jeudi 28 août 2014

Cloud et Big Data, les modèles économiques


L’informatique, et les applications, se déportent sur le Web. L’ère du cahier des charges pour se faire développer sa propre version du logiciel ad’hoc est en train de s’achever et il est désormais plus questions de paramétrages et de souscriptions à des services à plus ou moins forte valeur ajoutée.

Hier, il fallait raisonner en investissements et coûts de fonctionnements ou maintenance et support. Aujourd’hui, il faut raisonner en coûts d’utilisation. Je ne suis pas comptable, mais financièrement, cela change forcément un peu la donne. L’investissement déclenchait des lignes de taux d’amortissements, de ROI, de ROCE (est-ce qu’il vaut mieux placer que d’investir ? si, si ça existe…)…Etc. Le coût d’utilisation d’un service fonctionne plus en loyer à payer selon une fréquence déterminée, mais surtout s’inscrit directement dans les charges. Amis spécialistes de la Compta ou de la Finance, n’hésitez pas à détailler en commentaires les impacts sur le fonctionnement financier d’une entreprise. Plusieurs modèles sont possibles.

1 - Gratuit 
Rien n’est jamais gratuit me direz-vous, mais il existe quand même un certain nombre de services - il suffit de citer gmail et les services associés de Google (Agenda, Googledocs…) qui fonctionnent ainsi. Certes, en échange vous donnez à ces services des données qu’ils peuvent exploiter (rentabiliser) autrement. C’est toutefois assez rare dans le cadre d’une application pour une entreprise étant donné le nombre d’utilisateurs et les impacts techniques qui sont à gérer. Et finalement, c’est peut-être plus psychologique (s’il existe une psychologie d’entreprise), mais l’entreprise préfère tout de même payer finalement, ne serait-ce que pour avoir l’impression de pouvoir jouer le rôle de client et ainsi obtenir du service ou du support.

2 - Freemium 
Ce modèle est en général utilisé pour appâter le chaland. Vous pouvez utiliser gratuitement le service en totalité pour un temps limité, ou en en disposant que des fonctionnalités basiques. Si vous souhaitez aller au-delà (du temps ou des fonctionnalités), vous devez souscrire au service (ou à l’un des services).

3 - Bronze, Argent, Or, Platinum, Premium… 
De manière plus générale, les services d’applications aux entreprises fonctionnent sur un principe d’abonnements qui peuvent également varier selon le positionnement de ce service.

On trouve ainsi les services classiques de stockage d’informations qui vont être calculer par rapport à l’espace disque alloué. La plupart des services de stockage / partage de documents fonctionnent ainsi : Dropbox, Google Docs (dans son extension)…Etc.

On trouve par ailleurs les services qui font payer au nombre d’utilisateurs qui utilisent le service. Cela revient finalement à un modèle assez classique de licences accordées, sauf que ces licences intègrent en général une limite de stockage des données générées par les utilisateurs. Un service de gestion de projets va ainsi limiter à chaque pallier d’abonnement le nombre de projets, l’espace disque disponible pour stocker des pièces jointes. Un service de CRM va limiter le nombre de contacts que l’on peut créer…Etc.

On trouve enfin des services qui raisonnent sur les flux d’informations produites. C’est le cas des services de facturation, de gestion des bons de commandes, des bons de livraisons… Dans ce domaine, il existe également des variantes puisque le coût peut être défini à la transaction (création, stockage, gestion du document) ou à la valeur de la transaction que porte le document. Il existe même des modèles ou la précision des paramétrages (nécessitant l’intervention de spécialistes) et/ou le besoin de supports peut définir des minimum applicables à l’utilisation du service. Dans ce cas, même si l’entreprise n’utilise pas totalement le service, elle paye malgré tout et si elle utilise plus que défini au départ, elle paye la différence qui se traduit bien souvent par un coût majoré à l’unité de services.

La valeur de ces services relève évidemment de plusieurs critères. Certes, le nombre d’utilisateurs abonnés, donc payant directement, en est un. Mais finalement, la notion de réseau surajoute de la valeur par l’augmentation des interactions qui peuvent se créer au sein de la plate-forme : mise en relation, donc échanges d’informations, entre les recruteurs et les chercheurs d’emplois, entre les acheteurs et les fournisseurs, entre ceux qui ont des produits et ceux qui en cherchent. Il y a enfin l’exploitation sur la capitalisation des données générées par ces services qui considérées dans leur ensemble peuvent définir des baromètres, des benchmarks générant leur propre valorisation. Connaître l’évolution du nombre de commandes, de la valeur globale de ces commandes sur un secteur est une donnée macro-économique de pilotage décisionnel.

Ce sont le positionnement et les décisions stratégiques de ces « stockeurs" d’informations qui vont conditionner le modèle appliqué. C’est ainsi que Google n’a pas proposé de services de recherche Premium comme l’aurait fait un Pages Jaunes car il a considéré que la valeur était ailleurs. Encore lui fallait-il développer les services valorisant ces informations, ce qu’il a fort bien fait avec Adsense et Adwords. C’est pour cela que l’on trouve toujours un nouvel entrant sur les marchés qui considèrent que la valeur n’est pas forcément dans la donnée directe recueillie, mais dans son exploitation et sa valorisation indirecte. Cela n’est pas sans poser de problèmes pour les entreprises qui souscrivent à ces services puisqu’elles s’exposent à la loi du marché qui va forcément générer beaucoup de cadavres : ceux qui n’auront pas réussi à passer l’effet de seuil réseau ou ceux qui n’auront pas réussi à valoriser les informations acquises par leurs investissements (finalement quand c’est gratuit, c’est l’offreur de services qui investit pour vous).

Si l’on se réfère au dicton en cours pour synthétiser l'épopée de la Ruée vers l’or, il faut toujours garder à l’esprit que ce sont les vendeurs de pelle qui globalement se sont enrichis, beaucoup plus rarement les chercheurs d’or eux-mêmes.

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