lundi 27 août 2012

Le faux problème de l'organisation pyramidale


L'organisation pyramidale n'est certes pas le modèle d'avenir des organisations. Ce n'est toutefois pas dans la volonté de remplacer ce modèle que l'on va réellement aider les organisations à s'adapter aux nouvelles exigences de marchés. Le corps humain est ainsi fait que le cerveau reste un organe de central de décision. Mais il est alimenté par des remontées d'informations instantanées et il est complété par des dérivations (communication directe des synapses entre elles sans passer par la case centrale) que l'on commence à peine à identifier et qui permettraient d'expliquer les notions d'intuition. 

Dans les discussions d'organisation d'entreprises, en particulier lorsqu'on évoque les sujets de modernité, de NetGen… on oppose régulièrement la structure traditionnelle de l'organisation du pouvoir, de forme pyramidale, aux nouvelles structures de la société fluide, de forme… protéiforme puisque s'appuyant sur les structures en réseaux, décentralisées, transversales. Nous entrons dans l'ère de la société fluide (cf. Joel de Rosnay - Surfer la vie : vers la société fluide) où l'organisation doit s'adapter en permanence à un environnement dont les caractéristiques se modifient en permanence. 

Dans ce contexte, les jusqu'au-boutistes prônent évidemment un grand big bang, une révolution ! Cela permet d'expliquer qu'il n'y a jamais de révolution assez forte lorsque les difficultés ou les résultats décevants apparaissent. 

Je ne suis finalement pas certain qu'il s'agisse uniquement d'un problème de schéma d'organisation où la structure pyramidale serait le mal et la structure en réseau le bien absolu. La réalité est toujours un peu plus complexe. Il me semble que l'organisation des flux de communication est le point essentiel permettant à une entreprise d'encaisser les évolutions de marchés, et de s'adapter. Même dans les entreprises organisées uniquement sous forme pyramidale l'information peut circuler, et vite. C'est la capacité de l'organisation à faire circuler l'information dans les deux sens qui me semble le critère le plus important - au moins dans un premier temps. Il vaut mieux une organisation très pyramidale, mais dont les flux de communication sont fluides, qu'une organisation complètement transversale mais dont les flux de communication sont sans objectifs. L'infopollution provient souvent de cette absence d'objectifs, de mise en oeuvre de filtrages et de qualifications des données circulant. 

Donc, avant de jeter bas les organisations existantes, il faut d'abord travailler sur la fluidité des réseaux de communication dans l'entreprise. Commencer par mettre en place du "bottom-up" avant de déclencher des opérations transversales où les salariés se retrouvent autonomes et seuls face à eux-mêmes sans y avoir été préparés relève d'une logique de maturation qui permet d'évoluer, en limitant le risque d'exploser. Si l'on en revient à l'organisation du corps humain, du cerveau, du système nerveux, on perçoit que la transversalité n'est qu'un apport complémentaire à la verticalité qui permet  effectivement à des organisations de communiquer directement entre-elles. Il ne s'agit donc pas de jeter l'organisation pyramidale aux orties mais de la renforcer de capacités complémentaires lui permettant de pouvoir s'auto-adapter à son environnement. 

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