20 ans …. était jour après jour…). 

Mais bien avant cette organisation de moyens, ce qui est remarquable c'est la Stratégie décidée qui consiste à tout partager : "La 1ère émission qui partage tout !". Cette stratégie permet de dérouler des initiatives impliquant les lecteurs, les fans, les followers… ils vont toucher du doigt le monde de la création et de la télévision. Ils vont activement participer, non pas en tant que simple commentateur (genre le fil de Twiit en bas de l'écran qui remplace le fil de SMS…) mais en tant qu'auteur, compositeur…etc. 

Ainsi donc, la première opération propose à ceux qui le souhaitent de passer à l'acte en proposant un script d'1 minute sur un thème décidé (un homme / une femme). L'équipe du Vinvinteur sélectionnera celui qui lui semble le meilleur et ce script sera joué par Vinvin et Zazon pour l'émission. La deuxième opération déployée ce jour concerne maintenant la musique du générique et vous (oui, toi, le vous quidam qui passe en errant dans les méandres du Web) pouvez proposer votre musique de générique. 

Bon, j'ai bien essayé de torturer l'équipe via Twitter mais ils n'ont pas voulu avouer… mais nul doute que d'autres opérations viendront renforcer cette stratégie de partage, d'échanges et de collaborations car après les textes et le générique, on sent bien qu'on va nous demander de fabriquer des mats cramés pour les pots de fleurs, coudre des robes pour habiller les filles, envoyer des masques de jour pour maquiller les gens, solliciter Emmaüs pour habiller les costumières... Bref, tout est possible, tout est réalisable, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se partage ! 

On en revient aux fondamentaux (conclusion sérieuse) : la stratégie de communication (quand il y een a une vraie) facilite la stratégie de moyens. 

lundi 27 août 2012

Le faux problème de l'organisation pyramidale


L'organisation pyramidale n'est certes pas le modèle d'avenir des organisations. Ce n'est toutefois pas dans la volonté de remplacer ce modèle que l'on va réellement aider les organisations à s'adapter aux nouvelles exigences de marchés. Le corps humain est ainsi fait que le cerveau reste un organe de central de décision. Mais il est alimenté par des remontées d'informations instantanées et il est complété par des dérivations (communication directe des synapses entre elles sans passer par la case centrale) que l'on commence à peine à identifier et qui permettraient d'expliquer les notions d'intuition. 

Dans les discussions d'organisation d'entreprises, en particulier lorsqu'on évoque les sujets de modernité, de NetGen… on oppose régulièrement la structure traditionnelle de l'organisation du pouvoir, de forme pyramidale, aux nouvelles structures de la société fluide, de forme… protéiforme puisque s'appuyant sur les structures en réseaux, décentralisées, transversales. Nous entrons dans l'ère de la société fluide (cf. Joel de Rosnay - Surfer la vie : vers la société fluide) où l'organisation doit s'adapter en permanence à un environnement dont les caractéristiques se modifient en permanence. 

Dans ce contexte, les jusqu'au-boutistes prônent évidemment un grand big bang, une révolution ! Cela permet d'expliquer qu'il n'y a jamais de révolution assez forte lorsque les difficultés ou les résultats décevants apparaissent. 

Je ne suis finalement pas certain qu'il s'agisse uniquement d'un problème de schéma d'organisation où la structure pyramidale serait le mal et la structure en réseau le bien absolu. La réalité est toujours un peu plus complexe. Il me semble que l'organisation des flux de communication est le point essentiel permettant à une entreprise d'encaisser les évolutions de marchés, et de s'adapter. Même dans les entreprises organisées uniquement sous forme pyramidale l'information peut circuler, et vite. C'est la capacité de l'organisation à faire circuler l'information dans les deux sens qui me semble le critère le plus important - au moins dans un premier temps. Il vaut mieux une organisation très pyramidale, mais dont les flux de communication sont fluides, qu'une organisation complètement transversale mais dont les flux de communication sont sans objectifs. L'infopollution provient souvent de cette absence d'objectifs, de mise en oeuvre de filtrages et de qualifications des données circulant. 

Donc, avant de jeter bas les organisations existantes, il faut d'abord travailler sur la fluidité des réseaux de communication dans l'entreprise. Commencer par mettre en place du "bottom-up" avant de déclencher des opérations transversales où les salariés se retrouvent autonomes et seuls face à eux-mêmes sans y avoir été préparés relève d'une logique de maturation qui permet d'évoluer, en limitant le risque d'exploser. Si l'on en revient à l'organisation du corps humain, du cerveau, du système nerveux, on perçoit que la transversalité n'est qu'un apport complémentaire à la verticalité qui permet  effectivement à des organisations de communiquer directement entre-elles. Il ne s'agit donc pas de jeter l'organisation pyramidale aux orties mais de la renforcer de capacités complémentaires lui permettant de pouvoir s'auto-adapter à son environnement.